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Sharon se montre ferme - La police israélienne affronte des extrémistes

Des soldats et des colons israéliens ont eu maille à partir hier dans la bande de Gaza. Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations pour rétablir le calme.
Photo : Agence Reuters
Des soldats et des colons israéliens ont eu maille à partir hier dans la bande de Gaza. Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations pour rétablir le calme.
Jérusalem — Les opposants au retrait israélien de Gaza ont entamé hier des manifestations nationales destinées à bloquer les routes d'Israël, au risque d'affrontements avec la police après plusieurs jours de tensions à l'approche du retrait unilatéral de Gaza prévoyant l'évacuation cet été de 8000 colons.

La police a dispersé au canon à eau les dizaines de manifestants qui bloquaient l'entrée principale de Jérusalem aux cris de «Les Juifs n'expulsent pas les Juifs». Des manifestations similaires ont été signalées à Tel-Aviv, près de Safed (nord) et dans le centre du pays.

La police, qui avait mobilisé quelque 6000 hommes, a arrêté pas moins de 169 manifestants, selon une source policière.

Le premier ministre, Ariel Sharon, avait donné des consignes strictes de fermeté. Il a affirmé en réunion du cabinet de sécurité que «la police et les services de sécurité ont reçu ordre d'utiliser tous les moyens pour éviter que des routes soient bloquées».

«Nous ne permettrons pas à des gangs de saper les assises du pays», a-t-il dit. «Nous devons agir contre eux avec une main de fer», a ajouté M. Sharon, réclamant aussi des «sanctions contre les rabbins qui envoient des enfants bloquer les carrefours».

Le «Foyer national», qui regroupe divers mouvements d'extrême droite, avait appelé à passer à l'action simultanément aux principaux carrefours du pays.

Dans la bande de Gaza, cinq Palestiniens de la région de Mawassi ont été blessés, dont deux grièvement, lors de heurts avec des colons, selon des sources médicales.

Des militaires israéliens ont tiré des coups de sommation pour évacuer des militants d'extrême droite barricadés dans un bâtiment vide appartenant à des Palestiniens. Les ultras retranchés dans ces maisons ont été délogés et l'opération s'est achevée en début de soirée, a indiqué une porte-parole de l'armée, qui a précisé que «plus d'une trentaine de ces extrémistes ont été arrêtés et doivent faire l'objet d'interrogatoires».

Les forces de sécurité ont également délogé les squatters ultranationalistes qui s'étaient installés dans une maison palestinienne de l'enclave de Mawassi.

Toujours dans la bande de Gaza, les Palestiniens ont tiré en soirée plusieurs obus de mortier contre des colonies juives de la région et un ouvrier thaïlandais a été légèrement blessé, a-t-on appris de source militaire.

La police avait annoncé dans la matinée l'«arrestation préventive» de plusieurs militants ultranationalistes, soupçonnés de préparer une campagne de sabotage avant l'évacuation programmée en août des 21 implantations juives de Gaza et de quatre autres en Cisjordanie.

Neuf militants d'extrême droite israéliens ont par ailleurs été arrêtés pour leur implication présumée dans des affrontements avec des Palestiniens à al-Maouassi, enclave palestinienne de Gaza proche de la colonie du Gush Katif.

L'opération policière a déclenché des heurts qui ont fait six blessés: un colon, un policier et quatre Palestiniens, dont un jeune homme atteint par une pierre et transporté par ambulance à Khan Younès, zone sous administration palestinienne.

Les partisans des colons, toujours minoritaires, semblent plus nombreux à mesure que le soutien à Sharon s'effrite dans les sondages. Selon une étude publiée hier, 48 % des Israéliens approuvent encore le désengagement de Gaza, mais 41 %, contre 36 à 38 % auparavant, s'y opposent.

Les militants d'extrême droite jugent que le retrait fait bon marché des revendications juives sur un morceau de terre biblique et fait le jeu des factions radicales palestiniennes.

Les Palestiniens approuvent le projet d'Ariel Sharon mais soupçonnent le premier ministre israélien de quitter Gaza pour mieux renforcer les colonies de Cisjordanie, crainte alimentée par la construction de la «barrière de sécurité».

D'autre part, le chef du Djihad islamique, Ramadan Challah, a rencontré hier au Caire le chef des services de renseignement égyptiens, Omar Souleimane, et lui a affirmé que la trêve des attaques anti-israéliennes ne pourrait pas être observée si Israël continue «de la violer», a déclaré un responsable du Djihad, Mohammed al-Hindi. À l'instar des autres principaux groupes armés palestiniens, le Djihad islamique observe grosso modo une trêve depuis la fin de janvier.
 
 
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