Darfour - Khartoum fait pression pour faire revenir les personnes déplacées
Khartoum — Les autorités soudanaises multiplient les pressions sur les victimes des exactions au Darfour pour qu'elles retournent dans leurs villages, dévastés et incendiés par des milices arabes, sans leur assurer la protection nécessaire, notamment contre les djandjawids.
Un premier groupe de 150 militaires rwandais du contingent de 300 membres chargé de la protection des observateurs internationaux du cessez-le-feu sous l'égide de l'Union africaine (UA), arrivera samedi au Darfour, selon la presse soudanaise. Il sera suivi par 150 Nigérians avant la fin du mois.
Le chef d'un mouvement rebelle du Darfour, l'Armée de libération du Soudan (ALS), Abdel Wahed Mohamed Ahmed Nour, a «exhorté» les États-Unis et la Grande Bretagne à intervenir militairement au Darfour avant l'épuisement du délai de 30 jours accordé par l'ONU au Soudan pour résoudre la crise.
Dans un appel téléphonique de Jebbel Marra (ouest du Darfour) à l'AFP, il a demandé à Washington et Londres d'envoyer «d'urgence des forces pour protéger les millions de déplacés du danger de mort immédiat qui les guette».
L'organisation américaine de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW), a par ailleurs affirmé, dans un rapport publié mardi soir, qu'elle disposait d'un nombre croissant de témoignages indiquant que les djandjawids, responsables d'exactions commises contre les populations noires originaires du Darfour, ont été incorporés au sein des forces régulières soudanaises, notamment dans la nouvelle branche «Opérations spéciales» de la police mobile.
«De même que la mafia blanchit l'argent illégal, le gouvernement vient d'inventer le blanchiment des miliciens djandjawids transformés en forces régulières pour qu'ils poursuivent leur sale besogne», avait déjà affirmé à l'AFP Mohammed Abdallah Adouma, membre du bureau politique du parti al-Oumma (opposition) de Sadeq el-Mahdi.
Le Soudan est sous le coup d'une résolution votée le 30 juillet par le Conseil de sécurité de l'ONU, lui donnant 30 jours pour désarmer les milices progouvernementales et assurer la protection des déplacés, dont le nombre a dépassé 1,2 million. Khartoum affirme avoir commencé le déploiement de 6000 policiers dans la province ouest et qu'il était prêt à déployer jusqu'à 12 000 policiers pour y rétablir l'ordre.
Dans un rapport publié mardi, le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) affirme que malgré l'insécurité persistante, les autorités exercent des pressions sur les déplacés pour les contraindre à quitter les camps installés par les organisations humanitaires et à regagner leur village d'origine.
Malgré le déploiement de la police, plusieurs centaines de personnes ont déserté ces derniers jours leurs villages à Serengabo, Tawila, Tebeldia et Qasar pour se réfugier dans des camps précaires près de près de Nyala (Sud-Darfour), selon le HCR. Les victimes ont affirmé qu'elles n'étaient pas rassurées par la présence des forces gouvernementales.
Retours volontaires
Le HCR affirme avoir «rappelé fermement aux autorités [soudanaises] que tout mouvement de déplacés devait être strictement volontaire parce que les gens qui ont déjà été traumatisés une première fois après avoir été chassés de leurs foyers par les miliciens armés n'ont pas besoin de subir un nouveau traumatisme».
Le Soudan s'est engagé auprès du représentant du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, à ce que les retours des déplacés soient strictement volontaires.
Depuis le début des hostilités entre Khartoum et les rebelles du Mouvement de la justice et de l'égalité (MEJ) et de l'Armée de libération du Soudan (ALS), en février 2003 au Darfour, les affrontements ont fait entre 30 000 et 50 000 morts, selon l'ONU. Environ 1,2 million de personnes ont été chassées de leurs foyers, dont plus de 150 000 se sont réfugiées au Tchad.
Le Soudan a affirmé hier que les accusations d'attaques aériennes opérées au Darfour par des hélicoptères de combat étaient sans fondement et que la sécurité dans la région s'améliorait, bien que cela prenne du temps.
Dans un communiqué, l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a évoqué mardi des
tirs d'hélicoptères et des attaques des Djandjaouids dans le sud du Darfour, qui auraient provoqué de nouveaux déplacements de personnes.
Les Nations unies accusent en outre les autorités soudanaises d'entraver l'accès des agences humanitaires à la région.
Les survols du Darfour par l'aviation soudanaise se poursuivent malgré le cessez-le-feu, a dénoncé hier la rébellion du MJE, estimant que de récents survols préparaient une offensive.
D'autre part, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a été autorisé à accéder librement aux zones contrôlées par les rebelles dans la province pour évaluer les besoins humanitaires sur place, a annoncé hier l'agence onusienne.
Un premier groupe de 150 militaires rwandais du contingent de 300 membres chargé de la protection des observateurs internationaux du cessez-le-feu sous l'égide de l'Union africaine (UA), arrivera samedi au Darfour, selon la presse soudanaise. Il sera suivi par 150 Nigérians avant la fin du mois.
Le chef d'un mouvement rebelle du Darfour, l'Armée de libération du Soudan (ALS), Abdel Wahed Mohamed Ahmed Nour, a «exhorté» les États-Unis et la Grande Bretagne à intervenir militairement au Darfour avant l'épuisement du délai de 30 jours accordé par l'ONU au Soudan pour résoudre la crise.
Dans un appel téléphonique de Jebbel Marra (ouest du Darfour) à l'AFP, il a demandé à Washington et Londres d'envoyer «d'urgence des forces pour protéger les millions de déplacés du danger de mort immédiat qui les guette».
L'organisation américaine de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW), a par ailleurs affirmé, dans un rapport publié mardi soir, qu'elle disposait d'un nombre croissant de témoignages indiquant que les djandjawids, responsables d'exactions commises contre les populations noires originaires du Darfour, ont été incorporés au sein des forces régulières soudanaises, notamment dans la nouvelle branche «Opérations spéciales» de la police mobile.
«De même que la mafia blanchit l'argent illégal, le gouvernement vient d'inventer le blanchiment des miliciens djandjawids transformés en forces régulières pour qu'ils poursuivent leur sale besogne», avait déjà affirmé à l'AFP Mohammed Abdallah Adouma, membre du bureau politique du parti al-Oumma (opposition) de Sadeq el-Mahdi.
Le Soudan est sous le coup d'une résolution votée le 30 juillet par le Conseil de sécurité de l'ONU, lui donnant 30 jours pour désarmer les milices progouvernementales et assurer la protection des déplacés, dont le nombre a dépassé 1,2 million. Khartoum affirme avoir commencé le déploiement de 6000 policiers dans la province ouest et qu'il était prêt à déployer jusqu'à 12 000 policiers pour y rétablir l'ordre.
Dans un rapport publié mardi, le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) affirme que malgré l'insécurité persistante, les autorités exercent des pressions sur les déplacés pour les contraindre à quitter les camps installés par les organisations humanitaires et à regagner leur village d'origine.
Malgré le déploiement de la police, plusieurs centaines de personnes ont déserté ces derniers jours leurs villages à Serengabo, Tawila, Tebeldia et Qasar pour se réfugier dans des camps précaires près de près de Nyala (Sud-Darfour), selon le HCR. Les victimes ont affirmé qu'elles n'étaient pas rassurées par la présence des forces gouvernementales.
Retours volontaires
Le HCR affirme avoir «rappelé fermement aux autorités [soudanaises] que tout mouvement de déplacés devait être strictement volontaire parce que les gens qui ont déjà été traumatisés une première fois après avoir été chassés de leurs foyers par les miliciens armés n'ont pas besoin de subir un nouveau traumatisme».
Le Soudan s'est engagé auprès du représentant du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, à ce que les retours des déplacés soient strictement volontaires.
Depuis le début des hostilités entre Khartoum et les rebelles du Mouvement de la justice et de l'égalité (MEJ) et de l'Armée de libération du Soudan (ALS), en février 2003 au Darfour, les affrontements ont fait entre 30 000 et 50 000 morts, selon l'ONU. Environ 1,2 million de personnes ont été chassées de leurs foyers, dont plus de 150 000 se sont réfugiées au Tchad.
Le Soudan a affirmé hier que les accusations d'attaques aériennes opérées au Darfour par des hélicoptères de combat étaient sans fondement et que la sécurité dans la région s'améliorait, bien que cela prenne du temps.
Dans un communiqué, l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a évoqué mardi des
tirs d'hélicoptères et des attaques des Djandjaouids dans le sud du Darfour, qui auraient provoqué de nouveaux déplacements de personnes.
Les Nations unies accusent en outre les autorités soudanaises d'entraver l'accès des agences humanitaires à la région.
Les survols du Darfour par l'aviation soudanaise se poursuivent malgré le cessez-le-feu, a dénoncé hier la rébellion du MJE, estimant que de récents survols préparaient une offensive.
D'autre part, le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a été autorisé à accéder librement aux zones contrôlées par les rebelles dans la province pour évaluer les besoins humanitaires sur place, a annoncé hier l'agence onusienne.
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