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Vaste manifestation à Jérusalem contre un retrait de Gaza

Les manifestants ont scandé slogans et chants hostiles au retrait
Photo : Agence Reuters
Les manifestants ont scandé slogans et chants hostiles au retrait
Jérusalem — Des dizaines de milliers d'Israéliens hostiles au plan de désengagement de Gaza qu'Ariel Sharon veut mettre en oeuvre cette année ont manifesté hier soir à Jérusalem pour exiger la tenue d'un référendum sur le sujet.

Les manifestants, pour une bonne part des colons, se sont massés sur une avenue longeant le siège du parlement, la Knesset. Le dispositif policier avait été sensiblement renforcé aux abords des bureaux du Premier ministre, tout proches, et un hélicoptère survolait les manifestants.

Le plan de désengagement, qui prévoit le retrait de la totalité des colonies de la bande de Gaza et de quatre des 120 autres de Cisjordanie, laisse craindre des violences de la part des opposants au projet.

Les manifestants, dont une partie portait des chapeaux et des chemises ou maillots orange — la couleur d'une grande organisation de colons de Gaza — ont scandé slogans et chants hostiles au retrait.

«Expulser les Juifs, plus jamais!» et «La population a décidé que Sharon était mauvais pour les Juifs!», pouvait-on sur les banderoles des manifestants.

Selon des dirigeants des colons, il s'agissait de la plus importante manifestation de ce genre depuis que Sharon a annoncé son plan l'année dernière. Certains orateurs, dont des membres du Likoud d'Ariel Sharon, ont pris la parole devant une foule encline à acclamer leurs propos hostiles au plan.

Ainsi l'ancien ministre Benny Elon, limogé par Sharon après avoir voté contre le plan en pleine réunion gouvernementale, a appelé le premier ministre à démissionner: «Notre peuple est fidèle à sa terre et ne vous laissera pas l'en chasser!»

Le plan de désengagement, entériné en octobre dernier par le gouvernement, doit être soumis à l'approbation des députés en mars et il est prévu que le retrait commence cet été.

Si au vu des sondages une majorité d'Israéliens sont partisans d'un retrait de la bande de Gaza, des colons et plus largement les ultra-conservateurs ont averti que des heurts sérieux risquaient d'éclater entre les colons et les forces de sécurité au moment où le plan serait mis en oeuvre. Certains ont même appelé les militaires et les policiers à désobéir aux ordres de mise en application du retrait.

«Il est clair que cela ne se passera pas dans le calme», a déclaré Shalom Fleiser, venu de Tel Aviv. «Cette situation nous conduira au bord de la guerre civile», estimait pour sa part un colon cisjordanien.

Par ailleurs, à une dizaine de jours de la rencontre entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas, le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz a annoncé hier qu'Israël s'apprêtait à transférer le contrôle de plusieurs villes de Cisjordanie aux Palestiniensce transfert qui sera organisé «dans les prochains jours».

Au lendemain de sa rencontre avec Mohammed Dahlan, conseiller du président de l'Autorité palestinienne pour la sécurité, il a déclaré à la radio de l'armée israélienne que ce transfert de responsabilité, «déjà engagé dans la Bande de Gaza», avait été évoqué. «Dans les prochains jours, ils retrouveront le contrôle d'autres villes de Cisjordanie», a-t-il précisé.

Un responsable palestinien de la sécurité a indiqué sous couvert d'anonymat que la police palestinienne devrait se déployer dès mercredi dans les villes de Ramallah, Tulkarem, Kalkiliya et Jéricho. Des responsables des deux camps doivent se retrouver aujourd'hui pour affiner ce plan de redéploiement.

Huit mille colons juifs vivent dans la bande de Gaza, et plus de 230 000 colons sont établis en Cisjordanie.

Sur le terrain, un civil palestinien de 65 ans a été tué par des tirs de l'armée israélienne hier le long de la frontière entre l'Égypte et la Bande de Gaza, selon des responsables palestiniens. Tsahal a précisé que l'homme était entré dans une zone interdite, près d'un poste militaire, lorsque les soldats l'ont abattu.

Avec AP
 
 
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