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Au premier anniversaire des attentats - Les leaders du monde sermonnent Washington mais restent solidaires

12 septembre 2002  Actualités internationales
À Manille, aux Philippines, des manifestants ont célébré l’anniversaire des attentats en appelant les États-Unis à ne pas attaquer l’Irak.
Photo : Agence Reuters
À Manille, aux Philippines, des manifestants ont célébré l’anniversaire des attentats en appelant les États-Unis à ne pas attaquer l’Irak.
Paris — La solidarité avec les États-Unis, un an après les attentats du 11 septembre 2001, se fissure, des dirigeants de la planète l'assortissant de critiques contre l'unilatéralisme, poussés par une opinion publique inquiète devant le risque d'une guerre en Irak.

L'Union européenne a ainsi réaffirmé hier sa solidarité avec les États-Unis mais a également marqué sa différence avec Washington par un plaidoyer en faveur d'un «ordre international juste».

Dans une déclaration publiée à Bruxelles, les chefs d'État et de gouvernement des Quinze se sont solennellement engagés à rester «aux côtés des États-Unis» dans la lutte contre le terrorisme mais ont aussi insisté sur la nécessité de «bâtir un ordre international juste, de nature à promouvoir la paix et la prospérité de tous».

Alors que plusieurs sondages, notamment en Europe, montrent une dégradation de l'image des Américains, les commémorations de la plus grande attaque terroriste de l'histoire n'ont pas fait l'objet de manifestations massives hormis aux États-Unis et dans les médias.

À la veille d'une intervention cruciale devant les Nations unies visant à expliquer sa stratégie en Irak, le président américain George W. Bush a essuyé de sévères critiques de la part de nombre de dirigeants mondiaux le mettant en garde contre une intervention armée en dehors du cadre onusien.

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela n'a pas mâché ses mots en qualifiant carrément la politique américaine de menace pour le monde dans un entretien à l'hebdomadaire Newsweek de mardi. «Si vous prenez en considération ces problèmes [les erreurs américaines], vous en arriverez à la conclusion que l'attitude des États-Unis est une menace pour la paix mondiale», a-t-il affirmé.

Le premier ministre suédois Goeran Persson a également fustigé l'unilatéralisme américain, qui mettrait en danger l'ONU. «Si les États-Unis décident qu'ils n'ont pas besoin d'être impliqués au niveau international, alors nous aurons un monde pour lequel il sera complètement impossible de prendre des responsabilités. Et alors, tout le système de l'ONU s'écroulera», a déclaré M. Persson à l'agence suédoise de presse TT.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a soutenu hier à la BBC que le Conseil de sécurité avait à «lui seul la légitimité nécessaire pour agir en cas de menace contre la paix et la sécurité internationales». «Il n'y a pas d'autre voie», a-t-il ajouté.

L'Europe continue d'avancer en ordre dispersé. Le président français Jacques Chirac a fermement défendu la primauté du Conseil de sécurité et proposé un mécanisme collectif, dans un entretien lundi au New York Times.

Il a été rejoint mardi par le premier ministre portugais, José Manuel Durao Barroso, qui a exhorté M. Bush à écouter ses proches alliés pendant une rencontre mardi à la Maison-Blanche.

Le président de la Commission europé-enne, Romano Prodi, a à son tour mis en garde les États-Unis au cours d'un déplacement à Lisbonne mardi. «Nous devons lutter contre le terrorisme, mais je ne crois pas qu'une guerre soit la solution si elle n'a pas l'appui des Nations unies, du Conseil de sécurité», a-t-il dit.

Ligue arabe

En revanche, le plus proche allié de George W. Bush, le premier ministre britannique Tony Blair, qui s'est cependant prononcé en faveur d'une dernière chance à l'ONU hier, a été rejoint dans son soutien à une action militaire par le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, et le chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, tandis que Berlin maintient son refus total de toute intervention armée en Irak.

La Ligue arabe, dans un communiqué diffusé mardi, a affirmé «les liens historiques» entre les États-Unis et le monde arabe mais avancé la «nécessité d'être vigilants face aux dangers de l'intolérance, des préjugés aveugles, des fausses accusations portées de façon arbitraire ainsi que de l'idée de la supériorité d'une civilisation par rapport à une autre».

Plusieurs sondages ont montré la dégradation de l'image des États-Unis dans l'opinion publique. Un sondage publié par le quotidien français Le Monde montre que seulement 39 % des Français éprouvent «plutôt de la sympathie» pour les États-Unis et que deux tiers estiment que sa politique étrangère ne vise qu'à protéger ses intérêts.
 
 
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