Malgré la violence sans répit - Les Irakiens aux urnes le 30 janvier
La conférence sur l'avenir de l'Irak s'ouvre à Charm-el-Cheikh
Bagdad — Les premières élections générales multipartites en Irak depuis un demi-siècle ont été fixées hier au 30 janvier 2005, malgré la persistance des violences meurtrières dans le pays, surtout dans les villes sunnites.
La date du premier scrutin de l'après-Saddam Hussein a été annoncée à la veille de l'ouverture d'une Conférence internationale sur l'Irak à Charm el-Cheikh (Égypte), et alors que les grandes nations industrialisées ont décidé de réduire 80 % des 40 milliards de dollars de la dette de l'Irak au Club de Paris (encadré ci-contre).
«La Commission électorale a décidé à l'unanimité de choisir le 30 janvier comme date des élections», a indiqué à Bagdad le président de cette instance indépendante formée de huit Irakiens et d'un représentant de l'ONU, Abdel Hussein al-Hindaoui.
Après des décennies de règne du parti unique, le Baas, la commission a déjà autorisé 126 listes, dont 44 listes individuelles, sur un total de 198 présentées. La clôture du dépôt des listes a été fixée à aujourd'hui.
Quelque 14 millions d'Irakiens, y compris pour la première fois ceux de l'étranger, devront élire les 275 députés de l'Assemblée nationale transitoire dont la durée de vie sera de moins d'un an. Elle sera chargée de rédiger la Constitution permanente au plus tard le 15 août 2005, de contrôler l'exécutif et voter des lois.
Une fois la Constitution adoptée au cours d'un référendum prévu avant le 15 octobre suivant, de nouvelles élections auront lieu pour élire un Parlement.
Le 30 janvier, les Irakiens devront également désigner leurs représentants dans les 18 assemblées provinciales, et les Kurdes devront élire leur parlement régional.
Selon Adel al-Lami, chef de l'administration électorale, «trois ou quatre millions d'Irakiens se trouvent à l'étranger. Environ 120 000 voteront, uniquement pour l'Assemblée nationale mais pas pour les Assemblées provinciales ni pour le Parlement kurde».
Interrogé sur les appels au boycottage lancés par 47 formations, notamment sunnites, M. Hindaoui a répondu: «Je peux vous assurer, au nom de la commission, que tous les grands partis ont décidé de s'enregistrer.»
La décision d'aller de l'avant dans le processus politique a été prise malgré la violence sans répit dans le pays. sonnes ont été tuées à Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad, où l'armée américaine traque des rebelles, selon des sources hospitalières. L'armée américaine a indiqué que ses soldats y avaient tué trois civils irakiens, mais on ignorait si ces victimes faisaient partie du bilan hospitalier.
Au lendemain de la découverte de neuf corps de soldats irakiens tués par balles à Mossoul (nord), deux nouveaux cadavres d'Irakiens ont été retrouvés dans cette ville, la troisième d'Irak, où soldats américains et irakiens poursuivent leurs opérations contre les rebelles. À Fallouja (50 km à l'ouest de Bagdad), près de deux semaines après le lancement de son offensive, l'armée américaine rencontrait toujours quelques poches de résistance. Des officiers américains ont indiqué que «près de 20» chambres de tortures utilisées par les rebelles avaient été découvertes dans la ville.
Au sud de Bagdad, à Latifiya, de violents accrochages ont opposé des rebelles à des soldats américains et irakiens et 30 corps ont été retrouvés par des habitants près de cette ville.
Au nord de Bagdad, le corps d'un entrepreneur irakien tué par balles a été découvert à Balad. Deux personnes ont été tuées dans des accrochages entre insurgés et GI à Samarra, et deux camionneurs turcs ont été tués près de Baïji, ville où trois personnes ont péri dans des heurts entre rebelles et forces américaines.
Une note positive: le cousin du premier ministre irakien Iyad Allaoui, Ghazi Allaoui, enlevé à Bagdad le 10 novembre, a été libéré, selon le parti de M. Allaoui.
De son côté, la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a annoncé la libération de son correspondant à Fallouja, Abdel Kader Al-Saadi, détenu pendant 11 jours par l'armée américaine.
L'avenir de l'Irak ne se décidera pas seulement dans les urnes, mais aussi dans la station égyptienne de Charm el-Cheikh qui accueille aujourd'hui et demain une conférence internationale destinée à aider l'Irak à se reconstruire politiquement et économiquement. Le ministre canadien des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, participera au sommet sur l'Irak, aujourd'hui et demain, à Charm el-Cheikh, en Égypte. Cette rencontre importante réunit les ministres des Affaires étrangères du G8, de l'Irak et de ses pays voisins.
Le ministre Pettigrew fera une déclaration dans laquelle il précisera la position du Canada sur la transition politique de l'Irak, et soulignera la nécessité d'engager les pays voisins de l'Irak dans le processus de reconstruction. Il prévoit également tenir des rencontres bilatérales.
Par ailleurs, la présence à la même table des Américains et des Iraniens, sans être une première, est une occasion de renouer un dialogue entre deux pays qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis la révolution khomeiniste il y a 25 ans.
La date du premier scrutin de l'après-Saddam Hussein a été annoncée à la veille de l'ouverture d'une Conférence internationale sur l'Irak à Charm el-Cheikh (Égypte), et alors que les grandes nations industrialisées ont décidé de réduire 80 % des 40 milliards de dollars de la dette de l'Irak au Club de Paris (encadré ci-contre).
«La Commission électorale a décidé à l'unanimité de choisir le 30 janvier comme date des élections», a indiqué à Bagdad le président de cette instance indépendante formée de huit Irakiens et d'un représentant de l'ONU, Abdel Hussein al-Hindaoui.
Après des décennies de règne du parti unique, le Baas, la commission a déjà autorisé 126 listes, dont 44 listes individuelles, sur un total de 198 présentées. La clôture du dépôt des listes a été fixée à aujourd'hui.
Quelque 14 millions d'Irakiens, y compris pour la première fois ceux de l'étranger, devront élire les 275 députés de l'Assemblée nationale transitoire dont la durée de vie sera de moins d'un an. Elle sera chargée de rédiger la Constitution permanente au plus tard le 15 août 2005, de contrôler l'exécutif et voter des lois.
Une fois la Constitution adoptée au cours d'un référendum prévu avant le 15 octobre suivant, de nouvelles élections auront lieu pour élire un Parlement.
Le 30 janvier, les Irakiens devront également désigner leurs représentants dans les 18 assemblées provinciales, et les Kurdes devront élire leur parlement régional.
Selon Adel al-Lami, chef de l'administration électorale, «trois ou quatre millions d'Irakiens se trouvent à l'étranger. Environ 120 000 voteront, uniquement pour l'Assemblée nationale mais pas pour les Assemblées provinciales ni pour le Parlement kurde».
Interrogé sur les appels au boycottage lancés par 47 formations, notamment sunnites, M. Hindaoui a répondu: «Je peux vous assurer, au nom de la commission, que tous les grands partis ont décidé de s'enregistrer.»
La décision d'aller de l'avant dans le processus politique a été prise malgré la violence sans répit dans le pays. sonnes ont été tuées à Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad, où l'armée américaine traque des rebelles, selon des sources hospitalières. L'armée américaine a indiqué que ses soldats y avaient tué trois civils irakiens, mais on ignorait si ces victimes faisaient partie du bilan hospitalier.
Au lendemain de la découverte de neuf corps de soldats irakiens tués par balles à Mossoul (nord), deux nouveaux cadavres d'Irakiens ont été retrouvés dans cette ville, la troisième d'Irak, où soldats américains et irakiens poursuivent leurs opérations contre les rebelles. À Fallouja (50 km à l'ouest de Bagdad), près de deux semaines après le lancement de son offensive, l'armée américaine rencontrait toujours quelques poches de résistance. Des officiers américains ont indiqué que «près de 20» chambres de tortures utilisées par les rebelles avaient été découvertes dans la ville.
Au sud de Bagdad, à Latifiya, de violents accrochages ont opposé des rebelles à des soldats américains et irakiens et 30 corps ont été retrouvés par des habitants près de cette ville.
Au nord de Bagdad, le corps d'un entrepreneur irakien tué par balles a été découvert à Balad. Deux personnes ont été tuées dans des accrochages entre insurgés et GI à Samarra, et deux camionneurs turcs ont été tués près de Baïji, ville où trois personnes ont péri dans des heurts entre rebelles et forces américaines.
Une note positive: le cousin du premier ministre irakien Iyad Allaoui, Ghazi Allaoui, enlevé à Bagdad le 10 novembre, a été libéré, selon le parti de M. Allaoui.
De son côté, la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a annoncé la libération de son correspondant à Fallouja, Abdel Kader Al-Saadi, détenu pendant 11 jours par l'armée américaine.
L'avenir de l'Irak ne se décidera pas seulement dans les urnes, mais aussi dans la station égyptienne de Charm el-Cheikh qui accueille aujourd'hui et demain une conférence internationale destinée à aider l'Irak à se reconstruire politiquement et économiquement. Le ministre canadien des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, participera au sommet sur l'Irak, aujourd'hui et demain, à Charm el-Cheikh, en Égypte. Cette rencontre importante réunit les ministres des Affaires étrangères du G8, de l'Irak et de ses pays voisins.
Le ministre Pettigrew fera une déclaration dans laquelle il précisera la position du Canada sur la transition politique de l'Irak, et soulignera la nécessité d'engager les pays voisins de l'Irak dans le processus de reconstruction. Il prévoit également tenir des rencontres bilatérales.
Par ailleurs, la présence à la même table des Américains et des Iraniens, sans être une première, est une occasion de renouer un dialogue entre deux pays qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis la révolution khomeiniste il y a 25 ans.
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