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Pas de changement à la Constitution irakienne

L'armée américaine laisse le contrôle de Najaf aux forces de sécurité locales

Reuters   7 septembre 2005  Actualités internationales
Les efforts de la onzième heure pour toiletter le projet de constitution adopté le 28 août par le parlement irakien afin d'y rallier les sunnites ont été abandonnés hier et le texte sera soumis inchangé aux électeurs dans le cadre d'un référendum prévu à la mi-octobre.

«Les pourparlers sont terminés. Nous ne sommes pas tombés d'accord sur les changements à faire dans le texte. Il sera imprimé dans la forme sous laquelle il a été lu la semaine dernière à l'Assemblée nationale. Aucune modification n'y sera apportée», a déclaré Bahaa al Aradji, un des principaux membres du comité de rédaction de la Constitution.

Pendant ce temps, l'armée américaine a confié aux Irakiens le contrôle de la ville sainte chiite de Najaf, dans une opération marquant un mouvement de repli qui pourrait anticiper un retrait des forces étrangères du pays.

Plusieurs dirigeants de la communauté sunnite ont annoncé qu'ils feraient campagne pour le non au référendum si le texte adopté par consensus à l'Assemblée était soumis tel quel aux électeurs. «Nous sommes tristes que cela se soit passé ainsi, très tristes qu'ils aient pris cette décision en sachant ce qui arrivera s'ils le présentent sous cette forme», a déploré Saleh al Moutlak, l'un des principaux négociateurs sunnites.

Si les deux tiers des électeurs dans trois des 18 provinces d'Irak rejettent le projet — et la communauté sunnite dispose de ce potentiel —, celui-ci sera abandonné et tout le processus de négociation constitutionnelle devra être repris à zéro par une nouvelle assemblée transitoire à élire en décembre prochain.

Najaf

En cédant la base stratégique proche de cette ville située à 160 km au sud de Bagdad, l'armée américaine laisse aux Irakiens le contrôle d'un important centre urbain et un lieu de pèlerinage pour les chiites, majoritaires en Irak.

«C'est un plaisir de constater que l'armée irakienne est capable de contrôler cette zone», a déclaré lors d'une cérémonie organisée à cette occasion le général de brigade américain Augustus Collins.

Ce transfert fait partie d'un plan de désengagement graduel qui pourrait préparer à long terme un retrait de l'armée américaine.

Au niveau politique, des députés ont indiqué avoir commencé à examiner un projet de loi antiterroriste qui étend la peine capitale aux auteurs, organisateurs, exécutants et complices d'actes de violence, et remplacera le Code pénal hérité du régime de Saddam Hussein. La dernière lecture de ce texte particulièrement répressif est prévue dans trois jours.

Entre-temps, l'ONU à Bagdad s'est inquiétée du retard pris dans l'impression et la distribution aux foyers irakiens de 4,5 millions de copies du projet de Constitution, estimant difficile de le faire avant le référendum du 15 octobre.
 
 
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