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Un attentat suicide vient ébranler le processus de paix au Proche-Orient

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a qualifié cet acte de «terroriste» et a appelé Israël à faire preuve de retenue

L’attentat a été commis sur un stationnement situé à une centaine de mètres de la gare routière de Bersheeba, où se trouvaient de nombreux voyageurs.
Photo : Agence Reuters
L’attentat a été commis sur un stationnement situé à une centaine de mètres de la gare routière de Bersheeba, où se trouvaient de nombreux voyageurs.
Jérusalem — Un kamikaze palestinien s'est fait exploser hier matin près de la gare routière de Bersheeba dans le sud d'Israël, après avoir été repéré par deux vigiles qui ont été grièvement blessés dans la déflagration. L'attentat suicide — le premier en Israël depuis l'évacuation des colons de la bande de Gaza lundi dernier — a été condamné par le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

La responsabilité de cet attentat a été revendiqué une douzaine d'heures plus tard par un responsable du Djihad islamique et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe radical issu du Fatah de Mahmoud Abbas. Ceux-ci ont dit avoir mis au point l'attentat ensemble, en riposte au raid israélien de Toulkarem.

Les deux groupes ont envoyé Ayman Za'aqiq, kamikaze de 25 ans habitant les environs d'Hébron, commettre l'attentat à Bersheeba, a déclaré un porte-paorle des Brigades.

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a qualifié cet acte de «terroriste» et a appelé Israël à faire preuve de retenue. «Nous condamnons de telles attaques. Nous ne les acceptons pas et nous appelons tout le monde à s'abstenir de représailles», a-t-il dit.

Il a aussi reproché à l'État hébreu d'avoir provoqué cet attentat en menant un raid meurtrier il a quelques jours en Cisjordanie qui a fait cinq morts. M. Abbas a souligné que les deux parties devaient continuer à respecter la trêve en vigueur depuis six mois, «car elle est dans leur intérêt et dans celui du processus de paix». À la suite de l'incursion israélienne en milieu de semaine dans un camp de réfugiés, des organisations palestiniennes avaient annoncé des représailles.

Hier, Israël a demandé à Mahmoud Abbas d'agir. «Cet attentat [...] est une indication supplémentaire que l'Autorité palestinienne doit prendre des mesures adéquates contre le terrorisme et sans ces mesures il n'y aura aucun progrès entre les deux parties», a estimé David Baker joint au bureau du premier ministre israélien Ariel Sharon.

L'attentat a été commis sur un stationnement situé à une centaine de mètres de la gare routière, où se trouvaient de nombreux voyageurs. Selon des témoins, deux gardiens chargés de la sécurité ont arrêté le kamikaze, empêchant un attentat plus meurtrier. Les vigiles ont été grièvement blessés dans cette explosion. Le kamikaze, qui a été tué, portait un lourd sac, au lieu d'une veste contenant des explosifs comme la plupart des auteurs d'attentats suicide commis auparavant.

«Il me paraissait suspect», a raconté un chauffeur de taxi, en précisant qu'il en avait parlé à un vigile et avait appelé la police. «Pendant que je parlais à la police, il y a eu une explosion», a-t-il dit.

La police a annoncé que le niveau d'alerte avait été relevé dans le pays. C'est que la tension n'a cessé de croître depuis l'évacuation des 21 colonies juives de la bande de Gaza et de quatre du nord de la Cisjordanie, alors qu'une accalmie avait prévalu pendant l'application du plan de retrait.

Mercredi, l'armée israélienne a tué cinq activistes palestiniens, dont un chef local du Djihad islamique dans le camp de réfugiés de Tulkarem (Cisjordanie) et quatre activistes du Fatah.

Le même jour, dans la vieille ville de Jérusalem, un étudiant britannique d'un institut talmudique a été tué à coup de couteau et un autre blessé par un individu qui s'est enfui.

Vendredi, un garde-frontière israélien a été blessé au couteau par un Palestinien près du Caveau des Patriarches à Hébron.

En dépit de cet attentat, Israël a poursuivi sur la voie du processus de désengagement de la bande de Gaza. Le cabinet israélien a approuvé hier par 20 voix contre deux un plan des autorités égyptiennes visant à déployer 750 soldats le long de leur frontière avec la bande de Gaza afin d'empêcher l'acheminement clandestin d'armes vers le territoire palestinien. Le transfert de la sécurité frontalière aux Égyptiens permettrait un retrait des soldats israéliens de cette zone à la fin de l'année.

Par ailleurs, des rabbins militaires se sont attelés à la tâche délicate d'exhumer les 48 tombes juives de la bande de Gaza, hier, pour les transférer en Israël dans le cadre du désengagement du territoire palestinien. Les deux premiers corps ont été exhumés hier matin et les cercueils, enveloppés du drapeau israélien, aussitôt transportés en Israël. Il convient en effet qu'ils soient réinhumés le jour même, comme en a décidé le grand rabbin de l'armée. Les 48 corps devraient être transférés d'ici à la fin de la semaine.
 
 
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