Les homosexuels ne sont pas tristes
9 juin 2004
Actualités internationales
New York — La mort de Ronald Reagan n'a pas attristé la communauté homosexuelle américaine, qui garde rancoeur à l'ancien chef d'État américain pour son indifférence envers l'épidémie de sida ayant débuté dans les années 80, alors qu'il présidait aux destinées des États-Unis.
Alors que les hommages à la mémoire de l'ancien président, mort samedi à l'âge de 93 ans, se succèdent, la communauté homosexuelle marque ses distances. Pour eux, la présidence Reagan porte des traces de sang, celui de milliers de victimes de l'épidémie de sida.
«Ce n'est pas qu'il ait simplement ignoré la maladie [...]. Ce qui est incroyable, c'est que lui et son administration aient délibérément décidé de ne rien faire du tout», a expliqué Mark Milano, un spécialiste du traitement qui vit avec le virus du sida depuis 1981. Les premiers éléments portant sur l'épidémie de sida sont apparus au début de la présidence Reagan quand une forme rare de cancer a commencé à faire des ravages dans la communauté homosexuelle. Le terme «sida» est apparu en 1982. Mais ce n'est pas avant 1987 que Ronald Reagan a mentionné pour la première fois le sida, déplorent des activistes. Cette année-là, le nombre de cas s'élevait déjà à 60 000, dont 30 000 morts.
Pour certains, l'absence de fonds fédéraux pour combattre la maladie a contribué à sa propagation.
Selon un médecin à la Maison-Blanche, Ronald Reagan considérait, entre 1984 et 1985, le sida «comme la rougeole, qui part toute seule».
Lou Cannon, l'un de ses biographes, a écrit dans un ouvrage que sa réponse à l'épidémie avait été «hésitante et inefficace». C. Everett Koop, ancienne autorité médicale américaine (surgeon general) sous Reagan, a souligné en 2001 qu'il avait été privé, du fait des «politiques différentes conduites au sein de chaque ministère», de toute discussion sur le sida pendant les cinq premières années de l'administration Reagan. «Parce que la contamination du sida affecte essentiellement la communauté gay et les utilisateurs de seringues, les principaux conseillers du président ont pris le parti d'estimer que les malades n'avaient que ce qu'ils méritaient», a ajouté Koop.
De nombreux militants gays ne considèrent toutefois pas l'ancien président comme un homophobe et estiment que son action a été avant tout dictée par les fortes valeurs morales et conservatrices ayant dominé les années de sa présidence.
«La réponse du gouvernement est une conséquence de la mainmise de l'Église conservatrice évangéliste, qui considère les homosexuels comme des pécheurs et le sida comme un châtiment mérité de Dieu», souligne Matt Foreman, un activiste. «Je ne pense pas que Reagan haïssait les homosexuels, mais je sais que la politique de son administration sur la gestion de l'épidémie a causé et continue de causer le désespoir et la mort.»
«Je ne verse aucune larme après la mort de Ronald Reagan», écrit Philip Hitchcock, un artiste gay de Californie, dans une lettre publiée lundi par le Los Angeles Times. «Mes larmes vont aux centaines de milliers d'Américains contaminés par le VIH et que Reagan a ignorés.»
Alors que les hommages à la mémoire de l'ancien président, mort samedi à l'âge de 93 ans, se succèdent, la communauté homosexuelle marque ses distances. Pour eux, la présidence Reagan porte des traces de sang, celui de milliers de victimes de l'épidémie de sida.
«Ce n'est pas qu'il ait simplement ignoré la maladie [...]. Ce qui est incroyable, c'est que lui et son administration aient délibérément décidé de ne rien faire du tout», a expliqué Mark Milano, un spécialiste du traitement qui vit avec le virus du sida depuis 1981. Les premiers éléments portant sur l'épidémie de sida sont apparus au début de la présidence Reagan quand une forme rare de cancer a commencé à faire des ravages dans la communauté homosexuelle. Le terme «sida» est apparu en 1982. Mais ce n'est pas avant 1987 que Ronald Reagan a mentionné pour la première fois le sida, déplorent des activistes. Cette année-là, le nombre de cas s'élevait déjà à 60 000, dont 30 000 morts.
Pour certains, l'absence de fonds fédéraux pour combattre la maladie a contribué à sa propagation.
Selon un médecin à la Maison-Blanche, Ronald Reagan considérait, entre 1984 et 1985, le sida «comme la rougeole, qui part toute seule».
Lou Cannon, l'un de ses biographes, a écrit dans un ouvrage que sa réponse à l'épidémie avait été «hésitante et inefficace». C. Everett Koop, ancienne autorité médicale américaine (surgeon general) sous Reagan, a souligné en 2001 qu'il avait été privé, du fait des «politiques différentes conduites au sein de chaque ministère», de toute discussion sur le sida pendant les cinq premières années de l'administration Reagan. «Parce que la contamination du sida affecte essentiellement la communauté gay et les utilisateurs de seringues, les principaux conseillers du président ont pris le parti d'estimer que les malades n'avaient que ce qu'ils méritaient», a ajouté Koop.
De nombreux militants gays ne considèrent toutefois pas l'ancien président comme un homophobe et estiment que son action a été avant tout dictée par les fortes valeurs morales et conservatrices ayant dominé les années de sa présidence.
«La réponse du gouvernement est une conséquence de la mainmise de l'Église conservatrice évangéliste, qui considère les homosexuels comme des pécheurs et le sida comme un châtiment mérité de Dieu», souligne Matt Foreman, un activiste. «Je ne pense pas que Reagan haïssait les homosexuels, mais je sais que la politique de son administration sur la gestion de l'épidémie a causé et continue de causer le désespoir et la mort.»
«Je ne verse aucune larme après la mort de Ronald Reagan», écrit Philip Hitchcock, un artiste gay de Californie, dans une lettre publiée lundi par le Los Angeles Times. «Mes larmes vont aux centaines de milliers d'Américains contaminés par le VIH et que Reagan a ignorés.»
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