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La mission de l'ONU en Haïti a échoué, selon un rapport

Rio de Janeiro — La Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah), sous le commandement du Brésil, «a peu fait» pour stabiliser le pays et réduire les violations des droits de l'homme, d'après un rapport qui sera présenté simultanément dans trois pays hier.

Le document de 112 pages critiquant durement le travail de la Minustah, déployée le 1er juin 2004, a été élaboré par le programme des droits de l'homme de la faculté de droit de l'Université de Harvard et par l'organisation non gouvernementale Justicia Global.

La Minustah, envoyée en juin dernier dans l'île des Caraïbes, trois mois après le renversement du président Jean-Bertrand Aristide, «a peu contribué à la stabilisation, à la protection de la population ou à freiner les violations des droits de l'homme», dit le rapport qui sera présenté à Rio, à Londres et à Boston (siège de Harvard).

Le texte intitulé Maintien de la paix en Haïti? documente les «failles» de la Minustah dans trois secteurs de compétence de son mandat: désarmement et démobilisation des troupes, processus démocratique et sauvegarde des droits de l'homme.

«Le rôle de la Minustah a été très mauvais dans ces trois domaines», a déclaré à l'AFP James Cavallaro, coordonnateur du rapport.

Cavallaro, qui s'est rendu en Haïti avec son équipe deux fois, en octobre 2004 et en janvier 2005, a affirmé que la mission de l'ONU dirigée par le général brésilien Augusto Heleno «n'a pas exercé pleinement le mandat dicté par l'ONU».

«Le désarmement est la colonne vertébrale des opérations de paix. Il y a un mois, il n'y avait pas de plan de désarmement. La Minustah désarmait les membres du parti Lavalas [de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide] et apportait son soutien logistique à la politique nationale», a critiqué Cavallaro.

Le parti Lavalas, selon lui, «est la plus grande force politique d'Haïti et n'a pas été inclus dans le processus démocratique» qui doit déboucher sur une élection présidentielle au second semestre 2005.
 
 
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