La Grande-Bretagne n'est pas intéressée à renverser Saddam Hussein
Le ministre des Affaires étrangères souhaite plutôt le retour des inspecteurs de l'ONU
Photo : Agence Reuters
Le président George W. Bush est toujours à la recherche d’appuis à sa campagne contre l’Irak.
Londres — La Grande-Bretagne, plus fidèle alliée de la diplomatie américaine, s'est sensiblement démarquée de Washington hier sur la question de l'Irak, affirmant ne vouloir pour sa part que le retour des inspecteurs de l'ONU dans ce pays.
Alors que le président des États-Unis, George W. Bush, avait encore répété la veille que sa priorité était «un changement de régime» en Irak, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a estimé hier que la principale menace résidait dans la capacité supposée du président irakien Saddam Hussein de se procurer des armes de destruction massive.
«Ce qui inquiète tout le monde, [...] c'est notamment la menace que fait peser Saddam Hussein à la fois par son potentiel et par ses actions passées contre la sécurité de la région et la sécurité du monde», a déclaré Jack Straw sur les ondes de la BBC.
«Le meilleur moyen pour tenter de l'isoler et de réduire cette menace est le retour de missions d'inspection sur les armes, a-t-il ajouté. Le problème principal, ce sont les inspecteurs en désarmement.»
George W. Bush, en revanche, souhaite renverser Saddam Hussein car il craint que le président irakien n'utilise des armes de destruction massive contre les États-Unis et leurs alliés, ou n'en fournissent à des groupes terroristes.
Réticences européennes
Interrogé sur l'existence éventuelle d'une coalition internationale soutenant une éventuelle offensive militaire américaine contre l'Irak, Jack Straw n'a pas répondu directement.
«Ce qui existe, c'est un consensus international général contre ce que Saddam Hussein a fait et n'a pas réussi à faire en Irak», a-t-il dit.
«Nous devons admettre que l'offensive militaire demeure une option [...] en raison de la menace posée par Saddam Hussein. Mais s'il existe une autre manière de traiter cette menace, alors clairement la perspective d'une intervention militaire recule», a ajouté le secrétaire au Foreign Office.
Les réticences exprimées par la Grande-Bretagne s'ajoutent à l'opposition plus ou moins ouverte d'autres pays européens et arabes à une offensive militaire américaine contre l'Irak.
Mercredi, le chancelier allemand Gerhard Schroeder a affirmé que son opposition maintes fois exprimée à une guerre contre l'Irak trouvait un écho de plus en plus favorable à travers le monde, y compris aux États-Unis.
De fait, l'ancien secrétaire d'État républicain Lawrence Eagleburger a confié hier à CNN ses réticences devant une éventuelle opération contre l'Irak.
«Lorsqu'on n'a pas d'alliés avec soi, lorsqu'on n'a pas dit clairement ce qu'on fera une fois débarrassés de Saddam, en supposant qu'on puisse le chasser sans trop de dégâts, alors il faut prendre son temps. Je ne pense vraiment pas que ce soit actuellement un bon moment pour agir.»
Dans une interview paraissant dans le Westphaelischer Anzeiger, le nouveau ministre allemand de la Défense, Peter Struck, va plus loin encore que Schroeder en soulignant que «l'Allemagne n'est pas l'annexe des États-Unis» et que tant qu'il sera à son poste «pas un seul soldat allemand ne tombera dans une telle aventure même si cela fait grincer des dents à Washington».
Fin juillet, le président français, Jacques Chirac, avait déclaré qu'une intervention militaire «ne pourrait, le cas échéant, être justifiée que si elle était décidée par le Conseil de sécurité» des Nations unies.
Approches diplomatiques irakiennes
Les pays arabes ont également fait connaître leur opposition à une telle intervention. Le président égyptien, Hosni Moubarak, et le ministre syrien des Affaires étrangères, Farouk Chara, se sont rencontrés hier et auraient ainsi évoqué l'éventualité d'une intervention militaire américaine contre l'Irak, selon le quotidien égyptien proche du pouvoir Al-Ahram.
Pour sa part, le vice-président irakien, Taha Yassine Ramadan, a annoncé hier que Bagdad approcherait les pays arabes, musulmans et européens pour contrer les tentatives américaines d'obtenir un soutien à une intervention militaire.
Les États-Unis «envoient des émissaires dans certains pays arabes pour les forcer à s'opposer à l'Irak. Nous aussi, nous prenons des initiatives diplomatiques sur tous les fronts — arabes, musulmans et européens — et elles débuteront dans les prochains jours», a-t-il déclaré au journal arabophone international Ach Chark al Aoussat.
Le journal irakien As Saoura, organe du parti Baas au pouvoir, a par ailleurs accusé hier les États-Unis de vouloir déclencher une offensive militaire contre l'Irak pour faire main basse sur ses richesses pétrolières.
Alors que le président des États-Unis, George W. Bush, avait encore répété la veille que sa priorité était «un changement de régime» en Irak, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a estimé hier que la principale menace résidait dans la capacité supposée du président irakien Saddam Hussein de se procurer des armes de destruction massive.
«Ce qui inquiète tout le monde, [...] c'est notamment la menace que fait peser Saddam Hussein à la fois par son potentiel et par ses actions passées contre la sécurité de la région et la sécurité du monde», a déclaré Jack Straw sur les ondes de la BBC.
«Le meilleur moyen pour tenter de l'isoler et de réduire cette menace est le retour de missions d'inspection sur les armes, a-t-il ajouté. Le problème principal, ce sont les inspecteurs en désarmement.»
George W. Bush, en revanche, souhaite renverser Saddam Hussein car il craint que le président irakien n'utilise des armes de destruction massive contre les États-Unis et leurs alliés, ou n'en fournissent à des groupes terroristes.
Réticences européennes
Interrogé sur l'existence éventuelle d'une coalition internationale soutenant une éventuelle offensive militaire américaine contre l'Irak, Jack Straw n'a pas répondu directement.
«Ce qui existe, c'est un consensus international général contre ce que Saddam Hussein a fait et n'a pas réussi à faire en Irak», a-t-il dit.
«Nous devons admettre que l'offensive militaire demeure une option [...] en raison de la menace posée par Saddam Hussein. Mais s'il existe une autre manière de traiter cette menace, alors clairement la perspective d'une intervention militaire recule», a ajouté le secrétaire au Foreign Office.
Les réticences exprimées par la Grande-Bretagne s'ajoutent à l'opposition plus ou moins ouverte d'autres pays européens et arabes à une offensive militaire américaine contre l'Irak.
Mercredi, le chancelier allemand Gerhard Schroeder a affirmé que son opposition maintes fois exprimée à une guerre contre l'Irak trouvait un écho de plus en plus favorable à travers le monde, y compris aux États-Unis.
De fait, l'ancien secrétaire d'État républicain Lawrence Eagleburger a confié hier à CNN ses réticences devant une éventuelle opération contre l'Irak.
«Lorsqu'on n'a pas d'alliés avec soi, lorsqu'on n'a pas dit clairement ce qu'on fera une fois débarrassés de Saddam, en supposant qu'on puisse le chasser sans trop de dégâts, alors il faut prendre son temps. Je ne pense vraiment pas que ce soit actuellement un bon moment pour agir.»
Dans une interview paraissant dans le Westphaelischer Anzeiger, le nouveau ministre allemand de la Défense, Peter Struck, va plus loin encore que Schroeder en soulignant que «l'Allemagne n'est pas l'annexe des États-Unis» et que tant qu'il sera à son poste «pas un seul soldat allemand ne tombera dans une telle aventure même si cela fait grincer des dents à Washington».
Fin juillet, le président français, Jacques Chirac, avait déclaré qu'une intervention militaire «ne pourrait, le cas échéant, être justifiée que si elle était décidée par le Conseil de sécurité» des Nations unies.
Approches diplomatiques irakiennes
Les pays arabes ont également fait connaître leur opposition à une telle intervention. Le président égyptien, Hosni Moubarak, et le ministre syrien des Affaires étrangères, Farouk Chara, se sont rencontrés hier et auraient ainsi évoqué l'éventualité d'une intervention militaire américaine contre l'Irak, selon le quotidien égyptien proche du pouvoir Al-Ahram.
Pour sa part, le vice-président irakien, Taha Yassine Ramadan, a annoncé hier que Bagdad approcherait les pays arabes, musulmans et européens pour contrer les tentatives américaines d'obtenir un soutien à une intervention militaire.
Les États-Unis «envoient des émissaires dans certains pays arabes pour les forcer à s'opposer à l'Irak. Nous aussi, nous prenons des initiatives diplomatiques sur tous les fronts — arabes, musulmans et européens — et elles débuteront dans les prochains jours», a-t-il déclaré au journal arabophone international Ach Chark al Aoussat.
Le journal irakien As Saoura, organe du parti Baas au pouvoir, a par ailleurs accusé hier les États-Unis de vouloir déclencher une offensive militaire contre l'Irak pour faire main basse sur ses richesses pétrolières.
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