Niger - La pluie tombe enfin, mais complique l'aide
Tahjoua — Les pluies torrentielles qui s'abattent sur le Niger promettent de meilleures récoltes pour l'avenir, mais ralentissent l'acheminement de l'aide aux millions de Nigériens frappés par la famine, ont alerté hier des organisations humanitaires. Les récoltes d'octobre dernier ont été réduites à néant dans des proportions importantes par la sécheresse et l'invasion de criquets pèlerins, privant de nourriture quelque 3,6 millions de personnes et menaçant de mort des dizaines de milliers d'enfants souffrant de malnutrition.
Les pluies qui ont commencé à tomber sur la ceinture agricole du sud de ce pays aride permettent aux nomades, qui y font paître leurs troupeaux, et aux agriculteurs d'espérer une meilleure récolte cette année. «Si la pluie continue comme ça, cela sera mieux que l'année dernière», assure Issa Chaibou, cultivatrice de maïs.
Mais dans l'immédiat, les averses retardent la progression des camions chargés d'aide alimentaire d'urgence, qui doivent parcourir plus de 550 km pour acheminer leur cargaison de la capitale, Niamey, vers les villages affamés. La pluie fait disparaître les pistes sous la boue, rendant impossible l'accès à certaines localités proches de la ville de Tahoua, dans le nord-est du pays.
«La pluie est bonne pour le pays mais pourrait aussi entraver l'acheminement» de l'aide, rappelle Anita McCabe, porte-parole de l'ONG irlandaise Concern, qui prévoyait hier de distribuer de la nourriture dans le village de Barmou, près de Tahoua.
La pluie tant attendue peut avoir d'autres conséquences néfastes pour les habitants des villages. À Madoufa, près de Tahoua, les murs de certaines cases de terre et de pierre se sont effondrés sous l'effet d'un orage cette fin de semaine, et les derniers semis ont été emportés par les eaux.
Mais la pluie n'est pas la seule responsable des difficultés humanitaires du Niger. Les associations et les ONG dénoncent le retard avec lequel les pays donateurs ont réagi, soulignant que ce délai a fait considérablement augmenter le coût de l'aide.
La nourriture, qui aurait pu être acheminée par camion il y a quelques mois, doit maintenant être transportée par avion à un coût bien plus élevé. Les enfants, qui souffraient simplement de la faim au début de l'année, atteignent désormais des stades très sérieux de malnutrition.
Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, a rappelé qu'un dollar par enfant et par jour aurait suffi le mois dernier. Désormais il faut 80 $ pour sauver la vie d'un seul enfant, a-t-il affirmé.
Mais pour Bernard Kouchner, qui s'est rendu hier à Tahoua après le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU aurait dû réagir plus vite. «Je dis très clairement que le système des Nations unies ne nous avait pas alertés suffisamment», a affirmé le fondateur de Médecins sans frontières (MSF) dans une interview à Reuters.
Les pluies qui ont commencé à tomber sur la ceinture agricole du sud de ce pays aride permettent aux nomades, qui y font paître leurs troupeaux, et aux agriculteurs d'espérer une meilleure récolte cette année. «Si la pluie continue comme ça, cela sera mieux que l'année dernière», assure Issa Chaibou, cultivatrice de maïs.
Mais dans l'immédiat, les averses retardent la progression des camions chargés d'aide alimentaire d'urgence, qui doivent parcourir plus de 550 km pour acheminer leur cargaison de la capitale, Niamey, vers les villages affamés. La pluie fait disparaître les pistes sous la boue, rendant impossible l'accès à certaines localités proches de la ville de Tahoua, dans le nord-est du pays.
«La pluie est bonne pour le pays mais pourrait aussi entraver l'acheminement» de l'aide, rappelle Anita McCabe, porte-parole de l'ONG irlandaise Concern, qui prévoyait hier de distribuer de la nourriture dans le village de Barmou, près de Tahoua.
La pluie tant attendue peut avoir d'autres conséquences néfastes pour les habitants des villages. À Madoufa, près de Tahoua, les murs de certaines cases de terre et de pierre se sont effondrés sous l'effet d'un orage cette fin de semaine, et les derniers semis ont été emportés par les eaux.
Mais la pluie n'est pas la seule responsable des difficultés humanitaires du Niger. Les associations et les ONG dénoncent le retard avec lequel les pays donateurs ont réagi, soulignant que ce délai a fait considérablement augmenter le coût de l'aide.
La nourriture, qui aurait pu être acheminée par camion il y a quelques mois, doit maintenant être transportée par avion à un coût bien plus élevé. Les enfants, qui souffraient simplement de la faim au début de l'année, atteignent désormais des stades très sérieux de malnutrition.
Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, a rappelé qu'un dollar par enfant et par jour aurait suffi le mois dernier. Désormais il faut 80 $ pour sauver la vie d'un seul enfant, a-t-il affirmé.
Mais pour Bernard Kouchner, qui s'est rendu hier à Tahoua après le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU aurait dû réagir plus vite. «Je dis très clairement que le système des Nations unies ne nous avait pas alertés suffisamment», a affirmé le fondateur de Médecins sans frontières (MSF) dans une interview à Reuters.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

