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Un autre otage américain décapité

Le chef d'al-Qaïda en Arabie Saoudite a été tué

Paul Johnson
Photo : Agence Reuters
Paul Johnson
Après l'expiration d'un ultimatum lancé au gouvernement saoudien, des activistes du réseau al-Qaïda ont décapité Paul Johnson, un ingénieur américain âgé de 49 ans pris en otage la semaine dernière.

Alors qu'ils se débarrassaient du corps de Johnson, Abdoulaziz al-Moukrine, le dirigeant du réseau d'Oussama ben Laden pour le royaume wahhabite, et deux autres activistes ont été tués, a fait savoir la télévision arabophone al-Arabia.

Un haut responsable des services de sécurité a confirmé l'information. «Oui, c'est exact. Il [Moukrine] a été tué avec deux autres activistes de premier plan», a déclaré cette source à Reuters.

Al-Qaïda avait donné jusqu'à hier au gouvernement de Riyad pour libérer des militants emprisonnés, faute de quoi Paul Marshall Johnson serait exécuté.

Les Brigades Fallouja de l'organisation al-Qaïda pour la péninsule arabique ont revendiqué le meurtre de Johnson sur le site Internet islamiste Sawt al-Djihad et ont diffusé des photos de ce qui paraît être la tête de l'otage. Les autorités américaines ont ensuite confirmé la mort de Johnson.

Des membres des forces de sécurité ont peu après annoncé que son corps avait été retrouvé dans un quartier de l'est de la capitale saoudienne, Riyad.

«Comme nous l'avions promis aux moudjahidines, nous avons décapité l'otage américain Paul Marshall Johnson après l'expiration de l'ultimatum lancé par les moudjahidines au tyrannique gouvernement saoudien», peut-on lire dans un communiqué diffusé par le site Sawt al-Djihad et signé par l'organisation al-Qaïda dans la péninsule arabique.

«Cet acte de représailles vise à réconforter les coeurs des croyants en Palestine, en Afghanistan, en Irak et dans la péninsule arabique», poursuivent les auteurs du texte.

Les activistes parlent également de vengeance face aux mauvais traitements infligés à des musulmans dans les prisons d'Abou Ghraïb, en Irak, dans plusieurs prisons saoudiennes et sur la base américaine de Guantánamo, à Cuba.

Les photos de la décapitation ont été montrées sur plusieurs sites Internet, dont http://www.qal3ah.org/vb.

L'une d'elles montre la tête détachée du corps et placée sur le dos de la victime baignant dans le sang. Une autre montre la tête placée sur le dos de la victime avec un couteau sur le front.

Dans un communiqué qui lui est attribué, al-Qaïda souligne que l'otage américain «a eu un châtiment équitable [...] en goûtant à une partie de ce qu'il a fait endurer aux musulmans [bombardés] par les avions et les missiles américains, ces mêmes avions dont il était l'un des quatre Américains à superviser les programmes électroniques, dans le pays des Haramaïn» (l'Arabie).

Paul Johnson est le deuxième Américain à être décapité après Nicolas Berg. Ce dernier était un homme d'affaires qui cherchait des contrats en Irak. Il avait 26 ans et, malgré les injonctions répétées de l'armée américaine, il avait à plusieurs reprises refusé de quitter l'Irak. Après quelques jours de détention, ses ravisseurs ont minutieusement préparé la mise en scène de sa décapitation, le mois dernier. Ils ont filmé la terrible scène puis l'ont diffusée sur un site Internet.

Réactions

Le président George Bush a condamné cette exécution en déclarant: «Absolument rien ne peut justifier ce meurtre, ils l'ont commis de sang-froid.»

«L'Amérique ne se laissera pas intimider», a souligné le chef de la Maison-Blanche, qui s'adressait aux journalistes à Seattle.

Colin Powell a également condamné ce qu'il a qualifié d'«acte de barbarie».

Johnson était employé par la société américaine d'armement Lockheed Martin, qui fabrique les hélicoptères Apache.

Dans son communiqué, al-Qaïda affirme qu'il a été tué à cause «des souffrances infligées aux musulmans par les Apache américains et leurs missiles».

Le mouvement extrémiste prévient également que d'autres Américains risquent de subir le même sort s'ils se rendent en Arabie Saoudite.

L'enlèvement de Johnson avait été annoncé par al-Qaïda en même temps que la revendication du meurtre, samedi dernier à Riyad, d'un ressortissant américain, Kenneth Scroggs, qui travaillait pour l'armée américaine.

Mardi, al-Qaïda avait diffusé sur Internet des images de Johnson les yeux bandés et habillé en orange, comme les détenus de la base américaine de Guantánamo.

Les activistes avaient exigé des autorités saoudiennes la libération de tous leurs militants emprisonnés en Arabie dans les 72 heures, faute de quoi l'otage serait exécuté.

Les autorités saoudiennes ont dès le lendemain fait savoir qu'elles ne céderaient pas aux exigences des ravisseurs.

L'imam de la grande mosquée de La Mecque a condamné hier les récents assassinats et prises d'otages étrangers par al-Qaïda dans le royaume wahhabite.

Johnson est le troisième Américain tué en dix jours à Riyad et l'ambassade des États-Unis dans la capitale saoudienne, qui a parlé de «crime inhumain», a estimé que de nouvelles attaques étaient probables.

Le département d'État pourrait publier bientôt une nouvelle mise en garde aux ressortissants américains qui doivent se rendre dans le royaume.
 
 
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