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Diplomatie - Face à la «menace commune», l'Iran se rapproche de la Syrie

Le nouveau président de l’Iran Mahmoud Ahmadinejad (à droite) a reçu le président syrien Bachar al-Assad comme un «ami de la nation iranienne».
Photo : Agence Reuters
Le nouveau président de l’Iran Mahmoud Ahmadinejad (à droite) a reçu le président syrien Bachar al-Assad comme un «ami de la nation iranienne».
Téhéran — Le nouveau président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a salué hier un «ami de la nation iranienne» en la personne de son homologue syrien Bachar al-Assad et a promis un renforcement de relations déjà étroites face aux «menaces qui nous rapprochent».

«La Syrie représente la ligne de front de la nation musulmane, les menaces communes nous rapprochent et rendent notre coopération encore plus nécessaire», a déclaré M. Ahmadinejad en recevant le premier chef d'État à lui rendre une visite officielle depuis sa prise de fonctions mercredi.

Le président iranien faisait clairement référence aux pressions exercées par les États-Unis sur les deux alliés régionaux, accusés de soutenir les insurgés chez leur voisin irakien et des groupes radicaux anti-israéliens, dont le Hezbollah chiite libanais.

«Le renforcement de nos relations bilatérales protégera la région contre la menace de ses ennemis», bien que «nos ennemis essaient de saper cette relation», a dit M. Ahmadinejad, dont le pays est aussi accusé par les États-Unis et Israël de chercher à se doter de l'arme nucléaire.

«Je suis heureux d'avoir cette première rencontre avec un ami et un défenseur de la nation iranienne», a-t-il déclaré, rompant avec le faste habituel en recevant son hôte non plus dans un palais présidentiel mais dans les bureaux de la présidence à Téhéran.

«Les questions qui concernent la Syrie concernent aussi l'Iran», a-t-il insisté. «La Syrie et l'Iran sont les deux pays qui désirent le plus la stabilité dans la région», a dit de son côté le président syrien.

Il a indiqué que ces discussions allaient surtout porter sur «l'instabilité politique et sécuritaire» en Irak et ses effets sur les pays voisins, mais aussi sur «l'expansion du terrorisme» dans la région et le processus de paix au Proche-Orient, qui est «à présent stoppé».

«L'Iran et la Syrie doivent avoir des vues communes sur ces questions et ces discussions renforceront les relations bilatérales», a-t-il dit.

Bachar al-Assad, dont le pays est le plus sûr allié de l'Iran dans la région, est arrivé en Iran pour une visite de deux jours dès le lendemain de la prestation de serment de M. Ahmadinejad devant le Parlement.

Les deux pays, visés par des sanctions américaines, sont soumis à un surcroît de pressions, l'Iran à cause de ses activités nucléaires surtout, la Syrie en raison de son opposition au désarmement du Hezbollah au Liban, et les deux à cause de leur rôle allégué en Irak.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont appelé jeudi la Syrie et l'Iran à faire davantage pour prévenir «les attaques terroristes».

L'Iran et la Syrie sont les deux pays auxquels le président américain George W. Bush s'en est pris le plus vigoureusement dans son discours sur l'état de l'Union, début février.

Lors d'une visite en Iran, le premier ministre syrien, Mohammad Naji Otri, a préconisé le 16 février que les deux pays présentent un «front uni» face aux menaces.

Depuis, le ministère iranien des Affaires étrangères a vu dans les pressions exercées pour obtenir le retrait des troupes syriennes du Liban «un plan préétabli par le régime sioniste pour garantir ses menées expansionnistes».

L'Iran, qui se défend d'armer le Hezbollah, a aussi dénoncé la demande de désarmement contenue dans la résolution 1559 du Conseil de sécurité comme une «ingérence» visant «la résistance face à l'occupation».
 
 
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