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Uribe décrète l'état d'urgence

Alvaro Uribe, présidant hier la réunion du conseil des ministres colombien.
Photo : Agence Reuters
Alvaro Uribe, présidant hier la réunion du conseil des ministres colombien.
Bogota — Le nouveau président colombien, Alvaro Uribe, a décrété hier l'état d'urgence en raison de la recrudescence des violences dans la guerre civile, qualifiées par le gouvernement de «régime de terreur».

Le président, dont l'investiture, mercredi, a été suivie d'une vague de violences qui ont tué au moins un centaine de personnes à travers la Colombie, a également décidé de créer un impôt extraordinaire visant à collecter 778,5 millions de dollars destinés au budget militaire.

«Le gouvernement a décidé cette nuit de déclarer l'état d'urgence», a dit à la presse le ministre de l'Intérieur et de la Justice, Fernando Londono, lors d'une conférence de presse à Bogotà.

Il n'a pas précisé ce que comporterait cette mesure. Mais il est affirmé dans le décret que l'état d'urgence n'impliquerait aucune suspension des garanties constitutionnelles. Les organisations de défense des droits de l'homme craignent toutefois que les libertés publiques ne fassent les frais de la décision gouvernementale.

Le décret expire après 90 jours, mais peut être renouvelé pour une période aussi longue.

Les mesures de crise, qui entrent en vigueur immédiatement, ont été annoncées aux premières heures d'hier à l'issue d'une réunion du gouvernement qui aura duré toute la journée de dimanche.

La ministre de la Défense, Marta Lucia Ramirez, a fait savoir que l'impôt extraordinaire servirait à la création de deux nouveaux bataillons d'élite mobiles, composés de 3000 soldats en tout, et de 10 000 nouveaux postes de policiers. Son collègue des Finances, Roberto Junguito, a précisé que l'État prélèverait une taxe de 1,2 % sur les propriétés foncières des franges aisées de la population et des grandes entreprises. Uribe, ancien gouverneur de droite âgé de 50 ans, a remporté dès le premier tour l'élection présidentielle du 26 mai. Partisan de la manière forte à l'encontre des rebelles marxistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), il avait promis de rétablir l'ordre en donnant notamment à l'armée les moyens d'agir.
 
 
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