Le Togo vote dans un climat trouble
Des fraudes graves sont dénoncées par l'opposition
25 avril 2005
Actualités internationales
Lomé — Les Togolais ont voté en nombre hier pour élire un successeur au général Gnassingbé Eyadéma, dans un climat de tension, l'opposition radicale dénonçant dès avant la fin du scrutin des «fraudes massives» pour porter au pouvoir Faure Gnassingbé.
Fils du président décédé en février après 38 ans de pouvoir absolu, Faure Gnassingbé est le candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT — ex-parti unique, fondé par son père).
À Lomé, la capitale, des groupes de dizaines de jeunes gens se réclamant de l'opposition, certains armés de machettes et de gourdins, ont érigé dans la soirée des barricades et brûlé des pneus sur plusieurs artères pour protester contre «la fraude».
Le coordinateur de l'opposition, Me Yaowi Agboyibo a dénoncé des «fraudes graves et délibérées», et il a cité l'exemple d'une femme trouvée en possession de 767 cartes d'électeurs, qu'il a montrées.
«Les heures à venir vont être déterminantes», a-t-il dit. La population se mobilise, a-t-il affirmé, et «elle est déterminée à se battre».
L'élection, un scrutin majoritaire à un tour, se résumait en un duel entre le RPT et la coalition de l'opposition radicale. Un petit candidat de l'opposition modérée, Harry Olympio ne semblait pas en mesure de s'imposer.
Faure Gnassingbé, 39 ans, brièvement installé par l'armée à la tête de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest à la mort de son père, le 5 février, se trouvait donc face à Emmanuel Akitani Bob, 74 ans, candidat de la coalition de l'opposition, qui avait en vain réclamé un report du vote.
«Nous connaissons bien le système du RPT, mais on dirait qu'ils agissent comme si l'impunité était toujours garantie. Mais cela ne sera pas le cas», a déclaré Emmanuel Akitani Bob, en dénonçant des «bourrages d'urnes à grande échelle».
Plus tôt dans la journée, le candidat du RPT, avait, pour sa part, affiché sa sérénité, et s'était exprimé comme un futur président.
«Nous avons déjà remporté une première bataille: l'élection a eu lieu au moment prévu par la Constitution», a déclaré M. Gnassingbé, décontracté et vêtu d'une chemisette blanche, après avoir déposé son bulletin au bureau de vote du camp militaire RIT, dans le centre de Lomé, là où le général Eyadéma avait coutume de dormir et de voter.
Il a réaffirmé son intention de former un «gouvernement d'union et d'ouverture». «Si [l'opposition] parle de fraude, c'est peut-être qu'elle sent déjà qu'elle va perdre», a-t-il dit. «Je ne pense pas qu'il y aura explosion de violence parce que j'ai confiance dans les forces de sécurité.»
À Lomé, des tentatives de fraude ont été notées dans plusieurs bureaux, selon des témoins, impliquant des personnes trouvées en possession de plusieurs cartes d'électeurs ou de bulletins de vote pour le RPT. Les bureaux étaient surveillés par des observateurs du RPT et de l'opposition. Le risque d'affrontements à l'annonce des résultats a suscité les craintes de certains électeurs.
Le calme était toutefois au rendez-vous hier. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a même félicité les électeurs togolais pour le déroulement pacifique de l'élection. «Compte tenu des émotions intenses ressenties par les différents candidats et leurs partisans au cours d'une difficile campagne électorale, le secrétaire général loue le sens des responsabilités politique et civique manifesté par les dirigeants et la population», selon une déclaration du secrétaire général de l'ONU qui a été lue par son porte-parole Fred Eckhard.
Fils du président décédé en février après 38 ans de pouvoir absolu, Faure Gnassingbé est le candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT — ex-parti unique, fondé par son père).
À Lomé, la capitale, des groupes de dizaines de jeunes gens se réclamant de l'opposition, certains armés de machettes et de gourdins, ont érigé dans la soirée des barricades et brûlé des pneus sur plusieurs artères pour protester contre «la fraude».
Le coordinateur de l'opposition, Me Yaowi Agboyibo a dénoncé des «fraudes graves et délibérées», et il a cité l'exemple d'une femme trouvée en possession de 767 cartes d'électeurs, qu'il a montrées.
«Les heures à venir vont être déterminantes», a-t-il dit. La population se mobilise, a-t-il affirmé, et «elle est déterminée à se battre».
L'élection, un scrutin majoritaire à un tour, se résumait en un duel entre le RPT et la coalition de l'opposition radicale. Un petit candidat de l'opposition modérée, Harry Olympio ne semblait pas en mesure de s'imposer.
Faure Gnassingbé, 39 ans, brièvement installé par l'armée à la tête de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest à la mort de son père, le 5 février, se trouvait donc face à Emmanuel Akitani Bob, 74 ans, candidat de la coalition de l'opposition, qui avait en vain réclamé un report du vote.
«Nous connaissons bien le système du RPT, mais on dirait qu'ils agissent comme si l'impunité était toujours garantie. Mais cela ne sera pas le cas», a déclaré Emmanuel Akitani Bob, en dénonçant des «bourrages d'urnes à grande échelle».
Plus tôt dans la journée, le candidat du RPT, avait, pour sa part, affiché sa sérénité, et s'était exprimé comme un futur président.
«Nous avons déjà remporté une première bataille: l'élection a eu lieu au moment prévu par la Constitution», a déclaré M. Gnassingbé, décontracté et vêtu d'une chemisette blanche, après avoir déposé son bulletin au bureau de vote du camp militaire RIT, dans le centre de Lomé, là où le général Eyadéma avait coutume de dormir et de voter.
Il a réaffirmé son intention de former un «gouvernement d'union et d'ouverture». «Si [l'opposition] parle de fraude, c'est peut-être qu'elle sent déjà qu'elle va perdre», a-t-il dit. «Je ne pense pas qu'il y aura explosion de violence parce que j'ai confiance dans les forces de sécurité.»
À Lomé, des tentatives de fraude ont été notées dans plusieurs bureaux, selon des témoins, impliquant des personnes trouvées en possession de plusieurs cartes d'électeurs ou de bulletins de vote pour le RPT. Les bureaux étaient surveillés par des observateurs du RPT et de l'opposition. Le risque d'affrontements à l'annonce des résultats a suscité les craintes de certains électeurs.
Le calme était toutefois au rendez-vous hier. Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a même félicité les électeurs togolais pour le déroulement pacifique de l'élection. «Compte tenu des émotions intenses ressenties par les différents candidats et leurs partisans au cours d'une difficile campagne électorale, le secrétaire général loue le sens des responsabilités politique et civique manifesté par les dirigeants et la population», selon une déclaration du secrétaire général de l'ONU qui a été lue par son porte-parole Fred Eckhard.
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