Les engins explosifs sont devenus les premiers tueurs de GI en Irak
Photo : Agence Reuters
Quelque 70 manifestants se sont rendus hier à Crawford, au Texas, afin de faire pression auprès du président américain George W. Bush, en vacances dans son ranch. Ceux-ci ont réclamé le retour des troupes américaines d’Irak et invité les décid
Bagdad — Les engins explosifs, comme ceux qui ont provoqué la mort de 14 marines la semaine dernière, sont devenus les principaux tueurs de GI en Irak, et non les balles, les roquettes ou obus de mortier classiques, selon l'armée américaine.
Durant les deux guerres mondiales ou au Vietnam, l'infanterie ennemie, appuyée par l'artillerie, attaquait par vagues. À Najaf, Kerbala et Fallouja en 2004, les batailles de rues prédominaient encore.
Ce type de combat «classique», avec armes automatiques et artillerie, fait encore des victimes dans les rangs américains, comme les six marines tués le 1er août dans une embuscade. Mais les attentats inopinés à l'explosif, lorsque la route se soulève soudain ou qu'une voiture piégée se désintègre dans une boule de feu, sont devenus la marque du conflit irakien.
Depuis la fin du mois de mai 2005, plus de 65 % des décès au sein des forces américaines ont résulté d'attentats à l'explosif de l'insurrection, contre 23 % dus à des combats classiques et 12 % à des accidents, selon des statistiques compilées par l'Associated Press.
Au cours des dernières semaines, les bombes de l'insurrection ont été responsables de 70 à 80 % des pertes américaines (morts et blessés), d'après le lieutenant-colonel Steven Boylan, porte-parole du commandement américain. Sur les 54 GI tués en Irak en juillet, 42 ont été tués par l'explosion de bombes placées sur la chaussée ou à côté, par des voitures piégées ou des mines. Depuis le début du mois d'août, les engins explosifs ont provoqué la mort de 20 soldats et marines.
Ces chiffres reflètent l'évolution des tactiques de l'insurrection. Au début du conflit, en mars 2003, les engins explosifs étaient responsables de 32 % des décès, contre 48 % pour les opérations de combat. Ces tactiques désarçonnent les soldats américains, qui voient leurs camarades mourir sans pouvoir répliquer comme on leur a appris, en déclenchant des tirs de représailles.
Les bombes sont en effet déclenchées sur place par des kamikazes ou à distance, par télécommande, par un attaquant qui peut facilement disparaître en se fondant dans la foule. «C'est la stratégie de l'insurrection, l'insécurité persistante. On ne peut pas combattre un ennemi que l'on ne voit pas», commente Bruce Hoffmann, un analyste à la Rand Corporation, «think tank», spécialisé dans les questions de sécurité.
En deux ans de guerre, les insurgés ont de surcroît appris à utiliser des engins explosifs de plus en plus gros, perfectionnés, invisibles et mortels, notent des officiers et analystes américains. «Ils utilisent des charges moulées et des mines anti-char montées ensemble, des bombes de 225 kilos qui peuvent détruire un véhicule blindé», confirme Anthony Cordesman du Centre pour les études stratégiques et internationales à Washington.
D'après Bruce Hoffmann, la guerre en Irak révèle une curieuse inversion des rôles: les insurgés ont adopté certains des concepts américains consistant à attaquer au-delà de la portée visuelle et en déclenchant des engins à distance afin que l'attaquant reste hors de portée, en sécurité.
Les insurgés, dans le même temps, se fondent si bien dans la population que la technologie américaine se révèle inefficace. Les soldats américains continuent donc de combattre à l'ancienne, présents sur le terrain. «Nous voyons le champ de bataille automatisé, mais ce n'est pas nous qui contrôlons la technologie. C'est l'ennemi», constate Bruce Hoffmann.
Durant les deux guerres mondiales ou au Vietnam, l'infanterie ennemie, appuyée par l'artillerie, attaquait par vagues. À Najaf, Kerbala et Fallouja en 2004, les batailles de rues prédominaient encore.
Ce type de combat «classique», avec armes automatiques et artillerie, fait encore des victimes dans les rangs américains, comme les six marines tués le 1er août dans une embuscade. Mais les attentats inopinés à l'explosif, lorsque la route se soulève soudain ou qu'une voiture piégée se désintègre dans une boule de feu, sont devenus la marque du conflit irakien.
Depuis la fin du mois de mai 2005, plus de 65 % des décès au sein des forces américaines ont résulté d'attentats à l'explosif de l'insurrection, contre 23 % dus à des combats classiques et 12 % à des accidents, selon des statistiques compilées par l'Associated Press.
Au cours des dernières semaines, les bombes de l'insurrection ont été responsables de 70 à 80 % des pertes américaines (morts et blessés), d'après le lieutenant-colonel Steven Boylan, porte-parole du commandement américain. Sur les 54 GI tués en Irak en juillet, 42 ont été tués par l'explosion de bombes placées sur la chaussée ou à côté, par des voitures piégées ou des mines. Depuis le début du mois d'août, les engins explosifs ont provoqué la mort de 20 soldats et marines.
Ces chiffres reflètent l'évolution des tactiques de l'insurrection. Au début du conflit, en mars 2003, les engins explosifs étaient responsables de 32 % des décès, contre 48 % pour les opérations de combat. Ces tactiques désarçonnent les soldats américains, qui voient leurs camarades mourir sans pouvoir répliquer comme on leur a appris, en déclenchant des tirs de représailles.
Les bombes sont en effet déclenchées sur place par des kamikazes ou à distance, par télécommande, par un attaquant qui peut facilement disparaître en se fondant dans la foule. «C'est la stratégie de l'insurrection, l'insécurité persistante. On ne peut pas combattre un ennemi que l'on ne voit pas», commente Bruce Hoffmann, un analyste à la Rand Corporation, «think tank», spécialisé dans les questions de sécurité.
En deux ans de guerre, les insurgés ont de surcroît appris à utiliser des engins explosifs de plus en plus gros, perfectionnés, invisibles et mortels, notent des officiers et analystes américains. «Ils utilisent des charges moulées et des mines anti-char montées ensemble, des bombes de 225 kilos qui peuvent détruire un véhicule blindé», confirme Anthony Cordesman du Centre pour les études stratégiques et internationales à Washington.
D'après Bruce Hoffmann, la guerre en Irak révèle une curieuse inversion des rôles: les insurgés ont adopté certains des concepts américains consistant à attaquer au-delà de la portée visuelle et en déclenchant des engins à distance afin que l'attaquant reste hors de portée, en sécurité.
Les insurgés, dans le même temps, se fondent si bien dans la population que la technologie américaine se révèle inefficace. Les soldats américains continuent donc de combattre à l'ancienne, présents sur le terrain. «Nous voyons le champ de bataille automatisé, mais ce n'est pas nous qui contrôlons la technologie. C'est l'ennemi», constate Bruce Hoffmann.
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