Les scellés sont levés à Ispahan
Les dissentions persistent au sein de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur la position à adopter face à l'Iran
11 août 2005
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Téhéran — L'Iran a terminé de lever hier les scellés sur son usine de conversion d'Ispahan, laissant la communauté internationale chercher à grand-peine un consensus sur la réponse à donner à la reprise d'activités pouvant être détournées pour fabriquer l'arme nucléaire.
«L'usine de conversion d'Ispahan est totalement opérationnelle», a déclaré le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi.
«Cela se passe sous le contrôle de l'Agence» internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a installé ses caméras de surveillance sur place au cours des derniers jours, a souligné M. Saïdi.
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA était réuni depuis mardi à Vienne pour décider de la réponse à donner à la reprise de la conversion.
Attendue mais lourde de signification, la levée des scellés risque de compliquer encore la tâche des 35 membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui peinaient à s'entendre sur un texte.
La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne (UE-3) ont soumis à l'AIEA une résolution demandant à l'Iran l'arrêt de l'enrichissement de l'uranium, a indiqué un responsable de l'agence. L'AIEA se réunira aujourd'hui à 13h GMT pour étudier cette résolution, a indiqué Peter Rickwood, porte-parole de l'AIEA.
Les États-Unis ont condamné la levée des scellés, affirmant que cet acte était «un nouveau signe de mépris de l'Iran à l'égard des préoccupations internationales» tandis que le haut représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne, Javier Solana, a appelé l'Iran à ne pas franchir la «ligne» entre nucléaire civil et militaire.
Dissimulations
L'ambassadeur de Chine à l'ONU, Wang Guangya, a déclaré qu'il ne serait «pas utile» de saisir le Conseil de sécurité du dossier nucléaire iranien, estimant que la question est du ressort de l'AIEA.
Pour les Occidentaux, rendus suspicieux par 18 années de dissimulations iraniennes, laisser les Iraniens convertir et enrichir l'uranium représente un risque de prolifération. Ces activités produisent certes le combustible pour les centrales civiles mais peuvent être détournées à des fins militaires, craignent-ils.
La reprise de la conversion n'a été que partielle jusqu'alors. La partie la plus sensible de l'usine, celle qui produit l'hexafluorure d'uranium (UF6), gaz introduit dans les centrifugeuses produisant l'uranium enrichi, restait sous scellés de l'Agence.
L'Iran, soucieux de légalité internationale pour contrer le soupçon qu'il cherche à avoir la bombe atomique, a insisté pour que toute la remise en route s'opère sous le contrôle de l'AIEA, qui surveille le programme nucléaire iranien depuis 2003.
La République islamique avait suspendu en novembre toutes les activités relatives à l'enrichissement et à son préalable, la conversion, pour permettre des négociations avec l'UE3.
Mais l'Iran a toujours dit que cette suspension était provisoire et s'est montré frustré par le résultat des tractations avec l'UE3, cherchant seulement selon lui à le priver de son droit «inaliénable» à l'enrichissement.
Les Européens ont explicitement brandi la menace d'envoyer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU si les Iraniens persistaient.
Cette session de l'AIEA ne devrait cependant pas en arriver là. Les Européens veulent encore convaincre les Iraniens de revenir à la suspension de leurs activités et de laisser remettre en place les scellés.
Les Iraniens peuvent compter sur les dissensions à l'AIEA. Des pays comme l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Brésil sont inquiets pour leurs propres ambitions nucléaires. Les non-alignés font aussi obstruction et favoriseraient une simple déclaration plutôt qu'une résolution, plus contraignante.
«L'usine de conversion d'Ispahan est totalement opérationnelle», a déclaré le vice-président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Mohammad Saïdi.
«Cela se passe sous le contrôle de l'Agence» internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui a installé ses caméras de surveillance sur place au cours des derniers jours, a souligné M. Saïdi.
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA était réuni depuis mardi à Vienne pour décider de la réponse à donner à la reprise de la conversion.
Attendue mais lourde de signification, la levée des scellés risque de compliquer encore la tâche des 35 membres du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui peinaient à s'entendre sur un texte.
La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne (UE-3) ont soumis à l'AIEA une résolution demandant à l'Iran l'arrêt de l'enrichissement de l'uranium, a indiqué un responsable de l'agence. L'AIEA se réunira aujourd'hui à 13h GMT pour étudier cette résolution, a indiqué Peter Rickwood, porte-parole de l'AIEA.
Les États-Unis ont condamné la levée des scellés, affirmant que cet acte était «un nouveau signe de mépris de l'Iran à l'égard des préoccupations internationales» tandis que le haut représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne, Javier Solana, a appelé l'Iran à ne pas franchir la «ligne» entre nucléaire civil et militaire.
Dissimulations
L'ambassadeur de Chine à l'ONU, Wang Guangya, a déclaré qu'il ne serait «pas utile» de saisir le Conseil de sécurité du dossier nucléaire iranien, estimant que la question est du ressort de l'AIEA.
Pour les Occidentaux, rendus suspicieux par 18 années de dissimulations iraniennes, laisser les Iraniens convertir et enrichir l'uranium représente un risque de prolifération. Ces activités produisent certes le combustible pour les centrales civiles mais peuvent être détournées à des fins militaires, craignent-ils.
La reprise de la conversion n'a été que partielle jusqu'alors. La partie la plus sensible de l'usine, celle qui produit l'hexafluorure d'uranium (UF6), gaz introduit dans les centrifugeuses produisant l'uranium enrichi, restait sous scellés de l'Agence.
L'Iran, soucieux de légalité internationale pour contrer le soupçon qu'il cherche à avoir la bombe atomique, a insisté pour que toute la remise en route s'opère sous le contrôle de l'AIEA, qui surveille le programme nucléaire iranien depuis 2003.
La République islamique avait suspendu en novembre toutes les activités relatives à l'enrichissement et à son préalable, la conversion, pour permettre des négociations avec l'UE3.
Mais l'Iran a toujours dit que cette suspension était provisoire et s'est montré frustré par le résultat des tractations avec l'UE3, cherchant seulement selon lui à le priver de son droit «inaliénable» à l'enrichissement.
Les Européens ont explicitement brandi la menace d'envoyer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l'ONU si les Iraniens persistaient.
Cette session de l'AIEA ne devrait cependant pas en arriver là. Les Européens veulent encore convaincre les Iraniens de revenir à la suspension de leurs activités et de laisser remettre en place les scellés.
Les Iraniens peuvent compter sur les dissensions à l'AIEA. Des pays comme l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Brésil sont inquiets pour leurs propres ambitions nucléaires. Les non-alignés font aussi obstruction et favoriseraient une simple déclaration plutôt qu'une résolution, plus contraignante.
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