Crise nucléaire nord-coréenne - Les «pourparlers à six» suspendus pour trois semaines
Pékin — Pessimisme sur le nucléaire nord-coréen. En raison d'un blocage des négociations, les pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne ont été suspendus après 13 jours de discussions. Ils reprendront pendant la semaine du 29 août, a annoncé Pékin hier.
La décision a été rendue publique après une rencontre des chefs des six délégations (les deux Corée, les États-Unis, la Chine, le Japon et la Russie) qui tentaient une nouvelle fois de s'accorder sur une déclaration commune de principes sur les prochaines négociations pour le désarmement nucléaire de Pyongyang.
Le blocage porte sur les compensations dont Pyongyang bénéficierait en échange de l'abandon de son programme d'armement. Et sur son insistance à préserve ses «activités nucléaires pacifiques», selon les termes nord-coréens. Washington veut de son côté avoir pu vérifier la réalité du démantèlement avant toute compensation.
La suspension des discussions a été annoncée par Wu Daiwei, vice-ministre chinois des Affaires étrangères, selon l'agence officielle Chine Nouvelle. Il a ajouté que les contacts se poursuivaient le temps des consultations avec les capitales, mais qu'il ne pouvait en revanche «pas dire avec certitude que nous trouverons un accord» après la reprise du dialogue, fin août.
Principal négociateur de Pyongyang, le vice-ministre des Affaires étrangères, Kim Kye Gwan, a précisé pour sa part que l'échec était principalement dû à la querelle autour du maintien d'un programme nucléaire civil, sur lequel insiste la Corée du Nord. C'était «l'un des très importants éléments qui nous ont poussés à l'échec», a-t-il expliqué à la presse à l'ambassade nord-coréenne à Pékin.
Il a à nouveau exhorté les États-Unis à retirer sa «menace nucléaire» de la péninsule coréenne. «Nous avons dû produire des armes nucléaires parce que les États-Unis nous menacent avec des armes nucléaires», a-t-il dit.
Le négociateur américain, le sous-secrétaire d'État Christopher Hill, avait dénoncé vendredi cette volonté de nucléaire civil, rappelant que la centrale de Yongbyon, officiellement construite avec l'aide des Russes à des fins de recherche, est devenue le coeur du programme d'armement nucléaire...
À moins d'un total revirement des positions des États-Unis et de la Corée du Nord, la quatrième série de pourparlers sur le nucléaire nord-coréen risque de finir comme les trois précédentes, par un retour à la case départ, ont aussitôt estimé les analystes.
La durée de cette session, interrompue après treize journées de tractations et qui reprendra dans trois semaines faute d'accord, est certes exceptionnelle au regard des précédents rounds plutôt expéditifs, mais peu de progrès semblent avoir été enregistrés cette fois encore. Dans l'immédiat, le principal résultat est d'avoir éviter la fracture irrémédiable, soulignent les observateurs. «On ne peut pas qualifier ces discussions d'échec, c'est même un petit succès si l'on considère que c'est un processus très compliqué», déclare Shi Yinhong, expert en relations internationales à l'Université du Peuple de Pékin.
«Le résultat est maigre mais nous ne sommes pas dans un cas de figure où l'on peut attendre beaucoup», souligne aussi Paul French, spécialiste de la Corée et auteur du livre North Korea: the Paranoid Peninsula.
Au regard des positions figées des Américains et des Nord-Coréens, les deux principaux protagonistes des pourparlers de Pékin, l'avenir du processus s'annonce plus que délicat.
Certains analystes dénoncent l'intransigeance de la Maison-Blanche, dont les Nord-Coréens attendent un geste de nature économique avant de commencer éventuellement à démanteler leur arsenal nucléaire.
«Les Américains n'ont rien offert», regrette Paul French, estimant que Washington pourrait proposer toutes sortes de mesures qui permettraient de sortir d'une impasse vieille de près de deux ans.
Paul Harris, analyste et professeur à l'Université Lingnan de Hong Kong, juge aussi que si l'administration Bush n'assouplit pas sa position, une solution au problème est improbable. «La Corée du Nord n'abandonnera pas ses armes nucléaires, à moins d'un revirement à 180 degrés», prévient M. Harris, suggérant que le temps joue en faveur de Pyongyang.
La querelle sur le nucléaire nord-coréen dure depuis la fin 2002, lorsque les États-Unis ont annoncé que Pyongyang avait reconnu l'existence d'un programme secret d'enrichissement d'uranium. Puis, la Corée du Nord a claqué la porte du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), avant de revendiquer la possession d'armes nucléaires.
La décision a été rendue publique après une rencontre des chefs des six délégations (les deux Corée, les États-Unis, la Chine, le Japon et la Russie) qui tentaient une nouvelle fois de s'accorder sur une déclaration commune de principes sur les prochaines négociations pour le désarmement nucléaire de Pyongyang.
Le blocage porte sur les compensations dont Pyongyang bénéficierait en échange de l'abandon de son programme d'armement. Et sur son insistance à préserve ses «activités nucléaires pacifiques», selon les termes nord-coréens. Washington veut de son côté avoir pu vérifier la réalité du démantèlement avant toute compensation.
La suspension des discussions a été annoncée par Wu Daiwei, vice-ministre chinois des Affaires étrangères, selon l'agence officielle Chine Nouvelle. Il a ajouté que les contacts se poursuivaient le temps des consultations avec les capitales, mais qu'il ne pouvait en revanche «pas dire avec certitude que nous trouverons un accord» après la reprise du dialogue, fin août.
Principal négociateur de Pyongyang, le vice-ministre des Affaires étrangères, Kim Kye Gwan, a précisé pour sa part que l'échec était principalement dû à la querelle autour du maintien d'un programme nucléaire civil, sur lequel insiste la Corée du Nord. C'était «l'un des très importants éléments qui nous ont poussés à l'échec», a-t-il expliqué à la presse à l'ambassade nord-coréenne à Pékin.
Il a à nouveau exhorté les États-Unis à retirer sa «menace nucléaire» de la péninsule coréenne. «Nous avons dû produire des armes nucléaires parce que les États-Unis nous menacent avec des armes nucléaires», a-t-il dit.
Le négociateur américain, le sous-secrétaire d'État Christopher Hill, avait dénoncé vendredi cette volonté de nucléaire civil, rappelant que la centrale de Yongbyon, officiellement construite avec l'aide des Russes à des fins de recherche, est devenue le coeur du programme d'armement nucléaire...
À moins d'un total revirement des positions des États-Unis et de la Corée du Nord, la quatrième série de pourparlers sur le nucléaire nord-coréen risque de finir comme les trois précédentes, par un retour à la case départ, ont aussitôt estimé les analystes.
La durée de cette session, interrompue après treize journées de tractations et qui reprendra dans trois semaines faute d'accord, est certes exceptionnelle au regard des précédents rounds plutôt expéditifs, mais peu de progrès semblent avoir été enregistrés cette fois encore. Dans l'immédiat, le principal résultat est d'avoir éviter la fracture irrémédiable, soulignent les observateurs. «On ne peut pas qualifier ces discussions d'échec, c'est même un petit succès si l'on considère que c'est un processus très compliqué», déclare Shi Yinhong, expert en relations internationales à l'Université du Peuple de Pékin.
«Le résultat est maigre mais nous ne sommes pas dans un cas de figure où l'on peut attendre beaucoup», souligne aussi Paul French, spécialiste de la Corée et auteur du livre North Korea: the Paranoid Peninsula.
Au regard des positions figées des Américains et des Nord-Coréens, les deux principaux protagonistes des pourparlers de Pékin, l'avenir du processus s'annonce plus que délicat.
Certains analystes dénoncent l'intransigeance de la Maison-Blanche, dont les Nord-Coréens attendent un geste de nature économique avant de commencer éventuellement à démanteler leur arsenal nucléaire.
«Les Américains n'ont rien offert», regrette Paul French, estimant que Washington pourrait proposer toutes sortes de mesures qui permettraient de sortir d'une impasse vieille de près de deux ans.
Paul Harris, analyste et professeur à l'Université Lingnan de Hong Kong, juge aussi que si l'administration Bush n'assouplit pas sa position, une solution au problème est improbable. «La Corée du Nord n'abandonnera pas ses armes nucléaires, à moins d'un revirement à 180 degrés», prévient M. Harris, suggérant que le temps joue en faveur de Pyongyang.
La querelle sur le nucléaire nord-coréen dure depuis la fin 2002, lorsque les États-Unis ont annoncé que Pyongyang avait reconnu l'existence d'un programme secret d'enrichissement d'uranium. Puis, la Corée du Nord a claqué la porte du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), avant de revendiquer la possession d'armes nucléaires.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

