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L'ombudsman de l'armée enquête en Afghanistan

8 novembre 2004  Actualités internationales
Ottawa — Pour mesurer les conditions de vie de nos soldats, quoi de mieux qu'une visite dans un lieu où ils risquent quotidiennement leur peau?

L'ombudsman de l'armée canadienne, André Marin, s'envolera pour l'Afghanistan la semaine prochaine et écoutera jour et nuit durant 48 heures les doléances des soldats au cours de rencontres seul à seul ou en groupe.

Il a indiqué qu'il examinerait aussi l'état de santé général des 600 membres du corps expéditionnaire canadien de Kaboul. «Nous tenterons de déterminer s'il y a des problèmes persistants qui touchent la santé des troupes», a-t-il expliqué.

Des rumeurs courent à ce sujet au sein de l'armée. Elles font état de soldats qui reviennent d'Afghanistan avec des troubles respiratoires, des douleurs ou des lésions incurables. Mais M. Marin a dit qu'il n'avait reçu aucune plainte officielle de ce genre.

L'an dernier, la question de la qualité de l'air avait fait l'actualité. On disait alors que les matières fécales constituaient un tiers des polluants atmosphériques au camp Julien. Cette histoire relevait en fait du ouï-dire.

Après la visite de l'ombudsman en novembre 2003, pas moins de 400 échantillons d'air ont été prélevés à Kaboul et aux environs du camp, situé dans les faubourgs de la capitale.

Les médecins militaires de même que le commandant des forces canadiennes stationnées là-bas, le major-général Andrew Leslie, avaient plus tard assuré qu'on avait rien trouvé de particulier. «Cette légende urbaine selon laquelle 30 % [des polluants] de l'air sont des matières fécales s'avère être de la foutaise», avait commenté le major-général en janvier.

«L'histoire avait soulevé une controverse, a relaté M. Marin. Nous avions donc envoyé rapidement nos ingénieurs afin de procéder à des tests et de rassurer les militaires.»

Par ailleurs, l'ombudsman mènera aussi des entrevues relativement à des enquêtes ouvertes à la suite de plaintes individuelles. «Nous avons toujours des enquêtes en cours dans toute une série de domaines.»

La plupart des troupes en poste en Afghanistan sont originaires d'Edmonton. Elles font de la reconnaissance et de la surveillance pour la brigade internationale à Kaboul.

M. Marin est revenu de sa dernière visite à Kaboul avec trois nouvelles enquêtes d'envergure. La première touchait au fait que les soldats se plaignaient de manquer de congés lors du retour au pays. L'ombudsman a produit un rapport recommandant d'accorder plus de «temps de détente» aux rapatriés.

Également, le bureau de l'ombudsman se penche toujours sur un manque apparent de personnel dans des postes-clés, ainsi que sur des pratiques de recrutement en cours dans l'armée.
 
 
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