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Ronald Reagan 1911-2004 - L'Amérique est nostalgique de l'ère Reagan

Ronald Reagan 1911-2004
Photo : Agence Reuters
Ronald Reagan 1911-2004
Washington — L'Amérique porte le deuil de Ronald Reagan, rendant un hommage nostalgique à un président qui lui avait redonné confiance alors qu'aujourd'hui le pays, divisé sur la guerre en Irak, se sent vulnérable devant la menace terroriste.

Des funérailles nationales seront organisées dans la cathédrale de Washington vendredi, qui sera déclaré journée de deuil national, a indiqué la famille hier.

L'ancien président sera ensuite inhumé le soir même en Californie, au cours d'une brève cérémonie privée dans sa bibliothèque présidentielle.

Les hommages, venus de tous les bords politiques, continuaient de pleuvoir hier au lendemain de la mort à 93 ans de l'ancien président, soulignant le lien affectif entre le «grand communicateur» et le peuple américain.

Les chaînes de télévision américaines ont bousculé leur programme dominical pour retracer la vie de l'ancien acteur d'Hollywood, devenu 40e président des États-Unis en 1981. Elles ont relégué au second plan les cérémonies du 60e anniversaire du débarquement allié en Normandie, auxquelles participe le président George W. Bush au côté de nombreux autres dirigeants.

L'optimisme de Ronald Reagan, qui avait promis de redonner confiance à l'Amérique après les années de doute sous l'administration de Jimmy Carter, revient comme un leitmotiv dans les hommages qui lui sont rendus par ses partisans ou adversaires politiques.

«C'était un éternel optimiste. Le verre était toujours à moitié plein, pas à moitié vide», a écrit sa veuve Nancy Reagan, dans un texte publié hier par le magazine Time. «Il n'a jamais oublié de prier en silence au moment du décollage et de l'atterrissage» quand il voyageait en avion, a-t-elle ajouté.

«Pendant les années de Ronald Reagan, l'Amérique a mis derrière elle une ère de division et de doute», avait déclaré samedi le président Bush. Hier, il a salué aux cérémonies du jour J «le soldat de la cause de la liberté».

«Il a personnifié l'optimisme indestructible du peuple américain», a dit pour sa part l'ancien président démocrate Bill Clinton.

Quelle que soit l'ampleur des divergences politiques, John Kerry, le candidat démocrate à l'élection présidentielle de novembre, a lui aussi mis l'accent sur «l'amour contagieux pour son pays» qu'avait Ronald Reagan. Les éloges empreints de nostalgie, tant aux États-Unis qu'à l'étranger, mettent en sourdine les conflits politiques qui ont marqué les deux mandats de quatre ans de sa présidence.

L'arrivée au pouvoir d'un acteur hollywoodien, qui avait été seulement gouverneur de Californie, avait alimenté les doutes voire les moqueries dans le monde et sa fermeté envers l'Union soviétique pendant la crise des euromissiles avait déclenché un vaste mouvement pacifiste en Europe.

Si les Américains se sentaient proches de Reagan grâce à ses manières simples et son humour jovial, un de ses plus coriaces adversaires politiques de l'époque, Thomas O'Neill, ex-président démocrate de la Chambre des représentants, avait osé dire que «c'était un péché que Ronald Reagan soit jamais devenu président». «Il a été notre pire président, mais il aurait fait un roi fantastique», avait ajouté le parlementaire, décédé depuis longtemps.

La disparition de Ronald Reagan intervient dans une période d'incertitude pour l'Amérique, traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001 (près de 3000 morts) et confrontée à une intervention militaire en Irak de plus en plus impopulaire aux États-Unis.

Selon des sondages récents, 65 % des Américains pensent que leur pays n'est pas «sur le bon chemin». Le même pourcentage estime que les États-Unis sont enlisés en Irak. Désormais une majorité d'Américains (50 % contre 46 %) estiment que l'invasion de l'Irak était une erreur.

L'hommage à Ronald Reagan devrait se prolonger toute la semaine, offrant aux Américains une occasion de se serrer les coudes autour d'un homme dont les convictions fortes ne laissaient pas de place au doute.
 
 
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