L'IRA est priée de dire adieu aux armes
7 avril 2005
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Les soeurs de Robert McCartney, poignardé l’hiver dernier par des éléments incontrôlés de l’IRA, réclament que les responsables soient traduits en justice.
Belfast — Gerry Adams, le chef de l'aile politique de l'IRA, a appelé hier la principale organisation clandestine irlandaise à faire taire ses armes de façon définitive pour le succès du processus de paix.
M. Adams, président du Sinn Féin, a assuré devant la presse que la lutte de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) pour l'unification politique de l'île d'Irlande pouvait «désormais être menée par d'autres moyens».
«Par le passé, j'ai défendu le droit de l'IRA à avoir recours à la lutte armée, a dit Gerry Adams. Je l'ai fait parce qu'il n'y avait aucune autre solution pour ceux qui refusaient d'être mis à genoux et voulaient faire face à l'oppression.»
«Maintenant, il y a une solution», a-t-il souligné, entouré des élus de son parti, à Belfast, faisant allusion à un processus de paix en panne depuis près de trois ans.
«Pour aller de l'avant, il faut bâtir un soutien politique pour nos objectifs républicains et démocratiques à travers l'Irlande», a-t-il ajouté, rendant hommage au courage des militants de l'IRA.
«Je veux me servir de cette occasion pour appeler les chefs de l'IRA à accepter pleinement cette solution», a affirmé M. Adams, préparant clairement son mouvement à la mise hors circuit de l'IRA, sept ans après les accords de paix du Vendredi saint.
Cette annonce sans précédent a aussitôt été saluée par Londres comme «un pas en avant» vers une approche exclusivement «démocratique et pacifique». Elle est survenue au premier jour de la campagne pour les élections législatives et municipales, fixées le 5 mai en Irlande du Nord comme dans le reste du Royaume-Uni. Le gouvernement britannique, qui fut l'une des cibles de l'IRA pendant 30 ans de conflit, a toutefois estimé que l'IRA serait jugée sur sa réponse à l'appel de M. Adams.
Dublin a observé la même prudence. L'annonce est «significative, mais nous devons évidemment attendre la réponse de l'IRA à cet appel», a déclaré le premier ministre irlandais Bertie Ahern, «car, pendant de nombreuses années, nous avons eu de faux espoirs».
Pour sa part, le chef du principal parti protestant nord-irlandais, Ian Paisley, a rejeté toute forme de négociation avec le parti de Gerry Adams. «Des paroles: voilà tout ce qu'on entend de temps en temps de la part de Gerry Adams, et des paroles qui ne sont que mensonges parce qu'elles flottent sur des rivières de sang dont la source est l'activité de l'IRA», a affirmé le révérend Paisley, chef des Démocrates unionistes.
L'IRA observe un cessez-le-feu depuis 1997, même si ses bavures criminelles sont devenues de plus en plus difficiles à justifier pour son aile politique, le Sinn Féin, devenu aux élections régionales de novembre 2003 le principal parti catholique nord-irlandais.
Le meurtre du catholique Robert McCartney, poignardé par des éléments incontrôlés de l'IRA dans la nuit du 30 au 31 janvier, a sérieusement entaché la réputation de l'organisation clandestine dans les fiefs catholiques. La famille de la victime réclame que les responsables soient traduits en justice.
Et cette affaire est survenue un mois après le cambriolage de la Northern Bank de Belfast, que les autorités britanniques et irlandaises ont attribué à l'IRA. Le butin représentait l'équivalent en livres de 38 millions d'euros, un record en Europe.
M. Adams, président du Sinn Féin, a assuré devant la presse que la lutte de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) pour l'unification politique de l'île d'Irlande pouvait «désormais être menée par d'autres moyens».
«Par le passé, j'ai défendu le droit de l'IRA à avoir recours à la lutte armée, a dit Gerry Adams. Je l'ai fait parce qu'il n'y avait aucune autre solution pour ceux qui refusaient d'être mis à genoux et voulaient faire face à l'oppression.»
«Maintenant, il y a une solution», a-t-il souligné, entouré des élus de son parti, à Belfast, faisant allusion à un processus de paix en panne depuis près de trois ans.
«Pour aller de l'avant, il faut bâtir un soutien politique pour nos objectifs républicains et démocratiques à travers l'Irlande», a-t-il ajouté, rendant hommage au courage des militants de l'IRA.
«Je veux me servir de cette occasion pour appeler les chefs de l'IRA à accepter pleinement cette solution», a affirmé M. Adams, préparant clairement son mouvement à la mise hors circuit de l'IRA, sept ans après les accords de paix du Vendredi saint.
Cette annonce sans précédent a aussitôt été saluée par Londres comme «un pas en avant» vers une approche exclusivement «démocratique et pacifique». Elle est survenue au premier jour de la campagne pour les élections législatives et municipales, fixées le 5 mai en Irlande du Nord comme dans le reste du Royaume-Uni. Le gouvernement britannique, qui fut l'une des cibles de l'IRA pendant 30 ans de conflit, a toutefois estimé que l'IRA serait jugée sur sa réponse à l'appel de M. Adams.
Dublin a observé la même prudence. L'annonce est «significative, mais nous devons évidemment attendre la réponse de l'IRA à cet appel», a déclaré le premier ministre irlandais Bertie Ahern, «car, pendant de nombreuses années, nous avons eu de faux espoirs».
Pour sa part, le chef du principal parti protestant nord-irlandais, Ian Paisley, a rejeté toute forme de négociation avec le parti de Gerry Adams. «Des paroles: voilà tout ce qu'on entend de temps en temps de la part de Gerry Adams, et des paroles qui ne sont que mensonges parce qu'elles flottent sur des rivières de sang dont la source est l'activité de l'IRA», a affirmé le révérend Paisley, chef des Démocrates unionistes.
L'IRA observe un cessez-le-feu depuis 1997, même si ses bavures criminelles sont devenues de plus en plus difficiles à justifier pour son aile politique, le Sinn Féin, devenu aux élections régionales de novembre 2003 le principal parti catholique nord-irlandais.
Le meurtre du catholique Robert McCartney, poignardé par des éléments incontrôlés de l'IRA dans la nuit du 30 au 31 janvier, a sérieusement entaché la réputation de l'organisation clandestine dans les fiefs catholiques. La famille de la victime réclame que les responsables soient traduits en justice.
Et cette affaire est survenue un mois après le cambriolage de la Northern Bank de Belfast, que les autorités britanniques et irlandaises ont attribué à l'IRA. Le butin représentait l'équivalent en livres de 38 millions d'euros, un record en Europe.
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