Actions syndicales - Exporter le modèle québécois
« Pas question de maraudage ou de guerre syndicale » à l'international
Les trois grandes centrales syndicales du Québec s'affairent encore davantage sur la scène internationale dans le courant actuel de la mondialisation. Celles-ci conduisent des projets principalement axés sur l'évolution et l'enrichissement réciproques de la vie syndicale, d'un continent à l'autre et dans plusieurs pays.
La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), au-delà de leurs intérêts divergents dans certains dossiers locaux, partagent un même esprit de solidarité et une volonté commune d'action en matière de coopération internationale.
Une CSN structurante
Responsable des relations internationales à titre d'adjoint au comité exécutif de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau assistait au 5e Forum social de Porto Alegre, où il a été rejoint. «Un certain nombre de syndicats investissent des sous dans un fonds humanitaire appelé "Alliance Tiers-Monde", qui sert à financer des projets; on parle d'Haïti, du tsunami ou de cuisines collectives dans des quartiers populaires en Argentine. Un débat a actuellement lieu à la CSN pour relancer ce fonds et en rehausser la contribution et le financement.» Il existe aussi une collaboration avec l'Agence canadienne de développement international (ACDI): «Il s'agit là de projets structurants, d'organisation syndicale à organisation syndicale. La très grande majorité des projets que nous avons appuyés et financés avec l'ACDI sont de nature syndicale. Par exemple, au Brésil, on a collaboré avec le mouvement des femmes et, au Chili, on a travaillé à des échanges d'expertise dans les deux sens.»
En outre, la Centrale a mis en place une ONG à laquelle elle participe grâce à l'apport de ses outils collectifs tels Bâti-Rente, le Fonds d'action et la Caisse d'économie des travailleurs. «C'est pour intervenir essentiellement sur les questions du financement responsable et des fonds des travailleurs. Ce projet n'est pas mené à terme mais il est en train de se développer, notament avec le Brésil.» La CSN est de plus affiliée à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et elle se sert de cette tribune pour débattre de sujets comme la mondialisation, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), etc.
Une FTQ militante
La FTQ est résolument engagée dans le syndicalisme international depuis maintenant 15 ans à la suite d'une entente avec le Congrès du travail du Canada, qui lui a délégué des responsabilités statutaires à ce chapitre. André Leclerc, directeur de la solidarité internationale à la Centrale, rapporte: «Notre engagement plus formel remonte à cette époque et nous avons alors concentré notre action surtout dans les pays d'Afrique francophone et du côté d'Haïti.» À l'image de la structure syndicale fortement décentralisée de la Fédération, l'international mobilise peu de personnel à la Centrale même: «La solidarité internationale se résume officiellement à une personne, mais on a mis sur pied un comité qui regroupe en la matière des représentants de différents syndicats affiliés. On essaie de plus en plus de travailler ensemble et en coordination, de bâtir des projets communs ou en partenariat.»
Il n'est pas question de rivaliser avec les organisations non gouvernementales (ONG) pour réaliser des projets de plus ou moins grande taille, et l'approche syndicale est constamment privilégiée: «Nos partenaires sont toujours des syndicats des pays en voie de développement auxquels on propose du soutien.» La FTQ s'est ainsi jointe aux responsables de l'éducation ouvrière en Afrique pour centrer les objectifs de l'éducation syndicale sur les militants eux-mêmes, par rapport à des changements sociaux et politiques qui commandaient un tel virage. Dans ce but, le mouvement s'est servi du modèle de formation qu'il a développé au cours des 30 dernières années. «On a des équipes de formateurs qui sont composées de travailleurs de la base. C'est assez unique dans le mouvement syndical et on connaît plusieurs syndicats européens qui ne possèdent pas de telles traditions.» Les militants africains se sont familiarisés depuis plus de dix ans avec ces méthodes, qui ont été adaptées à leur réalité.
Chaque fois que surviennent des catastrophes humanitaires semblables à celles qui se sont produites récemment en Haïti et dans l'Asie du Sud-Est, la Centrale mobilise ses syndicats affiliées.
Une CSQ syndicale
La CSQ axe la majeure partie de son action à l'échelle mondiale sur l'aspect syndical: «Compte tenu des moyens limités dont nous disposons dans ce secteur, laisse savoir Alain Pélissier, secrétaire-trésorier du conseil exécutif et porte-parole politique, l'approche que nous privilégions en est une de renforcement des capacités d'intervention des syndicats avec lesquels nous coopérons, ce qui ne nous empêche pas de contribuer à l'occasion à des campagnes humanitaires. Mais quand on parle de coopération dans le but d'obtenir des effets durables et à long terme, notre façon de faire consiste à passer par nos vis-à-vis, qui sont dans des pays généralement en voie de développement.»
La clientèle de ce grand syndicat influe elle aussi sur la nature des projets qu'il conduit: «On cible les enfants et le grand public en général, compte tenu que les membres de la CSQ travaillent à 99,9 % auprès du public, soit dans les écoles, les établissements de santé, les services sociaux, les garderies et tout cela. Quand on élabore des projets de coopération, on veut rejoindre les syndicats et ces gens-là.»
Pour répondre à ses aspirations sur le plan international, la Centrale dispose financièrement d'un fonds de solidarité destiné à soutenir des projets de coopération dans un environnement plus rapproché. Un autre fonds, à plus longue portée géographique, a été mis sur pied en collaboration avec Oxfam-Québec. «Actuellement, on en a deux en chantier, un en Palestine et l'autre au Niger. D'autres seront développés au fur et à mesure que les levées de fonds appropriés suivront.» De plus, la CSQ réalise des projets spécifiques de coopération avec d'autres organisations syndicales, comme celles de la France, par le biais d'un réseau créé il y a 15 ans et qui s'appelle le Comité syndical francophone d'éducation et de formation (CSFEF); leurs interventions se déroulent en Haïti et dans des pays de l'Afrique francophone. Depuis plusieurs années, la Centrale vit une expérience particulière au Viêtnam. Sur le plan des ressources humaines, une personne travaille à temps plein sur le dossier de l'international à la CSQ. D'autres coopérants bénévoles l'appuient dans sa tâche.
La Centrale ne dispose pas de fonds spécifiquement orientés vers l'aide humanitaire en cas de catastrophes naturelles. «On travaille alors avec Oxfam-Québec et les autres centrales. Dans de telles situations, il n'est pas question de maraudage ou de guerre syndicale.» Les 258 syndicats affiliés, qui sont autonomes, sont alors invités et incités à faire leur part et à suivre le chemin tracé par l'organisation centrale.
La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), au-delà de leurs intérêts divergents dans certains dossiers locaux, partagent un même esprit de solidarité et une volonté commune d'action en matière de coopération internationale.
Une CSN structurante
Responsable des relations internationales à titre d'adjoint au comité exécutif de la Confédération des syndicats nationaux, Jacques Létourneau assistait au 5e Forum social de Porto Alegre, où il a été rejoint. «Un certain nombre de syndicats investissent des sous dans un fonds humanitaire appelé "Alliance Tiers-Monde", qui sert à financer des projets; on parle d'Haïti, du tsunami ou de cuisines collectives dans des quartiers populaires en Argentine. Un débat a actuellement lieu à la CSN pour relancer ce fonds et en rehausser la contribution et le financement.» Il existe aussi une collaboration avec l'Agence canadienne de développement international (ACDI): «Il s'agit là de projets structurants, d'organisation syndicale à organisation syndicale. La très grande majorité des projets que nous avons appuyés et financés avec l'ACDI sont de nature syndicale. Par exemple, au Brésil, on a collaboré avec le mouvement des femmes et, au Chili, on a travaillé à des échanges d'expertise dans les deux sens.»
En outre, la Centrale a mis en place une ONG à laquelle elle participe grâce à l'apport de ses outils collectifs tels Bâti-Rente, le Fonds d'action et la Caisse d'économie des travailleurs. «C'est pour intervenir essentiellement sur les questions du financement responsable et des fonds des travailleurs. Ce projet n'est pas mené à terme mais il est en train de se développer, notament avec le Brésil.» La CSN est de plus affiliée à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et elle se sert de cette tribune pour débattre de sujets comme la mondialisation, l'Organisation mondiale du commerce (OMC), etc.
Une FTQ militante
La FTQ est résolument engagée dans le syndicalisme international depuis maintenant 15 ans à la suite d'une entente avec le Congrès du travail du Canada, qui lui a délégué des responsabilités statutaires à ce chapitre. André Leclerc, directeur de la solidarité internationale à la Centrale, rapporte: «Notre engagement plus formel remonte à cette époque et nous avons alors concentré notre action surtout dans les pays d'Afrique francophone et du côté d'Haïti.» À l'image de la structure syndicale fortement décentralisée de la Fédération, l'international mobilise peu de personnel à la Centrale même: «La solidarité internationale se résume officiellement à une personne, mais on a mis sur pied un comité qui regroupe en la matière des représentants de différents syndicats affiliés. On essaie de plus en plus de travailler ensemble et en coordination, de bâtir des projets communs ou en partenariat.»
Il n'est pas question de rivaliser avec les organisations non gouvernementales (ONG) pour réaliser des projets de plus ou moins grande taille, et l'approche syndicale est constamment privilégiée: «Nos partenaires sont toujours des syndicats des pays en voie de développement auxquels on propose du soutien.» La FTQ s'est ainsi jointe aux responsables de l'éducation ouvrière en Afrique pour centrer les objectifs de l'éducation syndicale sur les militants eux-mêmes, par rapport à des changements sociaux et politiques qui commandaient un tel virage. Dans ce but, le mouvement s'est servi du modèle de formation qu'il a développé au cours des 30 dernières années. «On a des équipes de formateurs qui sont composées de travailleurs de la base. C'est assez unique dans le mouvement syndical et on connaît plusieurs syndicats européens qui ne possèdent pas de telles traditions.» Les militants africains se sont familiarisés depuis plus de dix ans avec ces méthodes, qui ont été adaptées à leur réalité.
Chaque fois que surviennent des catastrophes humanitaires semblables à celles qui se sont produites récemment en Haïti et dans l'Asie du Sud-Est, la Centrale mobilise ses syndicats affiliées.
Une CSQ syndicale
La CSQ axe la majeure partie de son action à l'échelle mondiale sur l'aspect syndical: «Compte tenu des moyens limités dont nous disposons dans ce secteur, laisse savoir Alain Pélissier, secrétaire-trésorier du conseil exécutif et porte-parole politique, l'approche que nous privilégions en est une de renforcement des capacités d'intervention des syndicats avec lesquels nous coopérons, ce qui ne nous empêche pas de contribuer à l'occasion à des campagnes humanitaires. Mais quand on parle de coopération dans le but d'obtenir des effets durables et à long terme, notre façon de faire consiste à passer par nos vis-à-vis, qui sont dans des pays généralement en voie de développement.»
La clientèle de ce grand syndicat influe elle aussi sur la nature des projets qu'il conduit: «On cible les enfants et le grand public en général, compte tenu que les membres de la CSQ travaillent à 99,9 % auprès du public, soit dans les écoles, les établissements de santé, les services sociaux, les garderies et tout cela. Quand on élabore des projets de coopération, on veut rejoindre les syndicats et ces gens-là.»
Pour répondre à ses aspirations sur le plan international, la Centrale dispose financièrement d'un fonds de solidarité destiné à soutenir des projets de coopération dans un environnement plus rapproché. Un autre fonds, à plus longue portée géographique, a été mis sur pied en collaboration avec Oxfam-Québec. «Actuellement, on en a deux en chantier, un en Palestine et l'autre au Niger. D'autres seront développés au fur et à mesure que les levées de fonds appropriés suivront.» De plus, la CSQ réalise des projets spécifiques de coopération avec d'autres organisations syndicales, comme celles de la France, par le biais d'un réseau créé il y a 15 ans et qui s'appelle le Comité syndical francophone d'éducation et de formation (CSFEF); leurs interventions se déroulent en Haïti et dans des pays de l'Afrique francophone. Depuis plusieurs années, la Centrale vit une expérience particulière au Viêtnam. Sur le plan des ressources humaines, une personne travaille à temps plein sur le dossier de l'international à la CSQ. D'autres coopérants bénévoles l'appuient dans sa tâche.
La Centrale ne dispose pas de fonds spécifiquement orientés vers l'aide humanitaire en cas de catastrophes naturelles. «On travaille alors avec Oxfam-Québec et les autres centrales. Dans de telles situations, il n'est pas question de maraudage ou de guerre syndicale.» Les 258 syndicats affiliés, qui sont autonomes, sont alors invités et incités à faire leur part et à suivre le chemin tracé par l'organisation centrale.
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