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Le Hezbollah entre au gouvernement libanais

Beyrouth — Le Hezbollah, considéré comme un mouvement terroriste à Washington, a obtenu un poste ministériel pour la première fois au Liban hier, à l'occasion de la mise en place du premier gouvernement formé dans le pays depuis le retrait militaire syrien intervenu en avril.

Cette intégration du Hezbollah pro-syrien au cabinet du premier ministre Fouad Siniora est toutefois compensée par le fait que cette équipe de 24 membres est dominée par des adversaires de Damas, reflet des législatives de juin qui ont fait émerger une majorité antisyrienne pour la première fois depuis la fin de la guerre civile de 1975-90.

Le président Émile Lahoud, proche allié de Damas, a approuvé la composition du cabinet après trois semaines de marchandages avec Siniora, qui a le soutien du chef de la coalition majoritaire au Parlement, Saad al-Hariri.

Le nouveau gouvernement comprend 15 ministres partisans d'Hariri et cinq alliés de l'alliance chiite pro-syrienne dont fait partie le Hezbollah. Trois autres ministres sont des fidèles de Lahoud et un quatrième est un indépendant. Le cabinet n'accueille aucun partisan de Michel Aoun, dirigeant du principal bloc chrétien au Parlement.

«C'est une excellente chose que le Hezbollah soit dans le gouvernement», a indiqué M. Siniora, soulignant que ce parti avait «une forte base populaire et devait être représenté».

Le premier ministre a nommé le responsable du Hezbollah Mohammad Fneich ministre de l'Énergie et de l'Eau. Le Hezbollah est un mouvement chiite dont les activités de guérilla ont poussé Israël à mettre fin à 22 ans d'occupation du Sud-Liban.

La sécurité constitue l'un des principaux défis à relever pour le nouveau gouvernement du Liban, le pays ayant connu une vague d'attentats et d'assassinats qui ont fortement accru les tensions entre factions pro et antisyriennes en ranimant le spectre de la guerre civile.

Siniora a déclaré aux journalistes qu'il se rendrait prochainement en Syrie. Aoun, adversaire de longue date de la Syrie, entend former l'ossature de l'opposition au nouveau gouvernement.
 
 
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