Le bourbier ivoirien - Le calme revient timidement à Abidjan
Paris présente un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU
8 novembre 2004
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Manifestants pro-gouvernementaux à Abidjan, la capitale commerciale de la Côte d’Ivoire.
Abidjan — Le calme commençait à revenir hier soir à Abidjan, après une deuxième journée de pillages et de violences anti-françaises, alors que Paris a renforcé son dispositif militaire dans la capitale économique ivoirienne, portant à plus de 5000 ses soldats en Côte d'Ivoire.
Pendant ce temps, la France a proposé tard hier soir à ses partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution sur la Côte d'Ivoire prévoyant un embargo sur les armes, ainsi qu'un gel des avoirs et une interdiction de voyager pour les personnes jugées responsables du blocage du processus de paix, a-t-on appris hier à l'ONU.
Cette initiative fait suite à la soudaine aggravation de la situation en Côte d'Ivoire, où neuf soldats français et ont été tués et 34 blessés dans des bombardements gouvernementaux à Bouaké, entraînant une riposte des forces françaises suivie d'accrochages avec l'armée ivoirienne et de violences anti-françaises à Abidjan. Un civil américain a aussi été tué à Bouaké.
Au Plateau, quartier des affaires d'Abidjan, les gendarmes ivoiriens se sont déployés pour assurer la sécurité autour de plusieurs magasins cibles des pillards.
Dans le quartier populaire de Treichville, la plupart des barrages érigés par les manifestants anti-français ont été levés et la circulation automobile a repris timidement.
Les pillages s'étaient poursuivis hier matin dans de nombreux quartiers, mais ont diminué dans l'après-midi avec le début du déploiement des forces françaises et des gendarmes ivoiriens, qui tiraient parfois des coups de semonce pour dissuader les pillards. La situation est «maîtrisée, mais demeure tendue, il ne faut pas se le cacher», a déclaré la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie.
Paris n'envisageait toujours pas dans l'immédiat «d'évacuation» de ses ressortissants, a affirmé hier soir le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier.
«La priorité est d'appeler au calme et à la raison», a-t-il déclaré, soulignant que les accords de paix inter-ivoiriens de Marcoussis, signés en janvier 2003 près de Paris, étaient «la seule solution à la violence».
Les 300 premiers renforts annoncés par Paris (600 hommes prévus au total) sont arrivés dans la journée à Abidjan en provenance du Gabon et plusieurs centaines de soldats français se sont déployés en ville.
Quelque 700 expatriés étaient regroupés hier soir au camp de l'armée française à Abidjan, selon le colonel Henri Aussavy, porte-parole de Licorne, qui a précisé que les militaires français contrôlaient les ponts sur la lagune et la partie de la ville située au sud, entre ces ponts et l'aéroport. La communauté européenne vivait toujours dans la peur. «Beaucoup de Français ont évacué leurs maisons. Ils se sont regroupés et sont armés jusqu'aux dents», a déclaré l'un d'eux à l'AFP.
La France «défend l'État de droit» en Côte d'Ivoire, a assuré dimanche le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. Paris ne veut pas «déstabiliser» le pays, a renchéri M. Barnier.
Le pouvoir ivoirien a relancé le conflit jeudi en bombardant les zones rebelles. Ses partisans ont violemment réagi à la riposte française, qui avait conduit à la destruction de l'aviation ivoirienne.
Dans la nuit de samedi à hier, des manifestants, encouragés par les «jeunes patriotes», véritable milice du pouvoir, ont tenté de «reprendre» l'aéroport, contrôlé depuis la veille par les militaires français.
Selon la radio officielle ivoirienne, trois manifestants ont été tués depuis samedi soir et 78 civils blessés ont été pris en charge durant la nuit à l'hôpital de Treichville, selon Médecins sans frontières (MSF).
Le chef d'état-major français, le général Henri Bentégeat a reconnu hier que les militaires français avaient pu «blesser ou tuer quelques personnes». a de son côté multiplié les déclarations belliqueuses. Le président de l'Assemblée nationale Mamadou Koulibaly a accusé la France, ancienne puissance coloniale, «d'occuper» son pays et a promis un «Vietnam» au président français Jacques Chirac, qu'il a accusé «d'avoir armé les rebelles».
Pendant ce temps, la France a proposé tard hier soir à ses partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution sur la Côte d'Ivoire prévoyant un embargo sur les armes, ainsi qu'un gel des avoirs et une interdiction de voyager pour les personnes jugées responsables du blocage du processus de paix, a-t-on appris hier à l'ONU.
Cette initiative fait suite à la soudaine aggravation de la situation en Côte d'Ivoire, où neuf soldats français et ont été tués et 34 blessés dans des bombardements gouvernementaux à Bouaké, entraînant une riposte des forces françaises suivie d'accrochages avec l'armée ivoirienne et de violences anti-françaises à Abidjan. Un civil américain a aussi été tué à Bouaké.
Au Plateau, quartier des affaires d'Abidjan, les gendarmes ivoiriens se sont déployés pour assurer la sécurité autour de plusieurs magasins cibles des pillards.
Dans le quartier populaire de Treichville, la plupart des barrages érigés par les manifestants anti-français ont été levés et la circulation automobile a repris timidement.
Les pillages s'étaient poursuivis hier matin dans de nombreux quartiers, mais ont diminué dans l'après-midi avec le début du déploiement des forces françaises et des gendarmes ivoiriens, qui tiraient parfois des coups de semonce pour dissuader les pillards. La situation est «maîtrisée, mais demeure tendue, il ne faut pas se le cacher», a déclaré la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie.
Paris n'envisageait toujours pas dans l'immédiat «d'évacuation» de ses ressortissants, a affirmé hier soir le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier.
«La priorité est d'appeler au calme et à la raison», a-t-il déclaré, soulignant que les accords de paix inter-ivoiriens de Marcoussis, signés en janvier 2003 près de Paris, étaient «la seule solution à la violence».
Les 300 premiers renforts annoncés par Paris (600 hommes prévus au total) sont arrivés dans la journée à Abidjan en provenance du Gabon et plusieurs centaines de soldats français se sont déployés en ville.
Quelque 700 expatriés étaient regroupés hier soir au camp de l'armée française à Abidjan, selon le colonel Henri Aussavy, porte-parole de Licorne, qui a précisé que les militaires français contrôlaient les ponts sur la lagune et la partie de la ville située au sud, entre ces ponts et l'aéroport. La communauté européenne vivait toujours dans la peur. «Beaucoup de Français ont évacué leurs maisons. Ils se sont regroupés et sont armés jusqu'aux dents», a déclaré l'un d'eux à l'AFP.
La France «défend l'État de droit» en Côte d'Ivoire, a assuré dimanche le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. Paris ne veut pas «déstabiliser» le pays, a renchéri M. Barnier.
Le pouvoir ivoirien a relancé le conflit jeudi en bombardant les zones rebelles. Ses partisans ont violemment réagi à la riposte française, qui avait conduit à la destruction de l'aviation ivoirienne.
Dans la nuit de samedi à hier, des manifestants, encouragés par les «jeunes patriotes», véritable milice du pouvoir, ont tenté de «reprendre» l'aéroport, contrôlé depuis la veille par les militaires français.
Selon la radio officielle ivoirienne, trois manifestants ont été tués depuis samedi soir et 78 civils blessés ont été pris en charge durant la nuit à l'hôpital de Treichville, selon Médecins sans frontières (MSF).
Le chef d'état-major français, le général Henri Bentégeat a reconnu hier que les militaires français avaient pu «blesser ou tuer quelques personnes». a de son côté multiplié les déclarations belliqueuses. Le président de l'Assemblée nationale Mamadou Koulibaly a accusé la France, ancienne puissance coloniale, «d'occuper» son pays et a promis un «Vietnam» au président français Jacques Chirac, qu'il a accusé «d'avoir armé les rebelles».
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