Mauritanie - La junte militaire au pouvoir libère des islamistes
Nouakchott — La nouvelle junte militaire au pouvoir en Mauritanie a ordonné hier la libération d'une vingtaine d'islamistes emprisonnés sous l'ancien régime pour leur liens supposés avec al-Qaïda et nommé un nouveau premier ministre.
Les détenus élargis faisaient partie d'un groupe d'une soixantaine de personnes arrêtées depuis avril par les forces de sécurité du président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya dans le cadre d'une campagne de répression visant les milieux islamistes et d'opposition.
«C'est une nouvelle époque, une page a été tournée», a déclaré Moctar Ould Mohamed Moussa, qui fait partie des détenus libérés et qui a été acclamé par ses proches à sa sortie de la principale maison d'arrêt de Nouakchott.
La sortie des détenus a été saluée par un concert de klaxons de la part de centaines d'automobilistes rassemblés devant le petit édifice en ciment.
Peu après des libérations, Sidi Mohamed Ould Boubacar, un ancien premier ministre d'Ould Taya nommé ambassadeur à Paris après être tombé en disgrâce avec l'ancien régime, a été nommé à la tête du nouveau gouvernement.
Ould Taya, un militaire qui dirigeait d'une poigne de fer depuis 1984 ce pays semi-désertique à cheval sur le Maghreb et l'Afrique noire, a été victime le 3 août d'une révolution de palais sans effusion de sang alors qu'il était en déplacement en Arabie saoudite.
Les islamistes qu'il avait emprisonnés étaient accusés d'être de mèche avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), un mouvement islamiste armé actif en Algérie et dans la région sahélienne et qui a fait allégeance au réseau d'Oussama ben Laden.
Mais de nombreux Mauritaniens d'origine arabe accusaient Ould Taya d'exagérer la menace islamiste pour s'attirer les faveurs des États-Unis et justifier la répression dans les rangs de l'opposition.
Les Américains ont entraîné en début d'année l'armée mauritanienne à la lutte contre la guérilla islamiste.
D'après une source proche de la junte militaire, une demi-douzaine de détenus ont été maintenus derrière les barreaux après avoir admis avoir des liens avec le GSPC. Les autres verront leurs cas examinés ultérieurement.
La junte, baptisée Conseil militaire pour la justice et la démocratie et présidée par l'ancien directeur de la Sûreté nationale, a annoncé la tenue dans l'année qui vient d'un référendum constitutionnel suivi d'élections législatives.
Aucun des membres du CMJD ne participera à ce scrutin.
L'opposition mauritanienne a apporté son soutien aux putschistes tout en émettant le souhait d'être associée à la suite du processus démocratique.
Hier, même le parti de Taya a dit approuver pleinement le programme défini par le Conseil militaire. Des dirigeants de l'opposition ont noté que Boubacar avait autrefois été un proche de Taya mais qu'il fallait lui accorder le bénéfice du doute.
«C'est quelqu'un de l'ancien régime, mais c'est quelqu'un qui veut le changement», a déclaré à Reuters Mohamed Ould Maouloud, chef d'un parti d'opposition modéré.
«Nous n'avons pas d'idées préconçues à son encontre. Nous le jugerons sur son travail», a-t-il ajouté.
Les détenus élargis faisaient partie d'un groupe d'une soixantaine de personnes arrêtées depuis avril par les forces de sécurité du président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya dans le cadre d'une campagne de répression visant les milieux islamistes et d'opposition.
«C'est une nouvelle époque, une page a été tournée», a déclaré Moctar Ould Mohamed Moussa, qui fait partie des détenus libérés et qui a été acclamé par ses proches à sa sortie de la principale maison d'arrêt de Nouakchott.
La sortie des détenus a été saluée par un concert de klaxons de la part de centaines d'automobilistes rassemblés devant le petit édifice en ciment.
Peu après des libérations, Sidi Mohamed Ould Boubacar, un ancien premier ministre d'Ould Taya nommé ambassadeur à Paris après être tombé en disgrâce avec l'ancien régime, a été nommé à la tête du nouveau gouvernement.
Ould Taya, un militaire qui dirigeait d'une poigne de fer depuis 1984 ce pays semi-désertique à cheval sur le Maghreb et l'Afrique noire, a été victime le 3 août d'une révolution de palais sans effusion de sang alors qu'il était en déplacement en Arabie saoudite.
Les islamistes qu'il avait emprisonnés étaient accusés d'être de mèche avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), un mouvement islamiste armé actif en Algérie et dans la région sahélienne et qui a fait allégeance au réseau d'Oussama ben Laden.
Mais de nombreux Mauritaniens d'origine arabe accusaient Ould Taya d'exagérer la menace islamiste pour s'attirer les faveurs des États-Unis et justifier la répression dans les rangs de l'opposition.
Les Américains ont entraîné en début d'année l'armée mauritanienne à la lutte contre la guérilla islamiste.
D'après une source proche de la junte militaire, une demi-douzaine de détenus ont été maintenus derrière les barreaux après avoir admis avoir des liens avec le GSPC. Les autres verront leurs cas examinés ultérieurement.
La junte, baptisée Conseil militaire pour la justice et la démocratie et présidée par l'ancien directeur de la Sûreté nationale, a annoncé la tenue dans l'année qui vient d'un référendum constitutionnel suivi d'élections législatives.
Aucun des membres du CMJD ne participera à ce scrutin.
L'opposition mauritanienne a apporté son soutien aux putschistes tout en émettant le souhait d'être associée à la suite du processus démocratique.
Hier, même le parti de Taya a dit approuver pleinement le programme défini par le Conseil militaire. Des dirigeants de l'opposition ont noté que Boubacar avait autrefois été un proche de Taya mais qu'il fallait lui accorder le bénéfice du doute.
«C'est quelqu'un de l'ancien régime, mais c'est quelqu'un qui veut le changement», a déclaré à Reuters Mohamed Ould Maouloud, chef d'un parti d'opposition modéré.
«Nous n'avons pas d'idées préconçues à son encontre. Nous le jugerons sur son travail», a-t-il ajouté.
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