samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 15h09
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Agora: Haïti à l'heure des élections

Gabriel Charles Antoine - Journaliste et ex-p.-d.g. du magazine Le Roseau, publié au sein de la communauté haïtienne de Montréal  31 août 2005  Actualités internationales
La décision des membres du Conseil électoral provisoire (CEP) de disqualifier à peu près 45 partis sur les 56 inscrits et oeuvrant sur le terrain politique en Haïti crée toute une controverse et bien des remous au sein de la classe politique haïtienne et sème tout un émoi au sein de la population en âge de voter.

Le décret-loi électoral exige que les partis politiques désirant participer aux éventuelles élections présentent une liste de 5000 membres. [...] Le secrétaire général et porte-parole du CEP, Rosemond Prodel, estime que parmi les 56 partis politiques inscrits, il y aurait neuf partis politiques admissibles et qualifiés à remplir les conditions pour pouvoir prendre part à cette éventuelle joute électorale déjà amorcée sur le terrain politique haïtien. [...]

Ce décret-loi, aux yeux de plusieurs haïtianologues, est plus discriminatoire que l'article 291 de la Constitution haïtienne, qui avait mis les duvaliéristes notoires, susceptibles de briguer des postes électifs, à l'écart de toute participation à la vie publique. Le décret-loi électoral, lui, décide, à son article 120, de mettre à l'écart les partis politiques impopulaires [...].

La démocratie d'un pays ne peut pas se construire sur la base de l'exclusion. Pourquoi faudrait-il en arriver là? Pourquoi ne pas laisser au peuple haïtien le droit de décider de son avenir, de questionner les éventuels candidats et de les sanctionner au moyen du verdict des urnes? [...]

La spécificité haïtienne

Nous croyons que notre pays n'est pas assez équipé et armé pour permettre aux membres de l'actuel CEP de réaliser les élections qu'ils veulent organiser même si nous comprenons leur bonne foi et leur bonne volonté de doter Haïti de véritables normes pour pouvoir réaliser des élections libres, honnêtes et démocratiques.

Il est vrai que notre pays a besoin de se mettre au pas, au diapason, pour se conformer aux exigences du modernisme et aux technologies de pointe, sans toutefois ignorer non plus la spécificité sociologique haïtienne. [...]

Entre-temps, il faudra une somme immense de travail pour permettre aux partis politiques se retrouvant dans l'impossibilité de se conformer aux exigences de l'article 120 du décret-loi électoral de faire des alliances tactiques, stratégiques et conjoncturelles avec les autres partis politiques se retrouvant dans des conditions similaires afin de participer à ces éventuelles élections. En fin de compte, nous estimons qu'un compromis démocratique est une exigence du moment et une nécessité historique. D'ailleurs, la politique est la science du compromis. [...]

La chance d'Aristide

Nous demeurons convaincus que seules les élections peuvent permettre à Jean-Bertrand Aristide de reconquérir le sol de son pays d'origine puisqu'il a été isolé diplomatiquement sur l'échiquier politique international. M. Aristide a été isolé diplomatiquement par les grandes puissances hégémoniques occidentales, telles le Canada, la France et les États-Unis, et les grandes instances internationales, telles l'ONU et l'OEA. De plus, l'ex-président Aristide ne peut miser sur son allié naturel, c'est-à-dire les membres de la CARICOM, pour reconquérir son sol national et l'espace du pouvoir perdu étant donné que ceux-ci ne pèsent pas lourd dans la balance politique internationale. [...]

Nous qui sommes de la minorité éclairée du parti Fanmi Lavalas avons fait le choix de prendre la voie la plus sage pour faire taire les ennemis de la démocratie, c'est-à-dire de participer à ces élections à tous les niveaux pour pouvoir contrer toute décision pouvant venir de la part des adversaires politiques les plus coriaces et les plus redoutables de Jean-Bertrand Aristide, au niveau tant du Sénat que de la députation, participation qui peut ensuite déboucher sur son éventuel retour en Haïti et la libération des prisonniers politiques en Haïti. [...] Nous ne pouvons pas nous permettre de nous absenter là où les grandes décisions se prennent et là où les grands enjeux nationaux se dessinent.

Nous sommes le parti du plus grand nombre et le plus capable sur le terrain de pouvoir encore mobiliser les masses populaires. Enfin, nous sommes le seul parti qui puisse offrir la meilleure alternative au peuple haïtien. [...] Et, en démocratie, c'est le peuple qui a toujours le dernier mot.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012