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Les diplomates algériens sont tués

Le commandant américain en Irak évoque une réduction des troupes

28 juillet 2005  Actualités internationales
Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a rendu visite aux GI hier.
Photo : Agence Reuters
Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a rendu visite aux GI hier.
Bagdad — Les deux diplomates algériens enlevés à Bagdad le 21 juillet ont été exécutés hier par la section irakienne d'al-Qaïda, au moment où le commandant américain en Irak évoquait la possibilité d'une réduction importante du nombre des GI's dans ce pays en 2006.

«Le chef de la mission diplomatique algérienne Ali Belaroussi et l'attaché diplomatique Azzedine Belkadi ont été tués», indique un communiqué du groupe d'Abou Moussab al-Zarqaoui, mis en ligne sur un site islamiste et dont l'authenticité ne peut être établie. Le groupe justifie ces assassinats par la non-application par l'Algérie de la charia, par son «soutien aux juifs et aux chrétiens» en Irak et par «l'effusion du sang des musulmans» dans ce pays.

Cela porte à trois le nombre de diplomates arabes que la branche irakienne d'al-Qaïda a affirmé avoir tués, menaçant du même sort les représentants à Bagdad des pays arabes et islamiques.

Ce double assassinat a été unanimement condamné, le président algérien Abdelaziz Bouteflika le qualifiant d'«acte monstrueux» relevant d'une «abjecte barbarie».

«Notre pays, qui a toujours épousé les justes causes [...] ne mérite pas cette inqualifiable agression, dont l'absurdité le dispute à la lâcheté», a souligné le chef de l'État.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a également condamné l'exécution «absurde et brutale», tout comme le président français Jacques Chirac, qui a lancé un appel pour la libération de tous les otages et «l'arrêt de cette pratique barbare qui avilit ceux qui s'y livrent».

Toujours sur le front des violences, au moins 15 personnes, dont six soldats et trois policiers irakiens, ont été tuées dans plusieurs attaques en Irak.

Un soldat américain a également été tué et cinq autres ont été blessés hier dans le nord de Bagdad par un engin qui a explosé au passage de leur patrouille. Ce décès porte à 1782 le nombre de GI's morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte de l'AFP établi à partir des chiffres du Pentagone.

Le commandant des forces américaines en Irak, George Casey, a de son côté déclaré que le nombre des GI's pourrait être réduit de manière importante si le processus politique restait sur la bonne voie. Quelque 140 000 soldats américains sont actuellement déployés en Irak.

Le premier ministre irakien Ibrahim Jaafari a souhaité pour sa part un départ rapide de la Force multinationale en refusant toutefois d'établir un calendrier de retrait. Mais un haut responsable irakien chargé de la sécurité, Mouaffak al-Roubaï, a indiqué que la Force multinationale pourrait transférer aux Irakiens d'ici à décembre le contrôle de dix villes importantes d'Irak et certains quartiers de Bagdad.

De son côté, M. Rumsfeld a affirmé aux journalistes voyageant avec lui qu'il demanderait aux dirigeants irakiens de rédiger et d'adopter sans délai la nouvelle Constitution.

La Constitution en cours de rédaction doit être approuvée par le Parlement avant le 15 août et soumise à un référendum avant le 15 octobre. Tout retard dans son élaboration entraînera un nouveau délai de six mois. «Le temps est venu de le faire. Tout report serait très néfaste», a insisté M. Rumsfeld.

Une large conférence se tiendra d'ailleurs début août pour aplanir les dernières divergences sur la Constitution, a annoncé le chef du comité chargé de rédiger la Constitution, cheikh Houmam Hammoudi.

M. Rumsfeld a en outre exhorté le gouvernement irakien à agir de manière forte avec la Syrie et l'Iran, accusés d'abriter des rebelles et de détourner l'oeil sur les infiltrations à partir de leurs frontières.

À court de munitions

Les États-Unis n'arrivent plus à fabriquer suffisamment de munitions pour satisfaire leurs besoins militaires depuis qu'ils font la guerre au terrorisme et qu'ils ont envahi l'Irak, selon un rapport du Congrès.
 
 
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