Redéploiement syrien imminent au Liban
Kofi Annan somme Damas de se retirer avant avril
25 février 2005
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Des soldats syriens stationnés à Aley, au Liban, attendaient les ordres hier.
Beyrouth — La Syrie, soumise à une forte pression internationale pour cesser son hégémonie militaire et politique au Liban, se préparait hier à un redéploiement de ses troupes dans l'est de ce pays, a annoncé un ministre libanais.
Mais le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, accentuant encore la pression, a réclamé «un retrait syrien du Liban avant avril» en insistant que la résolution 1559 du Conseil de sécurité du 2 septembre 2004 prévoyait «un retrait total [...] et non un redéploiement».
M. Annan a averti que «le Conseil de sécurité pourrait prendre des mesures contre la Syrie si elle ne se conformait pas à la résolution» 1559 lors d'un entretien avec la chaîne de télévision al-Arabiya, dont le siège est à Dubaï.
Plus tôt dans la journée, le ministre libanais de la Défense, Abdel Rahim Mourad, a indiqué que «les autorités libanaises et syriennes ont décidé du sixième redéploiement des forces syriennes au Liban», ajoutant qu'il aura lieu «dans les heures à venir. Après ce redéploiement, toutes les forces syriennes seront dans la Békaa», a-t-il dit.
M. Mourad a précisé qu'après ce redéploiement, les autorités syriennes et libanaises devraient décider conjointement des prochaines étapes, conformément à l'accord de Taëf.
Signé en 1989, cet accord qui a mis fin à la guerre civile au Liban (1975-90) est volontairement ambigu sur le retrait total des troupes syriennes du Liban. Il ne parle ni de retrait ni d'un calendrier pour un tel retrait. Il évoque un accord mutuel pour fixer les effectifs des troupes syriennes et «la durée» de leur présence dans la Békaa, une formulation qui n'ouvre que théoriquement la voie à un retrait à terme.
Une équipe de trois experts chargée par M. Annan de s'informer sur l'évolution de l'enquête sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri est arrivée hier soir à Beyrouth.
Dirigée par l'Irlandais Peter Fitzgerald et comprenant des experts juridiques en médecine légiste et juridique, cette équipe doit présenter un rapport urgent sur les circonstances, les causes et les conséquences du meurtre de Rafic Hariri, tué le 14 février dans un attentat à Beyrouth.
Le ministre libanais de l'Information, Élie Ferzli, a déclaré à l'issue du conseil des ministres que la justice libanaise allait offrir sa contribution à l'équipe de l'ONU et coopérer avec elle.
L'État libanais a accepté la visite à Beyrouth de la mission de l'ONU tout en précisant qu'il se considérait comme le responsable de l'enquête alors que l'opposition insiste sur la nécessité de confier l'enquête à une commission internationale indépendante.
Épreuve de force
Le pouvoir prosyrien et l'opposition fourbissent leurs armes avant une épreuve de force lundi au Parlement, où sera posée la question de confiance contre le gouvernement.
Les députés de l'opposition ont annoncé leur détermination à obtenir la démission du gouvernement et réclamé le limogeage des chefs des services de sécurité, qu'ils accusent de servir d'instrument au maintien de la tutelle syrienne sur le Liban. Ils ont indiqué qu'ils allaient déposer lundi une motion de censure contre le gouvernement.
Selon des sources politiques, le gouvernement mise sur la majorité prosyrienne pour faire échec à cette motion de censure.
De son côté, l'opposition, qui dit disposer de 42 députés (sur 127), mise sur un renversement de tendance en raison de la pression populaire.
L'opposition a appelé au maintien de la mobilisation dans la rue. Depuis la mort de Rafic Hariri, les manifestations se sont transformées en des manifestations antisyriennes et contre le pouvoir libanais.
L'opposition, renforcée par l'appel des instances économiques à une grève générale lundi, a appelé à une marche aux flambeaux samedi soir dans le centre de Beyrouth et à une mobilisation dans la rue lundi, jour du débat parlementaire.
Mais le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, accentuant encore la pression, a réclamé «un retrait syrien du Liban avant avril» en insistant que la résolution 1559 du Conseil de sécurité du 2 septembre 2004 prévoyait «un retrait total [...] et non un redéploiement».
M. Annan a averti que «le Conseil de sécurité pourrait prendre des mesures contre la Syrie si elle ne se conformait pas à la résolution» 1559 lors d'un entretien avec la chaîne de télévision al-Arabiya, dont le siège est à Dubaï.
Plus tôt dans la journée, le ministre libanais de la Défense, Abdel Rahim Mourad, a indiqué que «les autorités libanaises et syriennes ont décidé du sixième redéploiement des forces syriennes au Liban», ajoutant qu'il aura lieu «dans les heures à venir. Après ce redéploiement, toutes les forces syriennes seront dans la Békaa», a-t-il dit.
M. Mourad a précisé qu'après ce redéploiement, les autorités syriennes et libanaises devraient décider conjointement des prochaines étapes, conformément à l'accord de Taëf.
Signé en 1989, cet accord qui a mis fin à la guerre civile au Liban (1975-90) est volontairement ambigu sur le retrait total des troupes syriennes du Liban. Il ne parle ni de retrait ni d'un calendrier pour un tel retrait. Il évoque un accord mutuel pour fixer les effectifs des troupes syriennes et «la durée» de leur présence dans la Békaa, une formulation qui n'ouvre que théoriquement la voie à un retrait à terme.
Une équipe de trois experts chargée par M. Annan de s'informer sur l'évolution de l'enquête sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri est arrivée hier soir à Beyrouth.
Dirigée par l'Irlandais Peter Fitzgerald et comprenant des experts juridiques en médecine légiste et juridique, cette équipe doit présenter un rapport urgent sur les circonstances, les causes et les conséquences du meurtre de Rafic Hariri, tué le 14 février dans un attentat à Beyrouth.
Le ministre libanais de l'Information, Élie Ferzli, a déclaré à l'issue du conseil des ministres que la justice libanaise allait offrir sa contribution à l'équipe de l'ONU et coopérer avec elle.
L'État libanais a accepté la visite à Beyrouth de la mission de l'ONU tout en précisant qu'il se considérait comme le responsable de l'enquête alors que l'opposition insiste sur la nécessité de confier l'enquête à une commission internationale indépendante.
Épreuve de force
Le pouvoir prosyrien et l'opposition fourbissent leurs armes avant une épreuve de force lundi au Parlement, où sera posée la question de confiance contre le gouvernement.
Les députés de l'opposition ont annoncé leur détermination à obtenir la démission du gouvernement et réclamé le limogeage des chefs des services de sécurité, qu'ils accusent de servir d'instrument au maintien de la tutelle syrienne sur le Liban. Ils ont indiqué qu'ils allaient déposer lundi une motion de censure contre le gouvernement.
Selon des sources politiques, le gouvernement mise sur la majorité prosyrienne pour faire échec à cette motion de censure.
De son côté, l'opposition, qui dit disposer de 42 députés (sur 127), mise sur un renversement de tendance en raison de la pression populaire.
L'opposition a appelé au maintien de la mobilisation dans la rue. Depuis la mort de Rafic Hariri, les manifestations se sont transformées en des manifestations antisyriennes et contre le pouvoir libanais.
L'opposition, renforcée par l'appel des instances économiques à une grève générale lundi, a appelé à une marche aux flambeaux samedi soir dans le centre de Beyrouth et à une mobilisation dans la rue lundi, jour du débat parlementaire.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

