Washington veut plus d'ouverture - L'étau démocratique se resserre sur l'Égypte
19 mai 2005
Actualités internationales
Le gouvernement égyptien, deuxième récipiendaire de l'aide étrangère américaine après Israël, est sous pression pour accélérer l'ouverture du système politique, et ce, aussi bien à Washington que dans les rues du Caire.
Hier, en recevant le premier ministre égyptien Ahmed Nazif, le président américain aurait exhorté ce pays «à continuer de progresser dans la voie d'élections libres avec une campagne véritable et la présence d'observateurs internationaux», selon le porte-parole de la Maison-Blanche.
La veille, alors même que M. Nazif rencontrait la secrétaire d'État Condoleezza Rice, les trois principaux partis d'opposition égyptiens, de même que les Frères musulmans, un groupe illégal mais toléré, avaient annoncé qu'ils boycotteraient mercredi prochain un référendum portant sur un amendement constitutionnel qui balisera l'élection présidentielle prévue en septembre prochain.
Cet amendement prévoit que le président sera élu au suffrage universel parmi plusieurs candidats et non plus choisi par le Parlement avant d'être approuvé par plébiscite comme c'était le cas jusque-là. C'est en vertu de ce système qu'Hosni Moubarak occupe la présidence depuis 1981.
L'opposition s'oppose aux nouvelles règles exigeant que les candidats indépendants recueillent les signatures de 250 élus (nationaux et locaux), dont 65 membres du Parlement bicaméral. Or le Parti national démocratique de M. Moubarak occupe 238 des 454 sièges des deux chambres du Parlement. Dans un communiqué conjoint, le Wafd (centriste), le Tagamu (marxiste) et le parti nassériste avaient également dénoncé mardi la mainmise du pouvoir sur les médias.
Hier, après sa rencontre avec George W. Bush, le premier ministre égyptien, un ingénieur de formation titulaire d'un doctorat de l'université McGill, a promis que l'élection serait «libre et équitable» lors d'un déjeuner devant le Council on Foreign Relations, reconnaissant que M. Bush lui avait «donné quelques conseils».
La question des observateurs internationaux reste néanmoins en suspens. Selon une traduction non officielle de propos tenus en arabe, M. Nazif a indiqué qu'elle n'avait pas été évoquée en détails mais que l'Égypte restait prête à en discuter.
M. Bush avait déjà appelé début mai à la présence d'observateurs en septembre, mais cette requête avait été rejetée par Gamal Moubarak, fils cadet du chef de l'État et président du «Haut Comité des politiques» du Parti national démocrate.
L'administration Bush fait de la promotion de la démocratie au Moyen-Orient l'un de ses chevaux de bataille et l'Égypte, qui reçoit annuellement environ 1,3 milliard en aide militaire et 800 millions en aide civile américaine, est, avec Israël, l'un des principaux alliés de Washington dans la région.
Ahmad Nazif a d'ailleurs indiqué hier que ses entretiens avaient aussi porté sur le conflit israélo-palestinien. «Nous estimons qu'il y a une vraie chance d'arriver à la paix, et nous devons aider tant les Israéliens que les Palestiniens à prendre les mesures nécessaires pour réaliser la première étape du processus permettant de restituer Gaza aux Palestiniens», a-t-il dit.
Dimanche, dans une entrevue au quotidien USA Today, Nazif a dit que «personne ne conteste l'appel [de Bush] à approfondir la démocratie [égyptienne] mais [que] c'est à nous de décider du rythme». Il avait également évoqué la possibilité de remplacer l'état d'urgence en vigueur depuis 24 ans par une loi moins draconienne calquée sur le Patriot Act américain.
Des centaines de personnes ont été arrêtées depuis le début de l'année en Égypte à la suite d'une vague de manifestations organisées tant par les Frères musulmans que par un nouveau mouvement contestataire appelé Kifaya («assez» en arabe), mouvement qui regroupe des personnes de différents courants politiques et dénonce l'autoritarisme et la corruption dans le pays.
Vendredi dernier, les juges égyptiens ont également menacé de refuser de jouer le rôle d'observateurs que le pouvoir souhaite les voir jouer lors de l'élection présidentielle, reprochant à celui-ci de s'être servi d'eux par le passé pour cautionner des élections truquées.
Hier, en recevant le premier ministre égyptien Ahmed Nazif, le président américain aurait exhorté ce pays «à continuer de progresser dans la voie d'élections libres avec une campagne véritable et la présence d'observateurs internationaux», selon le porte-parole de la Maison-Blanche.
La veille, alors même que M. Nazif rencontrait la secrétaire d'État Condoleezza Rice, les trois principaux partis d'opposition égyptiens, de même que les Frères musulmans, un groupe illégal mais toléré, avaient annoncé qu'ils boycotteraient mercredi prochain un référendum portant sur un amendement constitutionnel qui balisera l'élection présidentielle prévue en septembre prochain.
Cet amendement prévoit que le président sera élu au suffrage universel parmi plusieurs candidats et non plus choisi par le Parlement avant d'être approuvé par plébiscite comme c'était le cas jusque-là. C'est en vertu de ce système qu'Hosni Moubarak occupe la présidence depuis 1981.
L'opposition s'oppose aux nouvelles règles exigeant que les candidats indépendants recueillent les signatures de 250 élus (nationaux et locaux), dont 65 membres du Parlement bicaméral. Or le Parti national démocratique de M. Moubarak occupe 238 des 454 sièges des deux chambres du Parlement. Dans un communiqué conjoint, le Wafd (centriste), le Tagamu (marxiste) et le parti nassériste avaient également dénoncé mardi la mainmise du pouvoir sur les médias.
Hier, après sa rencontre avec George W. Bush, le premier ministre égyptien, un ingénieur de formation titulaire d'un doctorat de l'université McGill, a promis que l'élection serait «libre et équitable» lors d'un déjeuner devant le Council on Foreign Relations, reconnaissant que M. Bush lui avait «donné quelques conseils».
La question des observateurs internationaux reste néanmoins en suspens. Selon une traduction non officielle de propos tenus en arabe, M. Nazif a indiqué qu'elle n'avait pas été évoquée en détails mais que l'Égypte restait prête à en discuter.
M. Bush avait déjà appelé début mai à la présence d'observateurs en septembre, mais cette requête avait été rejetée par Gamal Moubarak, fils cadet du chef de l'État et président du «Haut Comité des politiques» du Parti national démocrate.
L'administration Bush fait de la promotion de la démocratie au Moyen-Orient l'un de ses chevaux de bataille et l'Égypte, qui reçoit annuellement environ 1,3 milliard en aide militaire et 800 millions en aide civile américaine, est, avec Israël, l'un des principaux alliés de Washington dans la région.
Ahmad Nazif a d'ailleurs indiqué hier que ses entretiens avaient aussi porté sur le conflit israélo-palestinien. «Nous estimons qu'il y a une vraie chance d'arriver à la paix, et nous devons aider tant les Israéliens que les Palestiniens à prendre les mesures nécessaires pour réaliser la première étape du processus permettant de restituer Gaza aux Palestiniens», a-t-il dit.
Dimanche, dans une entrevue au quotidien USA Today, Nazif a dit que «personne ne conteste l'appel [de Bush] à approfondir la démocratie [égyptienne] mais [que] c'est à nous de décider du rythme». Il avait également évoqué la possibilité de remplacer l'état d'urgence en vigueur depuis 24 ans par une loi moins draconienne calquée sur le Patriot Act américain.
Des centaines de personnes ont été arrêtées depuis le début de l'année en Égypte à la suite d'une vague de manifestations organisées tant par les Frères musulmans que par un nouveau mouvement contestataire appelé Kifaya («assez» en arabe), mouvement qui regroupe des personnes de différents courants politiques et dénonce l'autoritarisme et la corruption dans le pays.
Vendredi dernier, les juges égyptiens ont également menacé de refuser de jouer le rôle d'observateurs que le pouvoir souhaite les voir jouer lors de l'élection présidentielle, reprochant à celui-ci de s'être servi d'eux par le passé pour cautionner des élections truquées.
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