Irak : l'état d'urgence est prolongé
Photo : Agence Reuters
Deux soldats américains attendaient tranquillement la fin d’une tempête de sable hier, près du camp militaire de al-Asad.
Bagdad — La guérilla poursuit sans discontinuer sa campagne de violence en Irak, où 15 personnes ont été tuées hier, contraignant le gouvernement intérimaire à proroger de 30 jours la loi martiale qui lui confère des pouvoirs d'exception.
Bagdad a prorogé d'un mois la loi martiale, décrétée pour la première fois en novembre avant l'offensive américaine sur Fallouja et reconduit depuis. L'état d'urgence restera en vigueur au moins jusqu'au 31 mars.
Cette loi martiale autorise le gouvernement à imposer des couvre-feux, à fermer les frontières du pays et les aéroports et à effectuer des arrestations en dehors des procédures habituelles. Elle s'applique à l'ensemble du pays, à l'exception du Nord kurde.
L'attaque la plus sanglante s'est produite aux abords du ministère de l'Intérieur, dans le centre de Bagdad. Deux voitures piégées ont explosé près du bâtiment, tuant cinq policiers et faisant plusieurs blessés.
Alors que les tractations se poursuivent sur la formation du futur gouvernement issu des élections du 30 janvier, cette vague de violence incessante illustre les difficultés qui attendent la nouvelle administration, dont la tâche première sera de rétablir l'ordre.
Les coalitions chiite et kurde qui dominent l'Assemblée irakienne élue entamaient hier des discussions de fond sur la formation de l'exécutif, qui risquent d'achopper sur les revendications kurdes. «Ils [les Kurdes] nous présenteront leurs revendications aujourd'hui et l'Alliance les examinera», a déclaré M. Hakim, tête de la liste de l'Alliance unifiée irakienne (AUI), qui a obtenu 140 sièges sur 275 à l'assemblée.
Il a souligné que les entretiens mardi et mercredi du candidat de l'AUI au poste de premier ministre, Ibrahim Jaafari, avec les dirigeants de la liste kurde, arrivée en deuxième position avec 75 députés, avaient porté sur des questions générales.
Un haut responsable du CSRII, Hamid al-Bayati, a précisé que M. Jaafari a informé l'alliance kurde de la position de l'AUI sur les principaux postes: le président, les vice-présidents et le premier ministre.
La Constitution provisoire prévoit l'élection par les deux tiers des députés d'un conseil présidentiel de trois membres, qui choisit à l'unanimité le premier ministre, obligeant le groupe chiite à se liguer soit avec M. Allaoui, soit avec les Kurdes.
«Nous allons nous allier avec la partie qui acceptera, par écrit, les demandes kurdes», a déclaré M. Talabani, candidat à la présidence.
M. Barzani a résumé les revendications kurdes: «Il faut que la loi fondamentale soit la base de la Constitution permanente, qu'une solution soit trouvée à Kirkouk sur la base de l'article 58 de la première loi, que les forces des peshmergas soient maintenues, que les richesses [pétrolières] soient réparties de manière équitable et que soit retenu le principe du fédéralisme.»
Les responsables de l'AUI se sont montrés conciliants sur le fédéralisme et la Constitution, plus fermes sur la ville pétrolière de Kirkouk et évasifs sur le reste. «Nous suivrons dans la nouvelle Constitution les grandes lignes de la Loi fondamentale», a assuré M. Bayati. «Nous sommes convenus d'accepter le fédéralisme pour les Kurdes, mais c'est le fédéralisme pour tout l'Irak.»
En revanche, les dirigeants de l'Alliance chiite ont estimé que le règlement de la question de Kirkouk, d'où le régime de Saddam Hussein avait chassé des centaines de milliers de Kurdes pour les remplacer par des Arabes, relevait de la compétence de l'assemblée. Ils ne se sont pas prononcés explicitement sur les milices kurdes et le partage des ressources. Mais ils se sont déclarés confiants sur la conclusion d'un accord.
Bagdad a prorogé d'un mois la loi martiale, décrétée pour la première fois en novembre avant l'offensive américaine sur Fallouja et reconduit depuis. L'état d'urgence restera en vigueur au moins jusqu'au 31 mars.
Cette loi martiale autorise le gouvernement à imposer des couvre-feux, à fermer les frontières du pays et les aéroports et à effectuer des arrestations en dehors des procédures habituelles. Elle s'applique à l'ensemble du pays, à l'exception du Nord kurde.
L'attaque la plus sanglante s'est produite aux abords du ministère de l'Intérieur, dans le centre de Bagdad. Deux voitures piégées ont explosé près du bâtiment, tuant cinq policiers et faisant plusieurs blessés.
Alors que les tractations se poursuivent sur la formation du futur gouvernement issu des élections du 30 janvier, cette vague de violence incessante illustre les difficultés qui attendent la nouvelle administration, dont la tâche première sera de rétablir l'ordre.
Les coalitions chiite et kurde qui dominent l'Assemblée irakienne élue entamaient hier des discussions de fond sur la formation de l'exécutif, qui risquent d'achopper sur les revendications kurdes. «Ils [les Kurdes] nous présenteront leurs revendications aujourd'hui et l'Alliance les examinera», a déclaré M. Hakim, tête de la liste de l'Alliance unifiée irakienne (AUI), qui a obtenu 140 sièges sur 275 à l'assemblée.
Il a souligné que les entretiens mardi et mercredi du candidat de l'AUI au poste de premier ministre, Ibrahim Jaafari, avec les dirigeants de la liste kurde, arrivée en deuxième position avec 75 députés, avaient porté sur des questions générales.
Un haut responsable du CSRII, Hamid al-Bayati, a précisé que M. Jaafari a informé l'alliance kurde de la position de l'AUI sur les principaux postes: le président, les vice-présidents et le premier ministre.
La Constitution provisoire prévoit l'élection par les deux tiers des députés d'un conseil présidentiel de trois membres, qui choisit à l'unanimité le premier ministre, obligeant le groupe chiite à se liguer soit avec M. Allaoui, soit avec les Kurdes.
«Nous allons nous allier avec la partie qui acceptera, par écrit, les demandes kurdes», a déclaré M. Talabani, candidat à la présidence.
M. Barzani a résumé les revendications kurdes: «Il faut que la loi fondamentale soit la base de la Constitution permanente, qu'une solution soit trouvée à Kirkouk sur la base de l'article 58 de la première loi, que les forces des peshmergas soient maintenues, que les richesses [pétrolières] soient réparties de manière équitable et que soit retenu le principe du fédéralisme.»
Les responsables de l'AUI se sont montrés conciliants sur le fédéralisme et la Constitution, plus fermes sur la ville pétrolière de Kirkouk et évasifs sur le reste. «Nous suivrons dans la nouvelle Constitution les grandes lignes de la Loi fondamentale», a assuré M. Bayati. «Nous sommes convenus d'accepter le fédéralisme pour les Kurdes, mais c'est le fédéralisme pour tout l'Irak.»
En revanche, les dirigeants de l'Alliance chiite ont estimé que le règlement de la question de Kirkouk, d'où le régime de Saddam Hussein avait chassé des centaines de milliers de Kurdes pour les remplacer par des Arabes, relevait de la compétence de l'assemblée. Ils ne se sont pas prononcés explicitement sur les milices kurdes et le partage des ressources. Mais ils se sont déclarés confiants sur la conclusion d'un accord.
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