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Allaoui veut désarmer toutes les villes d'Irak

Londres étudie une demande américaine visant à redéployer ses troupes

Un travailleur irakien cassait la croûte, hier, près d’armes et de munitions provenant de Sadr City
Photo : Agence Reuters
Un travailleur irakien cassait la croûte, hier, près d’armes et de munitions provenant de Sadr City
Bagdad — Le premier ministre irakien Iyad Allaoui a annoncé hier l'élargissement des opérations de désarmement à toutes les villes du pays dans la perspective des élections de janvier 2005, tandis que le plus prestigieux des chefs religieux chiites irakiens appelait à une participation massive de la population au scrutin.

Citant l'exemple de l'opération menée à Sadr City, à Bagdad, M. Allaoui a déclaré: «Nous oeuvrons à étendre cette opération de désarmement à toutes les villes du pays et nous commencerons par Bassora, la grande ville méridionale chiite. Nous avons également décidé d'envoyer des secours humanitaires d'urgence [à Fallouja] et nous avons alloué deux millions de dollars à cet effet», a également annoncé le premier ministre irakien. Fallouja, ville située à l'ouest de Bagdad, essuie une offensive de l'armée américaine depuis vendredi. Selon M. Allaoui, toutes ces mesures font partie des préparatifs en vue des élections de janvier 2005.

Tout en émettant des réserves sur le système électoral prévu, le grand ayatollah Ali al-Sistani, le plus important chef religieux de la majorité chiite, souhaite une participation massive des électeurs au scrutin, selon son porte-parole Hamed al-Khaffaf. Il a estimé «qu'il n'y a pas d'alternative à la participation massive de la population». Le haut dignitaire religieux chiite a insisté aussi sur la tenue des élections à la date prévue.

Les violences se sont poursuivies hier alors que 14 personnes ont été tuées en 24 heures, dont six dans un attentat à Bagdad. Cependant, la libération par l'armée américaine d'un négociateur de Fallouja, cheikh Khaled Hammoud, laisse espérer une reprise des tractations pour une solution pacifique dans cette ville toujours assiégée par les Américains. Un autre membre de la délégation de la ville, cheikh Abdel Hamid Jaddou, a affirmé que cette libération était «un pas dans la bonne direction». La délégation de négociateurs de Fallouja avait annoncé jeudi la suspension des contacts pour protester contre les propos d'Iyad Allaoui qui, la veille, avait menacé la ville d'une offensive d'envergure.

À Sadr City, banlieue chiite de Bagdad, la collecte des armes, qui devait prendre fin aujourd'hui, a été une nouvelle fois prolongée de deux jours, jusqu'à jeudi soir. «Il y a beaucoup de gens qui veulent déposer les armes à Sadr City. [...]. Il ne serait pas juste de procéder à des fouilles dans les maisons alors que ces gens n'ont pas eu assez de temps pour remettre leurs armes», a estimé le conseiller irakien à la Sécurité nationale, Kassim Daoud.

Alors qu'Amman tentait d'obtenir la confirmation des enlèvements de deux Jordaniens en Irak, annoncés par la presse locale, un groupe islamiste irakien, l'Armée islamique en Irak, a affirmé avoir assassiné deux Macédoniens, accusés d'espionnage au profit des forces américaines, selon la chaîne de télévision al-Jazira du Qatar, qui a diffusé une vidéo montrant deux hommes tendant leurs documents d'identité, avec en arrière-plan une bannière du groupe.

Enfin, selon la police, le corps décapité d'un interprète irakien travaillant pour l'armée américaine a été retrouvé hier près de Chorgat, au sud de Mossoul).

Londres réfléchit

Le ministre britannique de la Défense, Geoff Hoon, a confirmé hier que Londres étudiait une demande de Washington visant à déplacer des troupes britanniques dans des secteurs tenus jusqu'ici par des forces américaines en Irak, ajoutant qu'aucune réponse n'avait encore été fournie.

La demande américaine, faite le 10 octobre, n'implique pas que des unités britanniques soient déployées à Bagdad ou Fallouja, a précisé M. Hoon. Ce redéploiement d'un petit nombre de soldats britanniques servirait soulager le fardeau de l'armée américaine.

Des observateurs britanniques se rendront en reconnaissance dans la zone envisagée aujourd'hui et soumettront leur avis en milieu de semaine, a-t-il ajouté.

Autre allié des États-Unis en Irak, la Pologne paraît de plus en plus traîner les pieds, après avoir annoncé la semaine dernière qu'elle commencerait à réduire sa présence dans ce pays. Son vice-ministre de la Défense, Janusz Zemke, a regretté que les États-Unis n'aient pas fourni suffisamment d'aide militaire aux forces polonaises en Irak.
 
 
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