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L'opération «Tonnerre» contre la guérilla est lancée en Irak

Bagdad — Le gouvernement irakien a lancé hier l'opération Tonnerre, la plus importante jamais organisée à Bagdad par les forces de sécurité irakiennes, afin de mettre au pas la guérilla qui a tué hier au moins dix-neuf Irakiens et un soldat britannique.

«L'opération a débuté aujourd'hui [hier], les soldats vont bloquer les accès à Bagdad pour empêcher les terroristes de mener leurs activités dans la capitale. Il s'agit de réprimer les infrastructures terroristes», a déclaré un responsable du ministère de la Défense.

En début de soirée, le renforcement annoncé n'était guère visible dans la capitale irakienne, malgré la mise en place de barrages dans le nord et le sud de la ville et la fouille de plusieurs véhicules. Les autorités ont assuré que cette opération allait monter en puissance.

Les 40 000 soldats irakiens s'ajouteront aux 10 000 militaires américains déjà déployés dans la capitale. Ils diviseront Bagdad en sept secteurs, établiront plus de 600 postes de contrôle et fouilleront la ville quartier par quartier, avait expliqué jeudi le ministre de la défense Sadoun al-Doulaïmi.

Les autorités irakiennes cèdent ainsi à la pression des Américains, qui leur reprochent d'avoir tardé à former un gouvernement, et les pressent aujourd'hui de restaurer la confiance de la population.

L'armée américaine poursuit de son côté l'opération «Nouveau Marché» dans la province occidentale d'Anbar, bastion de la guérilla irakienne, espérant mettre fin à la résurgence de la violence qui a tué près de 700 personnes le mois dernier.

Un soldat britannique a été tué hier et plusieurs autres ont été blessés dans des circonstances encore confuses près d'Amara, dans le sud-est du pays, a annoncé le ministère britannique de la Défense.

Des hommes armés ont par ailleurs tendu une embuscade à une voiture transportant des soldats irakiens dans le sud de Bagdad, tuant six d'entre eux, selon la police.

Dans le nord du pays, un attentat à la voiture piégée près d'un convoi militaire américain a tué au moins deux Irakiens dans le ville de Touz Khourmatou, au sud de la ville pétrolière de Kirkouk, selon la police irakienne.

Des témoins ont affirmé que l'explosion avait également fait des victimes américaines, évacuées par hélicoptères, mais l'état-major américain n'a pas livré d'informations sur cette attaque suicide.

Deux autres voitures piégées ont explosé à Bagdad, l'une à un point de contrôle proche du ministère du Pétrole, l'autre visant une patrouille de police, tuant au total au moins six Irakiens, selon la police. Deux policiers sont morts dans un attentat similaire à Madaen, au sud-est de la capitale. La branche irakienne d'al-Qaïda a revendiqué sur Internet l'attentat près du ministère du Pétrole.

L'incertitude demeure quant au sort de Zarqaoui

Des échanges de tirs entre les insurgés et la police ont par ailleurs occasionné la mort de trois personnes dans l'ouest de Bagdad, dont deux policiers, a-t-on appris de source médicale.

La plus grande confusion entoure toujours le sort du Jordanien Abou Moussab al Zarqaoui, l'homme le plus recherché d'Irak, qui dirige «les représailles au projet inutile de bouclage de Bagdad», selon un communiqué diffusé hier sur un site Internet par la branche irakienne d'al-Qaïda.

«Nos brigades et nos escadrons se sont lancés dans une offensive dirigée par le cheikh des moudjahidines Abou Moussab al Zarkaoui, selon ses projets et sous sa supervision», peut-on lire dans ce communiqué, qui contredit les informations publiées dans la matinée par le Sunday Times.

Le quotidien britannique, citant un haut commandant de l'insurrection, écrit que Zarkaoui a été touché à la poitrine par un tir de missile américain à Kaïm, une ville du nord-ouest du pays, puis évacué en Iran.

«L'Iran est un pays clair et transparent, où de telles activités de couverture [des activistes] n'ont pas lieu», a cependant démenti Hamid Reza Asefi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Dans une interview accordée à la chaîne Fox News, le général Richard Myers, chef d'état-major de l'armée américaine, a pour sa part jugé crédibles les communiqués annonçant la blessure de Zarkaoui sur Internet, sans apporter d'autres précisions.

Le groupe de Zarkaoui est considéré comme l'un des plus actifs de l'insurrection irakienne, et la tête de son chef a été mise à prix 25 millions de dollars par les Américains.
 
 
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