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Décès de Ronald Reagan - Les adieux seront grandioses

La campagne présidentielle est mise entre parenthèses

Nancy Reagan, 82 ans, hier.
Photo : Agence Reuters
Nancy Reagan, 82 ans, hier.
Simi Valley (États-Unis) — Les États-Unis préparent des adieux grandioses à leur ancien président Ronald Reagan qui ont débuté hier en Californie et culmineront vendredi avec des obsèques nationales à Washington.

Après un week-end d'hommages, les Californiens ont été les premiers à saluer la dépouille de l'ancien président décédé samedi à l'âge de 93 ans à Los Angeles.

Son cercueil a quitté la chambre mortuaire en milieu de matinée pour être transféré au musée de sa présidence à Simi Valley, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Los Angeles, où le public pourra rendre hommage à l'acteur qui se lança en politique en devenant gouverneur de Californie.

Son épouse, Nancy, 82 ans, habillée de noir et portant un collier de perles, est apparue en public pour la première fois, entourée de sa fille Patti et de son fils Ron à la chambre mortuaire.

D'un geste de la main ou un drapeau américain à la main, de nombreux Californiens ont salué le passage du corbillard, une longue Cadillac noire, suivi en direct par les télévisions. Les abords de la bibliothèque Reagan, située sur une colline, étaient étroitement surveillés par les forces de l'ordre.

Jusqu'à ce soir, 2000 personnes par heure pourront se recueillir devant le cercueil fermé. L'une des premières sera Arnold Schwarzenegger qui, comme Ronald Reagan, est devenu gouverneur de Californie après une carrière d'acteur. Cette semaine de deuil va mettre entre parenthèses la campagne pour l'élection présidentielle du 2 novembre. Par respect pour l'ancien président, le candidat démocrate John Kerry a décidé de suspendre ses déplacements électoraux jusqu'à samedi. Dans tout le pays, les drapeaux étoilés ont été mis en berne sur ordre du président Bush, qui a également décrété une journée de deuil national vendredi, entraînant notamment la fermeture des écoles et de la bourse. Les obsèques de Ronald Reagan revêtent un caractère exceptionnel puisqu'elles seront les premières funérailles d'État depuis trois décennies, les dernières ayant été celles de l'ancien président Lyndon Johnson en 1973.

Leur solennité devraient rappeler celles de John F. Kennedy, assassiné en 1963. Les cérémonies suivront en effet le même ordonnancement, à la fois grave et simple, inauguré avec les funérailles d'Abraham Lincoln, en 1865. Elles seront notamment marquées demain par la longue procession qui, progressant au rythme d'un tambour solitaire, mènera la dépouille du président Reagan de la base aérienne d'Andrew, en bordure de Washington, jusqu'au Capitole, siège du Congrès.

Le public sera alors invité, pendant une trentaine d'heures, à rendre hommage à l'ancien président sous la rotonde du Capitole, avant les funérailles dans l'immense cathédrale de Washington, où M. Bush devrait être entouré de nombreux chefs d'État et de gouvernement étrangers.

Sera également présent Mikhaïl Gorbatchev qui, dans les années 80, avait été, en tant que dirigeant de l'URSS, l'interlocuteur de Ronald Reagan à l'époque de la perestroïka et de la fin de la guerre froide.

Ronald Reagan sera ensuite inhumé, vendredi soir, dans l'intimité sur les terres de la bibliothèque présidentielle, une dernière cérémonie réservée aux invités de la famille.

Les médias ont continué hier à consacrer une énorme place à celui qui présida le pays entre 1981 et 1989. Les hebdomadaires Time et Newsweek ont ainsi sorti un «numéro souvenir» avec la même photo à la une, celle d'un Reagan souriant coiffé d'un chapeau de cow-boy. Newsweek voit dans sa vie très remplie, entamée auprès d'un père alcoolique, «une odyssée américaine» et n'hésite pas à le considérer comme «l'un de nos plus grands présidents». Il a fait «rêver les Américains» et leur a permis de «croire de nouveau en eux-mêmes», a renchéri Time.
 
 
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