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«Gaza et Bethléem d'abord» - Les radicaux palestiniens rejettent le dernier plan de retrait israélien

20 août 2002  Actualités internationales
Refus exprimé haut et fort à Rafah.
Photo : Agence Reuters
Refus exprimé haut et fort à Rafah.
Jérusalem — L'espoir suscité par l'accord israélo-palestinien «Gaza et Bethléem d'abord» semblait bien ténu hier, devant l'hostilité déclarée d'une grande partie des factions palestiniennes et aux réserves affichées par les proches du premier ministre israélien Ariel Sharon. Aux termes de ce plan, conclu dimanche à Tel Aviv entre le ministre israélien de la Défense, Benyamin Ben Eliezer, et le ministre palestinien de l'Intérieur, Abdelrazzak al-Yahya, l'armée israélienne devait commencer hier soir à se retirer progressivement de la bande de Gaza et de Bethléem, où les forces de police et de sécurité palestiniennes sont censées faire à nouveau régner l'ordre en réprimant les extrémistes.

Dans un bel ensemble, le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP) ont protesté hier qu'il n'était pas question de mettre fin à l'Intifada. «La résistance trouvera le moyen de poursuivre le combat sans se heurter à l'Autorité palestinienne», a déclaré un responsable du Hamas tandis qu'un dirigeant du Jihad islamique qualifiait de «coup de poker politique» la conclusion du plan de retrait.

Les analystes israéliens ne sont pas loin de penser la même chose.

Pour eux, ce nouveau plan de sécurité n'est ni plus ni moins qu'un «coup politique» du chef du parti travailliste Ben Eliezer pour se positionner, en vue des prochaines élections, comme un homme d'ouverture et de paix face à Ariel Sharon. S'il n'a pas empêché son ministre de la Défense de conclure «Gaza et Bethléem d'abord», le premier ministre israélien n'a en effet jamais caché son hostilité à ce plan. Dès hier d'ailleurs, le ministre israélien des Télécommunications a tenté de relativiser cet accord rebaptisé par certains «Fouad d'abord» (prénom d'origine de Ben Eliezer).

Selon Reuven Rivlin, l'armée «ne va pas quitter les territoires et continuera de lutter contre le terrorisme». «L'Autorité palestinienne devra faire la preuve qu'elle lutte contre le terrorisme. Il n'est pas question que l'effusion de sang juif continue», a dit ce ministre membre du Likoud, le parti d'Ariel Sharon.

Sur le terrain, les heurts continuent. Deux soldats israéliens et un Palestinien ont été blessés hier lors d'une brève incursion à Naplouse où l'armée a détruit un laboratoire de fabrication d'explosifs. Selon un journaliste de l'AFP sur place, les troupes israéliennes ont aussi dynamité un immeuble, avant de quitter la casbah. Un Palestinien de 13 ans a enfin été tué hier par un char près de Jénine, au nord de la Cisjordanie.

Les soldats israéliens ont quitté hier soir Bethléem et les localités voisines de Beit Sahour, Beit Jala et le camp de réfugiés de Dheishé dans le sud de la Cisjordanie, a annoncé la radio publique israélienne.

Le couvre-feu nocturne imposé sur ces localités par l'armée israélienne a été levé et la police palestinienne s'apprêtait à s'y déployer. Il n'y a plus de soldats israéliens à Bethléem et dans les localités voisines pour la première fois depuis le mois de juin, lorsque l'armée israélienne en avait pris le contrôle, a ajouté la radio.

Dans la soirée, une centaine de policiers palestiniens armés étaient arrivés à Bethléem pour prendre le contrôle de la ville dans le cadre d'un plan de retrait de l'armée israélienne, ont indiqué des responsables palestiniens.

Ces policiers en uniforme sont arrivés dans une dizaine de véhicules tout-terrain en provenance de Jéricho en Cisjordanie. Ils étaient regroupés autour du bâtiment du gouverneur de Bethléem, où des responsables des différents services de sécurité palestiniens, dont le chef du service de sécurité générale en Cisjordanie, le général Hadj Ismaël, étaient réunis, a-t-on ajouté de mêmes sources.

Israël a annoncé dimanche soir être convenu avec l'Autorité palestinienne de commencer aujourd'hui à mettre en oeuvre son plan de retrait graduel de ses troupes, en commençant par les villes de Gaza et Bethléem, «où les Palestiniens prendront en charge la sécurité pour réduire la violence et les opérations terroristes».
 
 
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