samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 16h07
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les divergences subsistent malgré l'unité affichée - L'OTAN participera à la reconstruction de l'Irak

Les membres de l'Alliance tenteront de s'entendre sur la forme que prendra leur contribution

Une soixantaine de personnes ont été blessées hier à Istanbul lors de heurts parfois violents entre manifestants anti-OTAN et policiers pendant que les dirigeants de l’Alliance atlantique étaient réunis dans un centre de conférences sévèrement
Photo : Agence Reuters
Une soixantaine de personnes ont été blessées hier à Istanbul lors de heurts parfois violents entre manifestants anti-OTAN et policiers pendant que les dirigeants de l’Alliance atlantique étaient réunis dans un centre de conférences sévèrement
Istanbul — L'OTAN a offert hier son aide pour la formation des forces de sécurité en Irak et promis sa pleine coopération aux autorités irakiennes, juste après le transfert du pouvoir au gouvernement intérimaire à Bagdad, sans parvenir pour autant à masquer toutes ses divisions.

Réunis en sommet à Istanbul, les 26 chefs d'État et de gouvernement de l'Alliance atlantique ont donné leur feu vert à un rôle modeste de l'OTAN en Irak, lequel consistera à former les forces armées et de police, selon des modalités qui restent à définir ultérieurement.

Le premier sommet depuis l'intervention américano-britannique en Irak s'est déroulé dans l'atmosphère caractéristique de ces grand-messes, dans une cité interdite protégée des manifestants et des bombes par des milliers de policiers.

Le transfert anticipé de la souveraineté aux autorités intérimaires irakiennes — deux jours avant l'échéance prévue du 30 juin — annoncé en plein sommet, a été salué par les deux camps qui se sont affrontés sur ce dossier. Pour les partisans de l'intervention, un tel transfert n'aurait pas eu lieu sans leur action et la justifie donc.

«Après des décennies d'un régime de terreur, le peuple irakien retrouve son pays», a déclaré George W. Bush. Pour les adversaires de l'invasion, qui ont voulu ce transfert encadré par une résolution des Nations unies pour mettre fin à une «occupation» jugée illégale, comme la France et l'Allemagne, c'est une étape importante dans un processus.

«Le transfert de souveraineté est à nos yeux une condition nécessaire, hélas! pas suffisante au rétablissement de la paix, de la démocratie, du progrès et du développement de ce pays», a déclaré à la presse Jacques Chirac.

Chirac se réjouit

Le président français a bien voulu suivre son homologue américain, qui a estimé que les «violents différends» provoqués par la guerre en Irak n'existaient plus maintenant. «Si le président [américain] estime que ces problèmes sont désormais réglés, je ne peux que m'en réjouir et naturellement, sur ce point, lui donner raison», a tranché le chef de l'État français.

Mais l'harmonie est loin d'être totale, comme cela s'est vérifié dès que des décisions concrètes ont été évoquées.

Ainsi, en apparence, Istanbul a donné son feu vert à la formation par l'OTAN des policiers et soldats irakiens.

«En réponse à la demande du gouvernement intérimaire [...], nous avons décidé d'offrir l'aide de l'OTAN au gouvernement irakien pour la formation de ses forces de sécurité», peut-on lire dans un communiqué de l'Alliance atlantique.

Cela ne va pas aussi loin que l'auraient voulu les Américains, qui plaidaient pour une implication de l'OTAN sur le terrain au-delà du simple soutien logistique qu'elle offre déjà à la division multinationale polonaise dans le centre du pays, mais Washington s'est malgré tout déclaré très satisfait. Pourtant, les modalités de cette mission de formation doivent encore être précisées par les ambassadeurs de l'OTAN et les débats s'annoncent pour le moins difficiles.

Quoi qu'il arrive, les pays qui n'entendent pas envoyer d'hommes sur le terrain, comme la France et l'Allemagne, ne le feront pas, même sous le couvert de la formation. Ces deux pays ont souligné qu'ils participeraient à cette opération en formant des hommes à l'extérieur de l'Irak.

L'Afghanistan

La passe d'armes s'est poursuivie sur l'Afghanistan. L'Otan a annoncé qu'elle allait renforcer sa présence dans ce pays avant les élections prévues pour septembre.

L'Alliance, qui a pris en août dernier la tête de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de 6300 hommes déployée à Kaboul, a l'intention de sortir de la capitale afin de renforcer l'autorité centrale dans les provinces.

Elle prendra ainsi le contrôle de quatre nouvelles équipes militaro-civiles de reconstruction provinciales (PRT) dans le nord du pays, où la situation est plus calme que dans l'ouest.

Mais si un responsable de l'Otan a parlé de 10 000 hommes en tout, les militaires évoquent le chiffre de 8000 soldats au maximum, plusieurs pays, dont l'Espagne, se faisant tirer l'oreille pour fournir des soldats à l'ISAF.

Ce serait insuffisant pour assurer la sécurité dans un pays énorme où 18 personnes qui s'étaient inscrites sur les listes électorales ont été tuées rien que le week-end dernier.

Les États-Unis ont donc proposé que l'on déploie la Force de réaction rapide de l'OTAN (NRF), qui compte 20 0O0 soldats d'élite disposant des meilleurs armements. Veto de Jacques Chirac, selon lequel la NRF ne doit être activée qu'en cas de crise avérée, ce qui n'est pas le cas.

«Le plus sage, c'est de mettre les forces de la NRF en alerte au cas où, et d'envoyer une mission d'évaluation sur place», a-t-il expliqué en estimant qu'une présence trop visible de l'Otan risquait de perturber les élections de septembre.

Enfin, la journée n'aurait pas été complète sans une dernière pique chiraquienne à l'encontre de George W. Bush, qui avait plaidé samedi pour l'adhésion rapide de la Turquie à l'UE.

«Si le président Bush a vraiment dit cela, tel que je l'ai lu, eh bien! non seulement il est allé trop loin, mais il est allé sur un terrain qui n'est pas le sien», a-t-il dit.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012