Le différend de l'îlot du Persil en passe d'être réglé
Les contentieux subsistent entre Madrid et Rabat
Photo : Agence Reuters
Après le retrait des troupes espagnoles hier, de nombreux Marocains ont célébré devant l’île disputée, baptisée Perejil (Persil) ou Leila (la Nuit) selon qu’on se trouve d’un côté ou de l’autre du détroit de Gibraltar.
Madrid — La guerre du Persil n'aura pas lieu. L'Espagne et le Maroc ont finalement accepté de résoudre leur différend concernant cet îlot désertique en acceptant de revenir au statu quo ante. Mais si ce conflit territorial — jugé bien dérisoire par certains — semble en passe d'être résolu, Madrid et Rabat ont encore beaucoup de contentieux à résoudre.
Cette crise à propos d'un lopin de terre où paissent d'ordinaire quelques chèvres s'inscrit en réalité dans un contexte de dégradation des relations bilatérales: rappel de l'ambassadeur marocain en octobre 2001, non-renouvellement de l'accord de pêche entre les deux pays, position jugée «inamicale» de Madrid sur le Sahara-Occidental et critiques espagnoles sur l'immigration clandestine.
«Je suis content que ça se termine. Tout ça a été vraiment ridicule», commentait hier José Miguel Oliveros, un technicien d'effets spéciaux interrogé dans la rue. Ils «feraient mieux de faire preuve d'autant de détermination à résoudre les problèmes d'immigration clandestine et de trafic de drogue qu'ils l'ont fait à défendre bec et ongles un petit rocher inhabité», a-t-il déploré. «C'était comme un film hollywoodien», a renchéri Maria José Ibanez, un informaticien. «Je n'aurais jamais imaginé que l'Espagne, au XXIe siècle, puisse réoccuper à la faveur d'une opération militaire spectaculaire un bout de territoire totalement inconnu.»
Baptisé Perejil (Persil) ou Leila (la Nuit) selon qu'on se trouve d'un côté ou de l'autre du détroit de Gibraltar, cet îlot de 13,5 hectares, appartient à l'Espagne depuis 1668, même s'il est inhabité depuis 40 ans. Rabat estime en avoir la souveraineté depuis 1956, date de la fin du protectorat espagnol. Mais Madrid invoque un compromis datant de la fin de ce protectorat selon lequel les deux pays se seraient engagés à ne pas l'occuper.
Le conflit est né le 11 juillet dernier après que le Maroc eut envoyé une douzaine de gendarmes sur l'îlot, au nom de la lutte anti-drogue et de l'immigration illégale dans le détroit de Gibraltar. L'Espagne les en a délogés moins d'une semaine plus tard au cours d'une opération militaire sans violence et y a stationné plusieurs dizaines d'hommes. L'affaire a alors pris une ampleur internationale avec un soutien prudent apporté par l'Union européenne à l'Espagne et l'implication des États-Unis.
Le rôle de médiateur joué par le secrétaire d'État américain Colin Powell a finalement payé samedi soir lorsque les deux pays ont finalement accepté d'en revenir au statu quo ante et que les soldats espagnols se sont retirés, tandis que la nouvelle ministre espagnole des Affaires étrangères Ana Palacio sera reçue aujourd'hui à Rabat par son homologue marocain Mohamed Benaissa.
Mais si la question du Persil/Leila est en passe d'être réglée, le statut des enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla ne l'est toujours pas pour le Maroc. Mme Palacio a pourtant récemment affirmé que ces enclaves sont «des villes aussi espagnoles que le sont Séville ou Cadix» et a platement démenti l'ouverture de toute négociation sur un changement de souveraineté.
La presse espagnole estimait toutefois hier que le gouvernement de José Maria Aznar devrait désormais s'occuper à cultiver de bonnes relations avec son voisin méditerranéen plutôt que de s'occuper d'un îlot inhabité situé à un jet de pierre du Maroc et visiblement sans valeur réelle.
En fin de compte, «la diplomatie a mis fin à une situation absurde dans laquelle la politique du gouvernement espagnol n'a pas été celle que l'on souhaitait d'un pays qui vantait son poids sur la scène internationale», notait le quotidien El Pais. Madrid «doit ordonner immédiatement le retour à Rabat de l'ambassadeur espagnol, rappelé mardi pour consultations, et réduire le déploiement naval exagéré de ces derniers jours dans le détroit».
Cette crise à propos d'un lopin de terre où paissent d'ordinaire quelques chèvres s'inscrit en réalité dans un contexte de dégradation des relations bilatérales: rappel de l'ambassadeur marocain en octobre 2001, non-renouvellement de l'accord de pêche entre les deux pays, position jugée «inamicale» de Madrid sur le Sahara-Occidental et critiques espagnoles sur l'immigration clandestine.
«Je suis content que ça se termine. Tout ça a été vraiment ridicule», commentait hier José Miguel Oliveros, un technicien d'effets spéciaux interrogé dans la rue. Ils «feraient mieux de faire preuve d'autant de détermination à résoudre les problèmes d'immigration clandestine et de trafic de drogue qu'ils l'ont fait à défendre bec et ongles un petit rocher inhabité», a-t-il déploré. «C'était comme un film hollywoodien», a renchéri Maria José Ibanez, un informaticien. «Je n'aurais jamais imaginé que l'Espagne, au XXIe siècle, puisse réoccuper à la faveur d'une opération militaire spectaculaire un bout de territoire totalement inconnu.»
Baptisé Perejil (Persil) ou Leila (la Nuit) selon qu'on se trouve d'un côté ou de l'autre du détroit de Gibraltar, cet îlot de 13,5 hectares, appartient à l'Espagne depuis 1668, même s'il est inhabité depuis 40 ans. Rabat estime en avoir la souveraineté depuis 1956, date de la fin du protectorat espagnol. Mais Madrid invoque un compromis datant de la fin de ce protectorat selon lequel les deux pays se seraient engagés à ne pas l'occuper.
Le conflit est né le 11 juillet dernier après que le Maroc eut envoyé une douzaine de gendarmes sur l'îlot, au nom de la lutte anti-drogue et de l'immigration illégale dans le détroit de Gibraltar. L'Espagne les en a délogés moins d'une semaine plus tard au cours d'une opération militaire sans violence et y a stationné plusieurs dizaines d'hommes. L'affaire a alors pris une ampleur internationale avec un soutien prudent apporté par l'Union européenne à l'Espagne et l'implication des États-Unis.
Le rôle de médiateur joué par le secrétaire d'État américain Colin Powell a finalement payé samedi soir lorsque les deux pays ont finalement accepté d'en revenir au statu quo ante et que les soldats espagnols se sont retirés, tandis que la nouvelle ministre espagnole des Affaires étrangères Ana Palacio sera reçue aujourd'hui à Rabat par son homologue marocain Mohamed Benaissa.
Mais si la question du Persil/Leila est en passe d'être réglée, le statut des enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla ne l'est toujours pas pour le Maroc. Mme Palacio a pourtant récemment affirmé que ces enclaves sont «des villes aussi espagnoles que le sont Séville ou Cadix» et a platement démenti l'ouverture de toute négociation sur un changement de souveraineté.
La presse espagnole estimait toutefois hier que le gouvernement de José Maria Aznar devrait désormais s'occuper à cultiver de bonnes relations avec son voisin méditerranéen plutôt que de s'occuper d'un îlot inhabité situé à un jet de pierre du Maroc et visiblement sans valeur réelle.
En fin de compte, «la diplomatie a mis fin à une situation absurde dans laquelle la politique du gouvernement espagnol n'a pas été celle que l'on souhaitait d'un pays qui vantait son poids sur la scène internationale», notait le quotidien El Pais. Madrid «doit ordonner immédiatement le retour à Rabat de l'ambassadeur espagnol, rappelé mardi pour consultations, et réduire le déploiement naval exagéré de ces derniers jours dans le détroit».
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