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Kerry choisit Edwards comme colistier - Le terne Bostonais recrute le charmeur sudiste

John Kerry, candidat démocrate à la présidentielle américaine, a annoncé hier matin, lors d’un grand rassemblement à Pittsburgh, avoir choisi comme colistier John Edwards, sénateur de la Caroline du Nord. M. Edwards (ci-dessous) a quitté Washin
Photo : Agence Reuters
John Kerry, candidat démocrate à la présidentielle américaine, a annoncé hier matin, lors d’un grand rassemblement à Pittsburgh, avoir choisi comme colistier John Edwards, sénateur de la Caroline du Nord. M. Edwards (ci-dessous) a quitté Washin
Pittsburgh — John Kerry a annoncé hier qu'il avait choisi le sénateur de la Caroline du Nord John Edwards, un «grand défenseur des classes moyennes», comme colistier sur le ticket démocrate pour la présidentielle américaine du 2 novembre. La venue de M. Edwards devrait apporter une touche de Sud et un côté populaire à la candidature de Kerry.

«Je suis heureux d'annoncer que, grâce à votre soutien, le prochain vice-président des États-Unis sera le sénateur de la Caroline du Nord, John Edwards», a dit Kerry lors d'un grand meeting dans le centre de Pittsburgh. Derrière lui, une grande banderole clamait: «Kerry-Edwards. Pour une Amérique plus forte.»

Par cette annonce, Kerry espère sans doute redonner un peu de vigueur à sa campagne. Depuis plusieurs mois, le sénateur du Massachusetts a semblé rester un peu à l'écart des grands débats du moment. Malgré l'affaire des sévices à la prison d'Abou Ghraïb, malgré les attentats en Irak et malgré la récente décision de la Cour suprême sanctionnant la politique de l'administration à l'égard des prisonniers de Guantanamo Bay, Kerry n'a jamais vraiment su prendre l'avantage dans les sondages sur George W. Bush. Et même si récemment une majorité d'Américains estimaient que la guerre en Irak était une erreur, les deux hommes sont restés coude à coude dans les sondages.

Edwards, espère-t-on chez les démocrates, apportera une touche de fraîcheur à la campagne de Kerry, jugée trop terne. Et ce dernier, qui vient du Nord-Est, espère bien que le jeune sénateur, de par ses origines, saura aussi «chasser» dans le grand Sud, domaine jusque-là réservé au président texan.

Le nouveau duo démocrate va sillonner l'Amérique avant la convention nationale du Parti démocrate, qui doit se dérouler du 26 au 29 juillet à Boston. Les délégués devront à cette occasion officialiser le ticket démocrate.

John Kerry, expliquent des responsables démocrates, compte sur cet élu sudiste pour donner au ticket démocrate une image dynamique et populaire.

Autre atout d'Edwards: pendant les primaires, il a plus séduit que Kerry parmi les républicains et les indépendants.

Hier, Kerry a présenté son colistier comme un homme «qui a du cran, de la détermination et des compétences en politique». «Il a fait preuve de courage et de convictions en tant que grand défenseur des classes moyennes américaines et de ceux qui luttent pour atteindre les classes moyennes, a dit Kerry au sujet d'Edwards, qui était son grand adversaire lors des primaires. J'ai choisi un homme qui comprend et défend les valeurs de l'Amérique.»

Lors des primaires, nombreux sont les démocrates qui ont été impressionnés par le charisme d'Edwards et par ses messages à destination des classes populaires. Il n'a cessé d'opposer les «deux Amériques», celle des nantis et celle de la majorité luttant pour s'en sortir. Après sa défaite lors des primaires, Edwards a continué de faire campagne et à récolter des fonds, mais cette fois pour Kerry, sans jamais cacher sa volonté de figurer sur le ticket.

Même s'il n'était pas aux côtés de Kerry à la tribune hier, les deux hommes ont fait campagne ensemble ces derniers jours. Ils le seront encore dès aujourd'hui en Ohio, État déjà présenté comme crucial pour la présidentielle.

Kerry a mené la recherche de son colistier dans le plus grand secret. À en croire Mary Beth Cahill, sa directrice de campagne, il aurait envisagé 25 personnes pour l'accompagner. La plupart des conseillers de Kerry n'ont été informés de son choix que lundi soir, lorsqu'il les a convoqués dans la ferme de la famille de son épouse, Teresa Heinz-Kerry. Plusieurs noms avaient été avancés, dont ceux du représentant du Missouri Richard Gephardt, du sénateur de la Floride Bob Graham et du gouverneur de l'Iowa Tom Vilsack.

Kerry a finalement envoyé par courriel le nom de l'heureux élu à plus de un million de ses souscripteurs, ce qui souligne l'importance que revêt Internet dans la campagne du sénateur. C'est la première fois qu'un candidat utilise ce moyen de communication pour effectuer une telle annonce. Un responsable de la campagne démocrate a affirmé que 150 000 nouvelles personnes s'étaient inscrites depuis vendredi, quand Kerry a fait savoir aux journalistes que les souscripteurs seraient les premiers informés du nom du colistier.

Au cours de la campagne, Edwards le nouveau venu s'est illustré en devenant le second favori des électeurs démocrates, grâce à la jeunesse de son allure, sa confiance en lui, son style vigoureux, optimiste et positif, et en refusant de s'attaquer à ses rivaux démocrates. Il réservait ses piques au président George W. Bush, accusé de créer deux Amériques, une pour les privilégiés, l'autre pour tous les autres...

Edwards et Kerry sont d'accord sur nombre de sujets: tous deux ont voté l'entrée en guerre en Irak et contre les 87 milliards de dollars de fonds pour l'Irak et l'Afghanistan. Une de leurs principales divergences porte sur l'ALENA, l'Accord de libre-échange nord-américain, auquel Edwards s'est opposé, avant d'axer sa campagne des primaires sur le commerce, l'emploi et l'économie.

En janvier, il ravissait la deuxième place des caucus de l'Iowa au favori Howard Dean et chassait de la course Dick Gephardt. Puis, après la primaire du New Hampshire, la dégringolade de Dean se confirma et la fin de la saison des primaires se transforma en duel Kerry-Edwards. John Edwards finit par abandonner après le «super mardi» du 2 mars.

Cet avocat, as du barreau devenu millionnaire, spécialiste des dossiers d'erreurs médicales, a en outre décroché le titre envié d'«homme politique le plus sexy» décerné par le magazine People.
John Kerry, candidat démocrate à la présidentielle américaine, a annoncé hier matin, lors d’un grand rassemblement à Pittsburgh, avoir choisi comme colistier John Edwards, sénateur de la Caroline du Nord. M. Edwards (ci-dessous) a quitté Washin John Edwards
 
 
 
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