Des blindés sont envoyés vers le golfe Persique
Bush va consulter le Congrès et les alliés avant d'attaquer l'Irak
Photo : Agence Reuters
«Saddam Hussein représente une menace sérieuse», a encore répété le président américain George W. Bush.
Au moment où le Pentagone insiste sur la nécessité de renverser le régime irakien, la Marine américaine a affrété un gros navire marchand pour acheminer ce mois-ci des chars et des véhicules blindés lourds dans le Golfe, a-t-on déclaré hier de source maritime.
Des responsables de la Défense ont minimisé les implications de ce transfert en affirmant qu'il était destiné à des exercices militaires dans le Golfe.
De source maritime, on précise que le commandement des transports militaires de l'US Navy a affrété un cargo sous pavillon américain censé partir de la côte sud-est des États-Unis pour un port du Golfe où il livrerait le matériel fin septembre.
Il s'agit du troisième transfert d'armes et d'équipements militaires entrepris depuis un mois par les États-Unis avec le concours de navires marchands, ce qui indique selon des experts que l'US Navy a probablement épuisé ses propres moyens et recourt au marché libre.
Selon le document d'affrètement dont Reuters a eu connaissance, le navire transporterait 67 lots distincts de matériel de terrain, blindés et équipements militaires lourds couvrant une surface de 5202 mètres carrés, soit un peu plus que la superficie d'un stade de football. D'après des experts, les dimensions et le poids du matériel mentionné dans le document correspondent presque exactement au char de combat Abrams.
À Washington, des responsables de la Défense ont fait valoir que du matériel militaire allait et venait en permanence entre le pays et le Golfe pour les besoins de manoeuvres militaires et le renouvellement de stocks d'armements entretenus dans la région depuis la fin de la guerre de 1991. «Je ne tirerais pas trop de conclusions» de cette cargaison, a dit l'un d'eux à Reuters en requérant l'anonymat. Il a noté que «67 pièces [...], c'est peu de chose par rapport à ce qui est déjà sur place». «Nous ne cessons d'envoyer du matériel là-bas pour des exercices comme ceux qui sont prévus avec la Jordanie. Et nous louons souvent des cargos marchands pour la bonne raison que nous n'avons pas la capacité [navale requise].»
Des analystes notent cependant que le transfert d'équipements lourds entre le sud-est des États-Unis et le Golfe reproduit des opérations observées avant la guerre du Golfe (début 1991), en disant y voir le signe que Washington commence à concentrer des moyens militaires dans la région en vue d'une éventuelle attaque.
À la mi-août, Reuters avait rapporté que l'US Navy avait affrété un grand navire pour acheminer hélicoptères, munitions et matériel roulant en mer Rouge. L'information avait d'abord été démentie par l'US Navy, mais un porte-parole du commandement des transports militaires avait retiré le démenti une fois mis en présence de documents qui témoignaient de l'opération.
Début août, le Pentagone a passé un contrat important avec la Maersk Line (première compagnie maritime mondial), portant sur huit navires équipés pour le transport de chars, de munitions et d'ambulances. Ces navires ont une capacité huit fois plus grande que celle du dernier cargo affrété par le commandement des transports.
Tony Blair et Jean Chrétien
Le président George W. Bush a donné hier le coup d'envoi à des consultations tous azimuts sur l'Irak, incluant les responsables du Congrès américain et les dirigeants des principales nations du monde, pour préparer le terrain à une offensive militaire américaine contre Bagdad. M. Bush a demandé aux principaux responsables républicains et démocrates du Congrès, qu'il a reçus à la Maison-Blanche, de lui donner les coudées franches pour poursuivre une stratégie musclée contre l'Irak, en votant une résolution de soutien à sa politique prévoyant l'option d'un recours à la force, et il leur a promis de les associer pleinement à ses délibérations.
M. Bush a aussi annoncé qu'il recevrait samedi à Camp David, sa résidence de campagne, le premier ministre britannique Tony Blair et contacterait par téléphone ses homologues russe, chinois et français. Lundi, il rencontrera en outre à Detroit le premier ministre canadien Jean Chrétien, avant d'expliquer jeudi 12 septembre à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York la nécessité d'agir contre l'Irak.
«Saddam Hussein représente une menace sérieuse pour les États-Unis et aussi pour le monde [...] Ne rien faire face à cette sérieuse menace n'est tout simplement pas une option pour les États-Unis», a déclaré M. Bush à la presse à l'issue de sa rencontre avec les responsables du Congrès.
Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Thomas Daschle, s'est montré comme d'autres responsables parlementaires réceptif à la demande de M. Bush et a indiqué que le vote d'une résolution sur l'Irak pourrait intervenir avant la fin de l'actuelle session parlementaire dans cinq semaines.
Le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer a tenu à préciser que l'adoption de cette résolution pourrait avoir lieu avant que M. Bush n'arrête les mesures qu'il compte prendre.
Le président américain est d'ores et déjà assuré de l'appui de M. Blair, qui a commencé mardi à préparer son opinion publique à une intervention armée contre l'Irak. Mais il aura beaucoup plus de mal à convaincre la Russie, la Chine, la France, l'Allemagne et les pays arabes modérés de la nécessité d'éliminer, au besoin par la force, la menace posée par Saddam Hussein, qui selon Washington n'a pas abandonné ses efforts pour acquérir l'arme nucléaire.
Stratégie graduée
M. Bush a toutefois clairement laissé entendre qu'il envisageait une stratégie graduée contre l'Irak n'impliquant pas nécessairement, au moins dans un premier temps, un recours à la force militaire. Il a déclaré que, devant les Nations unies, il exposerait la duplicité de Saddam Hussein et qu'il présenterait «les moyens d'obtenir qu'il respecte ses obligations».
Mardi, le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer avait affirmé que M. Bush restait favorable au retour des inspecteurs de l'ONU en Irak. M. Bush a souligné hier les limites de ces inspections.
Depuis plusieurs semaines, des voix de plus en plus nombreuses au Congrès, y compris dans les rangs républicains, s'étaient élevées pour réclamer un débat ouvert sur les moyens de contrer la menace irakienne et mettre en garde la Maison-Blanche contre toute décision hâtive prise en secret. Ce message a visiblement été entendu. Mais les responsables parlementaires présents à la réunion ont indiqué que M. Bush n'avait pas révélé comment il comptait se débarrasser de Saddam Hussein.
À Johannesburg, le secrétaire d'État Colin Powell a déclaré hier que le moment était venu pour Washington de convaincre le monde de la réalité de la menace irakienne et a douté qu'un simple retour des inspecteurs de l'ONU dans ce pays suffise à lever les craintes.
Des responsables de la Défense ont minimisé les implications de ce transfert en affirmant qu'il était destiné à des exercices militaires dans le Golfe.
De source maritime, on précise que le commandement des transports militaires de l'US Navy a affrété un cargo sous pavillon américain censé partir de la côte sud-est des États-Unis pour un port du Golfe où il livrerait le matériel fin septembre.
Il s'agit du troisième transfert d'armes et d'équipements militaires entrepris depuis un mois par les États-Unis avec le concours de navires marchands, ce qui indique selon des experts que l'US Navy a probablement épuisé ses propres moyens et recourt au marché libre.
Selon le document d'affrètement dont Reuters a eu connaissance, le navire transporterait 67 lots distincts de matériel de terrain, blindés et équipements militaires lourds couvrant une surface de 5202 mètres carrés, soit un peu plus que la superficie d'un stade de football. D'après des experts, les dimensions et le poids du matériel mentionné dans le document correspondent presque exactement au char de combat Abrams.
À Washington, des responsables de la Défense ont fait valoir que du matériel militaire allait et venait en permanence entre le pays et le Golfe pour les besoins de manoeuvres militaires et le renouvellement de stocks d'armements entretenus dans la région depuis la fin de la guerre de 1991. «Je ne tirerais pas trop de conclusions» de cette cargaison, a dit l'un d'eux à Reuters en requérant l'anonymat. Il a noté que «67 pièces [...], c'est peu de chose par rapport à ce qui est déjà sur place». «Nous ne cessons d'envoyer du matériel là-bas pour des exercices comme ceux qui sont prévus avec la Jordanie. Et nous louons souvent des cargos marchands pour la bonne raison que nous n'avons pas la capacité [navale requise].»
Des analystes notent cependant que le transfert d'équipements lourds entre le sud-est des États-Unis et le Golfe reproduit des opérations observées avant la guerre du Golfe (début 1991), en disant y voir le signe que Washington commence à concentrer des moyens militaires dans la région en vue d'une éventuelle attaque.
À la mi-août, Reuters avait rapporté que l'US Navy avait affrété un grand navire pour acheminer hélicoptères, munitions et matériel roulant en mer Rouge. L'information avait d'abord été démentie par l'US Navy, mais un porte-parole du commandement des transports militaires avait retiré le démenti une fois mis en présence de documents qui témoignaient de l'opération.
Début août, le Pentagone a passé un contrat important avec la Maersk Line (première compagnie maritime mondial), portant sur huit navires équipés pour le transport de chars, de munitions et d'ambulances. Ces navires ont une capacité huit fois plus grande que celle du dernier cargo affrété par le commandement des transports.
Tony Blair et Jean Chrétien
Le président George W. Bush a donné hier le coup d'envoi à des consultations tous azimuts sur l'Irak, incluant les responsables du Congrès américain et les dirigeants des principales nations du monde, pour préparer le terrain à une offensive militaire américaine contre Bagdad. M. Bush a demandé aux principaux responsables républicains et démocrates du Congrès, qu'il a reçus à la Maison-Blanche, de lui donner les coudées franches pour poursuivre une stratégie musclée contre l'Irak, en votant une résolution de soutien à sa politique prévoyant l'option d'un recours à la force, et il leur a promis de les associer pleinement à ses délibérations.
M. Bush a aussi annoncé qu'il recevrait samedi à Camp David, sa résidence de campagne, le premier ministre britannique Tony Blair et contacterait par téléphone ses homologues russe, chinois et français. Lundi, il rencontrera en outre à Detroit le premier ministre canadien Jean Chrétien, avant d'expliquer jeudi 12 septembre à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York la nécessité d'agir contre l'Irak.
«Saddam Hussein représente une menace sérieuse pour les États-Unis et aussi pour le monde [...] Ne rien faire face à cette sérieuse menace n'est tout simplement pas une option pour les États-Unis», a déclaré M. Bush à la presse à l'issue de sa rencontre avec les responsables du Congrès.
Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Thomas Daschle, s'est montré comme d'autres responsables parlementaires réceptif à la demande de M. Bush et a indiqué que le vote d'une résolution sur l'Irak pourrait intervenir avant la fin de l'actuelle session parlementaire dans cinq semaines.
Le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer a tenu à préciser que l'adoption de cette résolution pourrait avoir lieu avant que M. Bush n'arrête les mesures qu'il compte prendre.
Le président américain est d'ores et déjà assuré de l'appui de M. Blair, qui a commencé mardi à préparer son opinion publique à une intervention armée contre l'Irak. Mais il aura beaucoup plus de mal à convaincre la Russie, la Chine, la France, l'Allemagne et les pays arabes modérés de la nécessité d'éliminer, au besoin par la force, la menace posée par Saddam Hussein, qui selon Washington n'a pas abandonné ses efforts pour acquérir l'arme nucléaire.
Stratégie graduée
M. Bush a toutefois clairement laissé entendre qu'il envisageait une stratégie graduée contre l'Irak n'impliquant pas nécessairement, au moins dans un premier temps, un recours à la force militaire. Il a déclaré que, devant les Nations unies, il exposerait la duplicité de Saddam Hussein et qu'il présenterait «les moyens d'obtenir qu'il respecte ses obligations».
Mardi, le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer avait affirmé que M. Bush restait favorable au retour des inspecteurs de l'ONU en Irak. M. Bush a souligné hier les limites de ces inspections.
Depuis plusieurs semaines, des voix de plus en plus nombreuses au Congrès, y compris dans les rangs républicains, s'étaient élevées pour réclamer un débat ouvert sur les moyens de contrer la menace irakienne et mettre en garde la Maison-Blanche contre toute décision hâtive prise en secret. Ce message a visiblement été entendu. Mais les responsables parlementaires présents à la réunion ont indiqué que M. Bush n'avait pas révélé comment il comptait se débarrasser de Saddam Hussein.
À Johannesburg, le secrétaire d'État Colin Powell a déclaré hier que le moment était venu pour Washington de convaincre le monde de la réalité de la menace irakienne et a douté qu'un simple retour des inspecteurs de l'ONU dans ce pays suffise à lever les craintes.
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