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Discussions sur le nucléaire iranien - Mise en garde des Européens adressée à Téhéran

9 février 2005  Actualités internationales
Genève — Les Européens ont décidé d'avertir l'Iran que certaines de ses activités pourraient contrevenir, au moins dans l'esprit, à son engagement de suspendre l'enrichissement de son uranium, ont indiqué hier des diplomates, pendant qu'avait lieu à Genève la première journée de discussions entre Iraniens et Européens sur le programme nucléaire iranien.

Ces discussions, entourées de la plus grande discrétion, doivent se poursuivre jusqu'à demain, au niveau des experts et des hauts fonctionnaires de l'Iran et de trois pays représentant l'Union européenne: la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.

Les trois pays européens «vont adresser une mise en garde aux Iraniens», a déclaré un diplomate proche des discussions, qui a requis l'anonymat. Il a rappelé que le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohammed el-Baradei avait «averti l'Iran dans deux lettres en décembre et en janvier» à propos des travaux menés par Téhéran sur des centrifugeuses. Celles-ci sont utilisées dans la production d'uranium enrichi, qui peut servir aussi bien au fonctionnement d'une centrale nucléaire qu'à la fabrication d'une bombe atomique.

Mais l'Iran a donné des signes d'impatience. «Notre condition à la poursuite des discussions est [qu'il y ait] un progrès. En conséquence, si les discussions ne font pas de progrès, nous ne sommes pas obligés de poursuivre», a déclaré le principal responsable du programme nucléaire iranien, Hassan Rohani.

À Bruxelles, le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, Javier Solana, a affirmé que les Européens étaient très sérieux dans ces négociations, tout en invitant les Iraniens à faire preuve du même sérieux.

Selon des diplomates, après avoir promis en novembre de suspendre toutes les activités relatives à l'enrichissement d'uranium, l'Iran a ensuite fait des travaux de maintenance sur des centrifugeuses situées dans un centre d'enrichissement d'uranium à Natanz, prélevant des pièces pour les mettre à l'épreuve dans un autre centre, à Faryand.

«Les travaux de maintenance sont tout à fait autorisés aux termes de l'accord sur la suspension [de l'enrichissement], mais pas les tests de contrôle de qualité, a expliqué le diplomate. Cela peut s'apparenter à une violation de l'accord de suspension, mais pas assez pour faire capoter les discussions.» Les Iraniens, a-t-il ajouté, se sont comportés de la sorte sur d'autres sujets délicats depuis que l'AIEA a commencé à surveiller leur programme nucléaire, il y a deux ans.

Selon un autre diplomate, l'Iran s'est aussi mis en faute en ne signalant pas immédiatement à l'AIEA la construction, dans une installation nucléaire à Ispahan, de tunnels servant à la transformation du minerai d'uranium en gaz utilisé pour enrichir l'uranium.

Les négociations de Genève font suite à deux séries de pourparlers qui se sont déroulés en décembre à Bruxelles et en janvier à Genève.
 
 
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