Guerre des nerfs américano-irakienne - Nouvelle volte-face de Bagdad
L'Irak «pourrait envisager»le retour des inspecteurs de l'ONU
3 septembre 2002
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
L'Irak «pourrait envisager» le retour des inspecteurs de l'ONU
Johannesburg — Soumis à de multiples pressions, américaines mais aussi européennes, le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a déclaré hier que son pays «pourrait envisager» un retour des inspecteurs en désarmement de l'ONU «à l'occasion d'un règlement global», et a annoncé une rencontre aujourd'hui avec le chef de l'ONU Kofi Annan.
La Maison-Blanche a immédiatement exprimé des doutes sur la sincérité de ces propositions irakiennes. La Russie a quant à elle réitéré son opposition à une «solution militaire» en Irak, laissant entendre qu'elle opposerait son veto si le Conseil de sécurité des Nations unies était appelé à donner son feu vert à une telle opération.
«Demain, je vais parler avec le secrétaire général. La question [des inspecteurs] n'est pas le seul problème. Les sanctions, l'agression continue, les menaces de guerre, tous ces problèmes sont sur la table», a déclaré le vice-premier ministre irakien depuis Johannesburg où se tient le sommet de la Terre. «Il faut que nous réglions tous les problèmes de manière exhaustive. Il n'y a pas de crise entre l'Irak et les Nations unies. Il y a un problème avec les Américains, c'est ça le fond de l'affaire», a ajouté Tarek Aziz, qui a par ailleurs appelé la communauté internationale à «se mobiliser contre la nouvelle agression» dont les États-Unis menacent l'Irak.
Selon un porte-parole des Nations unies, son entretien avec Kofi Annan est prévu ce matin.
«Une histoire différente»
Ari Fleischer, le porte-parole de la Maison-Blanche, a accueilli avec détachement les déclarations de Tarek Aziz. «Chaque jour, vous avez une histoire différente sur l'Irak. [Les Irakiens] n'ont pas une tradition de fiabilité», a-t-il affirmé lors d'un déplacement du président américain George W. Bush, à Neville Island (Pennsylvanie).
À Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, après s'être entretenu avec son homologue irakien, Naji Sabri, a réaffirmé son opposition à une intervention militaire américaine, estimant qu'elle «compliquerait non seulement le problème irakien, mais aussi la situation dans tout le Proche-Orient».
Interrogé sur la réaction de Moscou dans le cas où le Conseil de sécurité des Nations unies serait appelé à donner son feu vert à des frappes contre l'Irak, M. Ivanov a déclaré espérer «qu'un veto de la Russie ne serait pas nécessaire». L'Irak a de nouveau démenti qu'il détenait des armes de destruction massive, et ouvert hier aux journalistes une de ses usines soupçonnées par Washington de produire des substances nucléaires, située dans la localité d'Al-Qaïm, à 500 km à l'ouest de Bagdad, à la frontière avec la Syrie.
Et plusieurs pays ont redit leur opposition à une opération militaire américaine contre l'Irak.
Le chef du régime militaire pakistanais Pervez Musharraf a ainsi déclaré qu'il n'aimerait «pas du tout» que le Pakistan soit impliqué dans une éventuelle opération militaire en Irak, faisant valoir qu'il avait «trop de choses sur les bras ici [au niveau] interne et régional».
Les inspecteurs de l'ONU ont quitté l'Irak en décembre 1998.
Parallèlement aux dernières déclarations de M. Aziz, Bagdad a lancé une offensive diplomatique en direction de l'Europe, après que plusieurs capitales européennes eurent exprimé leur opposition à une action militaire préventive et unilatérale américaine, et se furent prononcées en faveur d'une solution par l'intermédiaire du Conseil de sécurité.
La Maison-Blanche a immédiatement exprimé des doutes sur la sincérité de ces propositions irakiennes. La Russie a quant à elle réitéré son opposition à une «solution militaire» en Irak, laissant entendre qu'elle opposerait son veto si le Conseil de sécurité des Nations unies était appelé à donner son feu vert à une telle opération.
«Demain, je vais parler avec le secrétaire général. La question [des inspecteurs] n'est pas le seul problème. Les sanctions, l'agression continue, les menaces de guerre, tous ces problèmes sont sur la table», a déclaré le vice-premier ministre irakien depuis Johannesburg où se tient le sommet de la Terre. «Il faut que nous réglions tous les problèmes de manière exhaustive. Il n'y a pas de crise entre l'Irak et les Nations unies. Il y a un problème avec les Américains, c'est ça le fond de l'affaire», a ajouté Tarek Aziz, qui a par ailleurs appelé la communauté internationale à «se mobiliser contre la nouvelle agression» dont les États-Unis menacent l'Irak.
Selon un porte-parole des Nations unies, son entretien avec Kofi Annan est prévu ce matin.
«Une histoire différente»
Ari Fleischer, le porte-parole de la Maison-Blanche, a accueilli avec détachement les déclarations de Tarek Aziz. «Chaque jour, vous avez une histoire différente sur l'Irak. [Les Irakiens] n'ont pas une tradition de fiabilité», a-t-il affirmé lors d'un déplacement du président américain George W. Bush, à Neville Island (Pennsylvanie).
À Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, après s'être entretenu avec son homologue irakien, Naji Sabri, a réaffirmé son opposition à une intervention militaire américaine, estimant qu'elle «compliquerait non seulement le problème irakien, mais aussi la situation dans tout le Proche-Orient».
Interrogé sur la réaction de Moscou dans le cas où le Conseil de sécurité des Nations unies serait appelé à donner son feu vert à des frappes contre l'Irak, M. Ivanov a déclaré espérer «qu'un veto de la Russie ne serait pas nécessaire». L'Irak a de nouveau démenti qu'il détenait des armes de destruction massive, et ouvert hier aux journalistes une de ses usines soupçonnées par Washington de produire des substances nucléaires, située dans la localité d'Al-Qaïm, à 500 km à l'ouest de Bagdad, à la frontière avec la Syrie.
Et plusieurs pays ont redit leur opposition à une opération militaire américaine contre l'Irak.
Le chef du régime militaire pakistanais Pervez Musharraf a ainsi déclaré qu'il n'aimerait «pas du tout» que le Pakistan soit impliqué dans une éventuelle opération militaire en Irak, faisant valoir qu'il avait «trop de choses sur les bras ici [au niveau] interne et régional».
Les inspecteurs de l'ONU ont quitté l'Irak en décembre 1998.
Parallèlement aux dernières déclarations de M. Aziz, Bagdad a lancé une offensive diplomatique en direction de l'Europe, après que plusieurs capitales européennes eurent exprimé leur opposition à une action militaire préventive et unilatérale américaine, et se furent prononcées en faveur d'une solution par l'intermédiaire du Conseil de sécurité.
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