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Flambée de violence en Irak

L'Italie suspendue aux nouvelles des deux Simona

13 septembre 2004  Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Bagdad — La guérilla a redoublé hier ses attaques en Irak où des affrontements avec l'armée américaine à Bagdad et Ramadi et une série d'attentats à la voiture piégée ont fait 45 morts, tandis que le chef de la diplomatie italienne devait se rendre dans le Golfe pour tenter d'obtenir la libération des deux Italiennes enlevées il y a cinq jours en Irak.

L'Italie était suspendue aux nouvelles de ses deux bénévoles enlevées en Irak. Un groupe inconnu menace de les tuer si Rome ne retire pas ses troupes du pays selon un communiqué publié par un site islamiste, mais qui n'a pu être authentifié.

Dans le cadre d'efforts pour obtenir la libération de Simona Pari et de Simona Torretta, le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini devait se rendre dans la région du Golfe «dans les prochaines heures», a annoncé son ministère hier soir pour des rencontres avec les autorités et les organisations civiles et religieuses. Sa tournée doit débuter au Koweit.

L'Italie a fait savoir qu'elle ne céderait pas au chantage des ravisseurs présumés des deux bénévoles en échange desquelles ils réclament le retrait des troupes italiennes d'Irak. Le bilan des violences pour la seule journée d'hier a atteint les 45 morts en Irak où, selon le premier ministre irakien Iyad Allaoui les attentats ont fait «plus de 3000 martyrs et plus de 12 000 blessés», sans toutefois préciser la période prise en compte.

Un site Internet islamiste a publié hier un communiqué attribué au groupe «Tawhid wal jihad» (Unification et guerre sainte) de l'islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, revendiquant une série d'attaques et d'attentats hier en Irak, ainsi que la chute d'un drone.

Hier, treize personnes ont été tuées, dont deux enfants, et 59 blessées, dont quatre soldats américains, à la suite de trois heures de combat et d'un raid d'hélicoptère dans le centre de Bagdad, selon le ministère de la Santé. Six soldats américains ont été blessés, selon un nouveau bilan communiqué par un porte-parole militaire américain.

Les combats avaient commencé à l'aube, rue Haïfa, considérée comme un fief des partisans du président déchu Saddam Hussein.

Selon un porte-parole militaire américain, un char «Bradley, venu en appui, a été touché par l'explosion d'une voiture piégée», avant d'être détruit par un «soutien aérien pour empêcher qu'il soit pillé».

Peu après, une foule a encerclé le char en feu en criant victoire. Deux hélicoptères ont alors tiré des missiles en direction du Bradley, faisant au moins cinq morts, dont un journaliste palestinien travaillant pour les télévisions arabe Al-Arabiya et saoudienne Al-Ekhbariya.

Selon un responsable de l'agence britannique Reuters, un caméraman travaillant pour cette agence et un photographe de l'agence Getty ont été blessés dans le raid.

À Ramadi, à l'ouest de Bagdad, dix personnes ont été tuées et 40 blessées dans des heurts à la suite d'une attaque au mortier de la guérilla contre deux bases de l'armée américaine. La ville a été encerclée par la Garde nationale irakienne.

Trois soldats polonais et trois Gardes nationaux ont été tués dans une attaque près de Hilla, à 100 km au sud de Bagdad, selon l'armée polonaise, tandis que cinq policiers irakiens ont été tués et dix blessés à Mossoul (nord), dans deux attaques séparées, selon la police.

Près de Samarra (125 km au nord de Bagdad), trois civils irakiens ont été tués et un quatrième blessé lorsque leur véhicule a sauté sur un engin explosif. Toujours près de Samarra, les deux occupants irakiens d'un camion de circulant avec un convoi militaire américain ont été tués par l'explosion d'une voiture piégée.

Six personnes, dont trois assaillants, ont péri dans quatre attaques à la voiture piégée près de Bagdad.

Sécurité

La sécurité en Irak était, par ailleurs, au centre de la visite hier au Caire du secrétaire américain adjoint pour le Proche-Orient, William Burns.

Au terme d'un entretien avec le président égyptien Hosni Moubarak, M. Burns a indiqué que Washington et Damas examinaient la création de «mécanismes» pour renforcer la sécurité à la frontière syro-irakienne, sans préciser en quoi ils consisteraient.

Washington a fait part samedi à Damas de ses inquiétudes concernant «les activités des groupes opérant à partir du territoire syrien, qui menacent les efforts pour assurer la sécurité et la stabilité en Irak», a ajouté le responsable américain.

Le chef d'état-major israélien, le général Moshé Yaalon, a accusé sans détours la Syrie de soutenir le terrorisme irakien. «La Syrie n'empêche pas le passage de terroristes en Irak», a-t-il dit. «Objectivement, la Syrie soutient les terroristes en Irak en coopérant avec l'ancien régime. Cette politique met en danger la stabilité de la région», a-t-il poursuivi.

Le premier ministre irakien a annoncé hier qu'il allait rencontrer en septembre aux États-Unis le président George W. Bush et le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan.

Dans des entretiens à des journaux occidentaux, M. Allaoui a assuré que les élections auront bien lieu comme prévu, «en décembre ou en janvier».

«Personne ne prévoit de reporter les élections» en Irak, a de son côté, indiqué le secrétaire d'État américain Colin Powell sur la chaîne de télévision américaine NBC.
 
 
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