Référendum sur le traité constitutionnel européen - Un «oui» espagnol massif
La mobilisation n'a pas été à la hauteur de cette déferlante
Madrid — Les électeurs espagnols qui se sont rendus aux urnes, hier, à l'occasion du référendum sur le traité constitutionnel européen, se sont prononcés en très large majorité en faveur du texte, mais la mobilisation n'a pas été à la hauteur de cette déferlante.
Après dépouillement de 83 % des bulletins, le «oui» obtenait 77 % des suffrages, tandis que le «non» était crédité de 17 %. Avec 42,4 %, la participation reste quant à elle nettement inférieure à celle des législatives européennes de juin (45,9 %).
Ce résultat pourrait affecter le prestige et la crédibilité du président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, qui avait personnellement invité les Espagnols à se mobiliser, craignant qu'une forte abstention à l'occasion de cette première consultation populaire au sein de l'Union ne donne un signal négatif, notamment en France et en Grande-Bretagne, où l'issue des référendums s'annonce beaucoup plus incertaine.
«Vous devez reconnaître la réalité», a lancé Angel Acebes, numéro deux du Parti populaire, principale formation de l'opposition, s'adressant à Zapatero. «Lorsque les Espagnols sont beaucoup plus nombreux à ne pas voter [...], il s'agit d'un échec pour celui qui a convoqué le référendum, c'est à dire le président du gouvernement», a-t-il ajouté.
Conscient de l'apathie de l'électorat, due à la fois à l'absence de suspense et au caractère consultatif du scrutin, le gouvernement avait fait savoir qu'il se satisferait d'une participation supérieure à un tiers de l'électorat.
Joaquim Almunia, commissaire européen aux Affaires monétaires, a quant à lui jugé cette participation «plus qu'acceptable».
Près de 35 millions d'inscrits étaient appelés à répondre à la question: «Approuvez-vous le traité établissant une constitution pour l'Europe?».
Mariano Rajoy, chef de file du Parti populaire qui appelait aussi à voter «oui», a une nouvelle fois dénoncé, hier, l'attitude des socialistes, responsables selon lui du manque d'intérêt des Espagnols.
Ce référendum «a été organisé précipitamment. Il n'y pas eu assez de publicité», a déploré Mariano Rajoy après avoir voté.
Malgré tout, en Espagne, pays qui a largement profité des subventions de Bruxelles depuis son adhésion en 1986, l'UE demeure pour beaucoup synonyme de croissance économique et les sondages laissaient entendre que seul un électeur sur 20 rejetterait la constitution.
«Je vais voter "oui"», affirmait devant un bureau de vote Raul Rodriguez, un avocat de 39 ans. «C'est un moment historique, même si nous ne le réalisons pas. Quand l'Europe parle d'une seule voix, c'est la puissance la plus forte du monde.»
En dépit de la faible participation, les tenants du «oui» espèrent que le résultat du scrutin espagnol aura un effet d'entraînement dans les autres États qui ont opté pour la voie référendaire, à commencer par le Portugal, qui se prononcera le 10 avril, suivi par la France, où le scrutin devrait avoir lieu «fin mai, début juin».
Appelé à entrer en vigueur le 1er novembre 2006, le traité constitutionnel européen, signé par les chefs d'État et de gouvernement le 29 octobre dernier à Rome, doit être ratifié par les Vingt-Cinq, par voie parlementaire ou référendaire.
À ce jour, trois pays l'ont ratifié: la Lituanie, la Hongrie et la Slovénie, qui avaient opté pour la ratification parlementaire, a priori moins risquée.
Reuters
Après dépouillement de 83 % des bulletins, le «oui» obtenait 77 % des suffrages, tandis que le «non» était crédité de 17 %. Avec 42,4 %, la participation reste quant à elle nettement inférieure à celle des législatives européennes de juin (45,9 %).
Ce résultat pourrait affecter le prestige et la crédibilité du président du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, qui avait personnellement invité les Espagnols à se mobiliser, craignant qu'une forte abstention à l'occasion de cette première consultation populaire au sein de l'Union ne donne un signal négatif, notamment en France et en Grande-Bretagne, où l'issue des référendums s'annonce beaucoup plus incertaine.
«Vous devez reconnaître la réalité», a lancé Angel Acebes, numéro deux du Parti populaire, principale formation de l'opposition, s'adressant à Zapatero. «Lorsque les Espagnols sont beaucoup plus nombreux à ne pas voter [...], il s'agit d'un échec pour celui qui a convoqué le référendum, c'est à dire le président du gouvernement», a-t-il ajouté.
Conscient de l'apathie de l'électorat, due à la fois à l'absence de suspense et au caractère consultatif du scrutin, le gouvernement avait fait savoir qu'il se satisferait d'une participation supérieure à un tiers de l'électorat.
Joaquim Almunia, commissaire européen aux Affaires monétaires, a quant à lui jugé cette participation «plus qu'acceptable».
Près de 35 millions d'inscrits étaient appelés à répondre à la question: «Approuvez-vous le traité établissant une constitution pour l'Europe?».
Mariano Rajoy, chef de file du Parti populaire qui appelait aussi à voter «oui», a une nouvelle fois dénoncé, hier, l'attitude des socialistes, responsables selon lui du manque d'intérêt des Espagnols.
Ce référendum «a été organisé précipitamment. Il n'y pas eu assez de publicité», a déploré Mariano Rajoy après avoir voté.
Malgré tout, en Espagne, pays qui a largement profité des subventions de Bruxelles depuis son adhésion en 1986, l'UE demeure pour beaucoup synonyme de croissance économique et les sondages laissaient entendre que seul un électeur sur 20 rejetterait la constitution.
«Je vais voter "oui"», affirmait devant un bureau de vote Raul Rodriguez, un avocat de 39 ans. «C'est un moment historique, même si nous ne le réalisons pas. Quand l'Europe parle d'une seule voix, c'est la puissance la plus forte du monde.»
En dépit de la faible participation, les tenants du «oui» espèrent que le résultat du scrutin espagnol aura un effet d'entraînement dans les autres États qui ont opté pour la voie référendaire, à commencer par le Portugal, qui se prononcera le 10 avril, suivi par la France, où le scrutin devrait avoir lieu «fin mai, début juin».
Appelé à entrer en vigueur le 1er novembre 2006, le traité constitutionnel européen, signé par les chefs d'État et de gouvernement le 29 octobre dernier à Rome, doit être ratifié par les Vingt-Cinq, par voie parlementaire ou référendaire.
À ce jour, trois pays l'ont ratifié: la Lituanie, la Hongrie et la Slovénie, qui avaient opté pour la ratification parlementaire, a priori moins risquée.
Reuters
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