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Un demi-frère de Saddam capturé

La Syrie l'aurait remis à l'Irak en signe de bonne volonté

Bagdad — Le gouvernement irakien a annoncé la capture d'un demi-frère de Saddam Hussein, Sabaoui Ibrahim al-Hassan, ancien conseiller présidentiel soupçonné de financer l'insurrection, laquelle a perpétré hier de nouveaux attentats meurtriers à Hammam Alil et Mossoul dans le nord du pays.

Al-Hassan figurait en 36e position sur la liste des 55 dignitaires irakiens les plus recherchés par les forces américaines. Le gouvernement irakien par intérim n'a fourni aucune précision sur le lieu et les circonstances de son arrestation, intervenue tôt hier matin selon un responsable du renseignement au ministère de l'Intérieur.

L'ancien conseiller présidentiel, selon un communiqué du gouvernement, a été arrêté par les forces de sécurité irakiennes. D'après des responsables irakiens, Al-Hassan a été arrêté par les autorités syriennes qui l'ont remis à l'Irak en signe de bonne volonté.

«Les autorités syriennes, en raison de l'immense pression qui s'exerce sur elles, ont fait quelque chose au sujet d'Ibrahim», a assuré un haut responsable du gouvernement irakien ayant requis l'anonymat. «Avec autant de problèmes à régler en ce moment, les Syriens se sont montrés des partenaires de bonne volonté dans cette affaire, mais les Américains aussi ont été impliqués», a-t-il ajouté sans plus de détail.

Son arrestation a fait suite à l'assassinat le 14 février de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, ont ajouté ces responsables sous couvert de l'anonymat. Al-Hassan, disent-ils, a été livré aux autorités irakiennes avec 29 autres membres de l'ex-Parti Baas de Saddam Hussein, dont la branche syrienne est au pouvoir à Damas depuis 1963. Ils n'ont pas fourni de plus amples précisions.

Thaer al-Naqib, porte-parole du premier ministre par intérim Iyad Allaoui, a de son côté affirmé à la chaîne de télévision Al-Arabiya que «le criminel Sabaoui a été arrêté aux frontières entre la Syrie et l'Irak». Il s'est refusé à toute autre précision.

La tête d'Al-Hassan avait été mise à prix un million de dollars par les États-Unis. Le communiqué irakien accuse Al-Hassan d'avoir «tué et torturé» des Irakiens, soulignant qu'il a «participé à la préparation, la supervision et la mise en oeuvre de nombreux actes terroristes en Irak». On ignore pour le moment si les forces américaines, qui n'ont fait aucun commentaire, ont joué un rôle dans cette arrestation.

Sous le régime de Saddam Hussein, Sabaoui Ibrahim al-Hassan a dirigé le redouté Directoire général de sécurité, chargé en particulier de la répression des opposants, avant de devenir conseiller présidentiel jusqu'à la chute du régime en avril 2003.

Après sa capture, seuls 11 des 55 dignitaires les plus recherchés sont désormais toujours en fuite. Deux autres demi-frères de l'ex-raïs, Barzan et Watban, ont été capturés en avril 2003. Ils devraient être jugés devant le tribunal spécial irakien avec l'ancien président, lui même arrêté le 13 décembre 2003 par les forces américaines dans son fief de Takrit, dans le nord de l'Irak.

Les autorités irakiennes ont affirmé samedi qu'elles espéraient bientôt arrêter le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, représentant présumé d'al-Qaïda en Irak et accusé d'être un des chefs de l'insurrection, dont les attentats sont aujourd'hui quotidiens.

À Hammam Alil, localité située à 380 km au nord de Bagdad, une bombe a explosé dans le quartier général de la police, faisant cinq morts selon un responsable du principal hôpital de Mossoul. Quatre autres personnes, des policiers, ont été tués dans une embuscade lors d'une patrouille au sud de cette ville.

À Bagdad, des hommes armés ont attaqué des policiers dans le quartier d'Amiriya, faisant deux morts selon la police qui a par ailleurs retrouvé le cadavre d'une Irakienne, portant l'inscription «espionne» sur la poitrine.

À Latifiya, à 30 km au sud de Bagdad, ce sont quatre corps décapités qui ont été découverts par des soldats irakiens dans une ferme. Les victimes étaient membres du mouvement Badr affilié au Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (CSRII), principal groupe politique chiite du pays. Les quatre hommes avaient été enlevés samedi.

Deux soldats américains ont par ailleurs été tués et deux autres ont été blessés lors d'une embuscade à Bagdad. Samedi, le commandement américain avait annoncé le décès d'un Marine lors d'opérations dans le centre du pays.
 
 
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