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République démocratique du Congo - Les combats reprennent

Au moins 100 000 personnes ont été chassées de chez elles

Reuters   20 décembre 2004  Actualités internationales
Goma, République démocratique du Congo — Les combats ont repris hier entre l'armée régulière de la RDC et des soldats dissidents près de la ville de Kanyabayonga, dans l'est du pays, selon la mission de l'Onu (Monuc), qui parle d'au moins 100 000 personnes chassées de chez elles par les récents combats.

«Les combats ont repris vers 6h locales au nord de Kanyabayonga», a déclaré Iliane Nabaa, porte-parole de la mission de l'Onu au Congo. Les combats opposant des renforts de l'armée régulière au RCD-Goma, groupe armé soutenu par le Rwanda pendant la guerre civile congolaise et censé s'être intégré depuis dans les rangs de l'armée, ont commencé il y a une semaine mais avaient connu une accalmie ces derniers jours.

Des observateurs militaires ont vu au moins dix corps dans un état de décomposition avancée, a déclaré Jacqueline Chenard, porte-parole de l'Onu à Goma. «Il semble que la ligne de front passe actuellement à sept kilomètres au nord de Kanyabayonga», a-t-elle précisé.

Des combats étaient également signalés entre soldats dissidents et miliciens Mai-Mai favorables à Kinshasa autour de Nyabiondo, à 50 km au sud-ouest, a indiqué Chenard. Des délégués du gouvernement ont eu des entretiens dimanche à Goma avec des dirigeants locaux pour tenter d'apaiser la région.

La ville de Kanyabayonga était calme ces derniers jours et les familles déplacées, poussant devant elles leurs chèvres et portant leurs matelas, avaient commencé de revenir chez elles.

Mais, selon les Nations unies, bon nombre de personnes déplacées ne sont toujours pas revenues dans les maisons qu'elles ont fuies en raison des affrontements dans le Nord-Kivu, province recouverte par la jungle et riche en or, en diamants et en coltan, métal rare utilisé dans la fabrication des téléphones portables.

«Il semble qu'au moins 100 000 civils soient toujours déplacés mais la situation évolue à tel point qu'il est difficile d'être précis», explique Patrick LavandHomme, chef du Bureau de l'Onu pour la coordination des affaires humanitaires dans le Nord-Kivu.

Deux cent mille personnes ont peut-être été chassées au total de leurs lieux d'habitation entre Kanyabayonga et Lubero, à 70 km au nord, après le déclenchement des hostilités, a-t-il ajouté. À divers moments, toute la population établie entre ces deux villes a fui dans la brousse, mais une partie est sur le retour.

Le gouvernement de transition de la République démocratique du Congo cherche à imposer son autorité sur l'est du pays, en particulier sur le Nord-Kivu, toujours sous la coupe du RCD-Goma, organisation rebelle qui a conclu un accord de paix avec Kinshasa et dont les hommes ont été, sur le papier, intégrés à l'armée de RDC. Soucieux de reprendre la situation en main, Kinshasa a nommé mercredi le général Gabriel Amisi commandant des forces dans le Nord-Kivu, qui remplace un officier rappelé dans la capitale voici un mois. Des élections sont prévues en juin 2005 en RDC.

L'arrivée de renforts de troupes dans la région a déstabilisé la communauté d'origine rwandaise, qui redoute d'être attaquée par préjugé antirwandais. «Une fois de plus, les soldats déployés à l'est par Kinshasa font preuve de barbarie envers notre communauté», a déclaré Félicien Hitimana, dirigeant des groupes rwandophones de la province du Nord-Kivu, en faisant état d'arrestations arbitraires, de tortures et de meurtres. Kinshasa accuse le Rwanda d'avoir envoyé des troupes dans l'est de la RDC pour y combattre aux côtés des soldats dissidents, ce qu'a démenti Kigali.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande, a toutefois annoncé hier que son gouvernement ne menaçait plus d'envoyer des soldats au Congo pour y traquer des miliciens hutus. «Nous ne menacerons plus d'aller au Congo. C'est une menace qui pose des problèmes. Nous allons placer ce problème entre les mains de la communauté internationale», a dit Murigande à Reuters.
 
 
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