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Khartoum juge que la résolution de l'ONU viole sa souveraineté nationale

Khartoum — Le gouvernement soudanais a estimé hier que la résolution 1593 de l'ONU prévoyant que les personnes soupçonnées de crimes au Darfour soient jugées devant la Cour pénale internationale (CPI) était une violation de la souveraineté nationale.

«Le Conseil des ministres a conclu que la résolution est en contradiction avec la justice et l'objectivité et viole la souveraineté nationale», a déclaré le ministre de l'Information soudanais Abdel Bassit Sabdarat à l'issue d'une réunion du cabinet présidée par le chef de l'État Omar al-Béchir.

Le cabinet considère la résolution comme étant «politique et non juridique et estime qu'elle ne contribue pas à résoudre» le problème, mais qu'«au contraire, elle donnera aux rebelles un faux signal pour qu'ils continuent [sur la voie de] leur entêtement», a ajouté le porte-parole.

Lors de sa réunion, le Conseil des ministres a formé un comité dirigé par le président Omar al-Béchir et regroupant plusieurs ministres et hauts responsables pour «faire le suivi des retombées diplomatiques et juridiques de la résolution du Conseil de sécurité», a déclaré M. Sabdarat.

Le cabinet a également décidé de lancer «une grande campagne diplomatique» pour clarifier sa position concernant la résolution. Le conseil a donné des instructions aux comités mis sur pied pour enquêter sur les violations des droits de l'homme et des crimes de guerre au Darfour de «continuer leur tâche», a-t-il poursuivi.

«Aucune impunité ne sera offerte à une personne ou à un responsable dont ils serait prouvé qu'il impliqué dans les crimes au Darfour», a affirmé M. Sabdarat, qui a ajouté: «Nous avons refusé de remettre les suspects, car nous sommes convaincus de la compétence du système judiciaire soudanais pour les juger».

M. Béchir a «juré» samedi qu'il ne livrerait jamais aucun Soudanais à une juridiction étrangère.

Le texte de la résolution 1593, adoptée jeudi par 11 voix sur 15, avec quatre abstentions (Algérie, Brésil, Chine et États-Unis), permet à la CPI de La Haye de poursuivre les responsables de meurtres, de viols ou de pillages au Darfour. Selon l'ONU, quelque 180 000 personnes sont mortes du fait de la guerre civile déclenchée au Darfour en février 2003 ou de ses suites.

Khartoum est accusée d'avoir sévèrement réprimé la révolte des populations d'origine africaine de cette région désertique grande comme la France en lançant contre elles les Djandjawid, milices progouvernementales d'origine arabe dont les crimes sont largement avérés.
 
 
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