Succession du pape - Nouvelles messes basses
Oui, Jean-Paul II reprendra le chemin de Rome après sa visite en Pologne, assure le Vatican
17 août 2002
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Le pape Jean-Paul II à son arrivée hier à Cracovie: station terminus?
Jean-Paul II est revenu hier dans son pays natal, s'attachant aussitôt à démentir les rumeurs selon lesquelles il envisagerait d'y rester définitivement, renonçant à ses fonctions en raison de la maladie. Dans un discours prononcé à son arrivée à Cracovie, la ville où il s'est formé avant d'en devenir archevêque, le vieux pape a demandé à ses compatriotes de «prier pour que mon ministère apostolique soit fructueux et réponde à tous les espoirs».
Rome — Jean-Paul II n'a pas pris un aller simple pour Cracovie. À la veille du huitième périple de Karol Wojtyla sur sa terre natale depuis son accession au trône de saint Pierre en 1978, le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro Valls a tenu à assurer que le souverain pontife reprendra bien le chemin de Rome dès lundi soir: «Le programme du voyage inclut le discours d'au revoir le 19 août à 17h30 et son retour en Italie, le même jour, à 20h30», a précisé le chargé de la communication du Saint-Siège. Depuis plusieurs mois, l'hypothèse d'une retraite papale a pourtant dépassé le cadre des simples messes basses et rumeurs habituelles. Plusieurs responsables de la curie ont ouvertement évoqué la condition physique d'un pape fatigué, vieilli, usé et certains ont même envisagé une démission.
Dans cette éventualité, l'inscription au calendrier des voyages du «pape globe-trotter» d'une nouvelle étape polonaise, en plein mois d'août, a aussitôt fait penser à une station terminus. Originaire de Wadowice, à une cinquantaine de kilomètres de Cracovie, le pape pourrait ainsi revenir au milieu des siens, à proximité des montagnes des Tatras où jeune homme il avait l'habitude de partir en randonnée et se livrer à la méditation. C'est dans cette région également qu'il a pendant de longues années accompli son magistère avant que le conclave ne l'élise, en tant qu'archevêque de Cracovie, au fauteuil de 264e souverain pontife.
Athlète
En vertu de l'article 332 du droit canon, Jean-Paul II pourrait «renoncer» à sa fonction et rejoindre dans l'histoire vaticane le pape Célestin V, lequel — cas unique jusqu'à présent — avait démissionné à la fin du XIIIe siècle. À l'époque, les intrigues de la curie avaient poussé le successeur de saint Pierre à fuir Rome.
Pour Jean-Paul II, c'est un état de santé toujours plus précaire qui pourrait le pousser vers un retrait anticipé. S'il semble avoir bien surmonté son voyage marathon du mois dernier à Toronto à l'occasion de la Journée mondiale de la jeunesse, puis dans la foulée au Guatemala et au Mexique, l'octogénaire souffre toujours d'arthrose au genou droit et de la maladie de Parkinson.
Victime d'un attentat en 1981, il a également été opéré pour une tumeur, pour une appendicite, puis à la hanche, en 1994, à la suite d'une fracture du col du fémur. Celui que l'on surnommait autrefois «l'athlète de Dieu» est aujourd'hui contraint de s'appuyer sur une canne ou d'être transporté sur une estrade mobile et d'espacer ses interventions publiques. Son élocution est toujours plus difficile.
Il y a deux ans, le président de la conférence des évêques allemands, Karl Lehman, et le cardinal belge, Godfried Danneels, avaient évoqué ces problèmes médicaux avant d'être rappelés à l'ordre par Rome. En mai dernier, un nouveau pas a été franchi. Deux jours avant le 82e anniversaire de Jean-Paul II, le cardinal hondurien Oscar Andres Rodriguez Maradiaga a déclaré que «s'il devait constater qu'il ne peut plus assurer son ministère pour des raisons de santé, il aurait le courage de démissionner». Dans le même temps, le très influent cardinal allemand et préfet pour la congrégation de la Doctrine de la foi, Joseph Ratzinger, confirmait dans un hebdomadaire que «si le pape s'apercevait qu'il ne pouvait absolument plus continuer, alors certainement il démissionnerait». L'heure est-elle venue?
Officiellement, la question n'est pas à l'ordre du jour et personne n'exclut que les supputations sur la santé du pape soient motivées par des conflits de pouvoir au sein de la curie et les manoeuvres pour sa succession.
Voyages
De son côté, Jean-Paul II, dont les souffrances commencent à évoquer pour nombre de catholiques la Passion du Christ, a jusqu'à présent toujours écarté l'hypothèse d'une démission, se contentant d'indiquer de manière évasive qu'il gouvernera l'Église de Rome «aussi longtemps que Dieu le voudra». Devant des journalistes, il avait même par le passé ironisé: «Je ne saurais pas à qui présenter ma démission!» Une chose est sûre: entre une dédicace au sanctuaire de la Miséricorde de Kagiewniki, plusieurs rencontres politiques, une messe en plein air dans un parc de Cracovie ou encore un moment de recueillement sur la tombe de ses parents, le programme du pape n'a rien d'une promenade de santé. Joaquin Navarro Valls a par ailleurs rappelé que Jean-Paul II est attendu dans les prochains mois en Croatie et aux PhilippinesÉ
Rome — Jean-Paul II n'a pas pris un aller simple pour Cracovie. À la veille du huitième périple de Karol Wojtyla sur sa terre natale depuis son accession au trône de saint Pierre en 1978, le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro Valls a tenu à assurer que le souverain pontife reprendra bien le chemin de Rome dès lundi soir: «Le programme du voyage inclut le discours d'au revoir le 19 août à 17h30 et son retour en Italie, le même jour, à 20h30», a précisé le chargé de la communication du Saint-Siège. Depuis plusieurs mois, l'hypothèse d'une retraite papale a pourtant dépassé le cadre des simples messes basses et rumeurs habituelles. Plusieurs responsables de la curie ont ouvertement évoqué la condition physique d'un pape fatigué, vieilli, usé et certains ont même envisagé une démission.
Dans cette éventualité, l'inscription au calendrier des voyages du «pape globe-trotter» d'une nouvelle étape polonaise, en plein mois d'août, a aussitôt fait penser à une station terminus. Originaire de Wadowice, à une cinquantaine de kilomètres de Cracovie, le pape pourrait ainsi revenir au milieu des siens, à proximité des montagnes des Tatras où jeune homme il avait l'habitude de partir en randonnée et se livrer à la méditation. C'est dans cette région également qu'il a pendant de longues années accompli son magistère avant que le conclave ne l'élise, en tant qu'archevêque de Cracovie, au fauteuil de 264e souverain pontife.
Athlète
En vertu de l'article 332 du droit canon, Jean-Paul II pourrait «renoncer» à sa fonction et rejoindre dans l'histoire vaticane le pape Célestin V, lequel — cas unique jusqu'à présent — avait démissionné à la fin du XIIIe siècle. À l'époque, les intrigues de la curie avaient poussé le successeur de saint Pierre à fuir Rome.
Pour Jean-Paul II, c'est un état de santé toujours plus précaire qui pourrait le pousser vers un retrait anticipé. S'il semble avoir bien surmonté son voyage marathon du mois dernier à Toronto à l'occasion de la Journée mondiale de la jeunesse, puis dans la foulée au Guatemala et au Mexique, l'octogénaire souffre toujours d'arthrose au genou droit et de la maladie de Parkinson.
Victime d'un attentat en 1981, il a également été opéré pour une tumeur, pour une appendicite, puis à la hanche, en 1994, à la suite d'une fracture du col du fémur. Celui que l'on surnommait autrefois «l'athlète de Dieu» est aujourd'hui contraint de s'appuyer sur une canne ou d'être transporté sur une estrade mobile et d'espacer ses interventions publiques. Son élocution est toujours plus difficile.
Il y a deux ans, le président de la conférence des évêques allemands, Karl Lehman, et le cardinal belge, Godfried Danneels, avaient évoqué ces problèmes médicaux avant d'être rappelés à l'ordre par Rome. En mai dernier, un nouveau pas a été franchi. Deux jours avant le 82e anniversaire de Jean-Paul II, le cardinal hondurien Oscar Andres Rodriguez Maradiaga a déclaré que «s'il devait constater qu'il ne peut plus assurer son ministère pour des raisons de santé, il aurait le courage de démissionner». Dans le même temps, le très influent cardinal allemand et préfet pour la congrégation de la Doctrine de la foi, Joseph Ratzinger, confirmait dans un hebdomadaire que «si le pape s'apercevait qu'il ne pouvait absolument plus continuer, alors certainement il démissionnerait». L'heure est-elle venue?
Officiellement, la question n'est pas à l'ordre du jour et personne n'exclut que les supputations sur la santé du pape soient motivées par des conflits de pouvoir au sein de la curie et les manoeuvres pour sa succession.
Voyages
De son côté, Jean-Paul II, dont les souffrances commencent à évoquer pour nombre de catholiques la Passion du Christ, a jusqu'à présent toujours écarté l'hypothèse d'une démission, se contentant d'indiquer de manière évasive qu'il gouvernera l'Église de Rome «aussi longtemps que Dieu le voudra». Devant des journalistes, il avait même par le passé ironisé: «Je ne saurais pas à qui présenter ma démission!» Une chose est sûre: entre une dédicace au sanctuaire de la Miséricorde de Kagiewniki, plusieurs rencontres politiques, une messe en plein air dans un parc de Cracovie ou encore un moment de recueillement sur la tombe de ses parents, le programme du pape n'a rien d'une promenade de santé. Joaquin Navarro Valls a par ailleurs rappelé que Jean-Paul II est attendu dans les prochains mois en Croatie et aux PhilippinesÉ
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