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Convention républicaine - Cheney et la droite du parti prennent la vedette

2 septembre 2004  Actualités internationales
La sculpturale Sondra Fortunato, alias Miss Lady Liberty, ne cache pas ses couleurs.
Photo : Agence Reuters
La sculpturale Sondra Fortunato, alias Miss Lady Liberty, ne cache pas ses couleurs.
New York — Les tenants de la droite conservatrice, le vice-président Dick Cheney en tête, devaient tenter hier de galvaniser la convention républicaine lors d'une soirée également centrée sur l'économie.

«L'Amérique, terre de possibilités» est le thème de cette troisième journée de la convention qui rassemble depuis lundi plusieurs milliers de militants décidés à faire réélire le président George W. Bush le 2 novembre.

Alors que la confiance des consommateurs s'est dégradée en août, plombée par les incertitudes sur l'emploi et l'envolée du prix du pétrole, les orateurs devaient évoquer le plan du président pour créer des emplois et favoriser l'accès à la propriété ainsi que la création d'entreprises.

Don Evans, le secrétaire au Commerce, a défendu le bilan économique de l'administration Bush, très critiqué par ses adversaires. Le président a «hérité d'une récession Clinton et l'a transformée en première étape de la prospérité Bush», a-t-il affirmé devant la presse.

La vedette annoncée de la soirée, M. Cheney, 63 ans, devait formellement accepter sa candidature à la vice-président avant que M. Bush ne fasse de même aujourd'hui pour la clôture de la convention.

Le discret mais très expérimenté Dick Cheney bénéficie d'une cote d'amour assez faible selon un sondage Gallup publié hier. Seuls 44 % des Américains ont aujourd'hui une «opinion favorable» de lui alors qu'ils étaient 67 % juste après les attentats du 11 septembre 2001.

Le vice-président a froissé, peu avant la convention, la frange la plus conservatrice dont il est pourtant proche en se déclarant hostile à un amendement à la Constitution pour bannir le mariage homosexuel, comme le souhaiterait le président Bush.

Eliot Spitzer, démocrate et combatif ministre de la Justice de l'État de New York qui a fait plier les grandes firmes de Wall Street, a demandé hier au vice-président Cheney de s'expliquer sur ses liens avec le groupe de services pétroliers Halliburton.

«Je pense que le vice-président nous doit une réponse simple: ce qu'il savait, et quand il l'a su», sur les activités du groupe Halliburton, qu'il a dirigé jusqu'en 2000, a déclaré M. Spitzer lors d'une conférence de presse de la direction du Parti démocrate à New York, où se tient la convention du Parti républicain.

Les démocrates veulent ainsi attirer l'attention sur les liens de Dick Cheney avec Halliburton, dont les activités de services aux troupes américaines en Irak font l'objet d'une enquête du Pentagone. Le ministère de la Défense soupçonne la société d'avoir gonflé ses factures.

L'autre orateur d'honneur de la soirée était le sénateur démocrate Zell Miller, de Géorgie. Considéré comme l'élu démocrate le plus conservateur, il devait expliquer pourquoi, pour la première fois de sa vie, il votera pour le candidat républicain plutôt que celui de son camp le 2 novembre.

Selon lui, le démocrate John Kerry manque de vision. Il «veut refaire la guerre d'hier» alors que «George W. Bush pense que nous devons livrer celle qui se déroule aujourd'hui et nous préparer aux défis de demain», devait-il dire selon des extraits de son discours publiés à l'avance.

La soirée devait également présenter des figures emblématiques de la droite comme le fils du président Ronald Reagan, Michael, ou encore le controversé sénateur de Pennsylvanie, Rick Santorum. Les propos homophobes de ce dernier avaient lancé une vive polémique en avril.

De nouvelles manifestations anti-Bush ont marqué la journée d'hier. Près de 5000 personnes ont formé une chaîne entre Wall Street, le coeur financier de New York, et le siège de la convention pour protester contre les pertes d'emplois sous la présidence Bush. Par ailleurs, une quinzaine de militants anti-Bush ont brièvement perturbé la convention, interrompant un discours du secrétaire général de la Maison-Blanche, Andrew Card.

Deux anciens sénateurs démocrates proches de John Kerry ont demandé hier la démission de Karl Rove, principal conseiller politique de la Maison-Blanche, l'accusant d'être impliqué dans la campagne publicitaire qui dénigre le passé militaire du candidat démocrate au Vietnam.

Les anciens sénateurs Bob Kerrey et Max Cleland, deux anciens combattants au Vietnam, ont dénoncé des propos tenus mardi par M. Rove, qui affirmait que le témoignage de Kerry en 1971 devant une commission du Sénat avait «terni» la réputation des soldats américains au Vietnam.

En 1971, à son retour du Vietnam, M. Kerry avait dénoncé des atrocités commises par des soldats américains au Vietnam. Son témoignage est utilisé aujourd'hui par un groupe d'anciens combattants proches des républicains qui accusent Kerry d'avoir mis en danger les prisonniers américains au Nord-Vietnam.
 
 
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