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À Davos, optimisme sur le Proche-Orient, pitié pour l'Afrique

29 janvier 2005 | | Actualités internationales
Davos — L'espoir d'une paix au Proche-Orient et la volonté d'aider l'Afrique ont marqué hier les débats au Forum économique mondial de Davos (Suisse), qui accueillait aussi le chancelier allemand Gerhard Schröder, le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva et l'Ukrainien Viktor Iouchtchenko.

L'actrice américaine Sharon Stone a volé brièvement la vedette aux dirigeants politiques et aux hommes d'affaires réunis dans cette station de ski suisse. Intervenant lors d'un débat sur la «guerre contre la pauvreté», la star leur a littéralement fait les poches devant les caméras pour aider les enfants de Tanzanie, dont le sort l'avait «émue». Elle a offert spontanément 10 000 $ au président tanzanien Benjamin Mkapa puis a invité les autres participants à «faire équipe» avec elle. Résultat: un million de dollars en promesses de dons, pour lutter contre le sida et le paludisme.

Une illustration des propos du ministre britannique des Finances, Gordon Brown, lequel a estimé que les pays riches ne pourront plus ignorer désormais les pressions publiques en faveur d'un programme mondial de lutte contre la pauvreté. Ces exigences sont «si insistantes qu'aucun gouvernement, aucun homme politique, aucun dirigeant dans le monde ne peut plus se permettre de les ignorer», a déclaré Gordon Brown.

Le Proche-Orient a suscité l'espoir au cours des débats. «J'ai l'impression que le début d'une ère nouvelle est une nouvelle fois proche», a déclaré le vice-premier ministre israélien Shimon Peres, faisant part de son optimisme sur le résultat de la rencontre en préparation entre le premier ministre Ariel Sharon et le président palestinien Mahmoud Abbas. Cette réunion a été «bien préparée cette fois», a souligné M. Peres, estimant qu'«il n'y aura pas beaucoup de déceptions». M. Peres s'est déclaré «agréablement surpris» de la manière dont Mahmoud Abbas avait changé l'atmosphère depuis son arrivée au pouvoir.

Mais le Moyen-Orient reste «une poudrière», a rappelé le chancelier allemand Gerhard Schröder, dans un discours devant le Forum. «La dernière chose dont nous avons besoin est un conflit militaire dans la région.» Il se référait à la menace brandie par le président George Bush de recourir à la force pour contrer l'ambition de l'Iran de se doter de l'arme atomique.

M. Schröder a appuyé l'initiative de Gordon Brown, en faveur d'une facilité financière internationale qui doublerait l'aide internationale au développement. Ce faisant, il a mis sous l'éteignoir la proposition de Jacques Chirac de créer une taxe internationale sur les transactions financières ou les billets d'avion pour financer la lutte contre le sida.

Copieusement hué jeudi à son départ de Porto Alegre, où se tient le Forum social mondial (FSM), le président brésilien Lula a été beaucoup mieux accueilli à Davos où il a plaidé pour l'entrée de son pays au Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui permettrait selon lui de «démocratiser les Nations unies».
 
 
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