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Un chiite laïque est désigné comme futur premier ministre d'Irak

Le Conseil intérimaire de gouvernement porte son choix sur Iyad Allaoui, un parent d'Ahmad Chalabi qui passe pour être proche de la CIA

Iyad Allaoui.
Photo : Agence Reuters
Iyad Allaoui.
Bagdad — Le Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) irakien a coopté hier en son sein le futur premier ministre de l'Irak en la personne d'Iyad Allaoui, un chiite laïque fortuné qui passe pour être lié à la CIA ainsi qu'au Koweït et à l'Arabie Saoudite.

Selon un de ses collaborateurs, Hani Adris, Allaoui a été désigné unanimement par les membres du CIG pour diriger le gouvernement après l'échéance du 30 juin, ce que d'autres membres du Conseil ont ensuite confirmé. C'est à cette date que l'Irak est censé recouvrer sa souveraineté.

Adris a précisé que l'Autorité provisoire de la coalition avait approuvé ce choix, ainsi que le représentant spécial de l'ONU, Lakhdar Brahimi. Mahmoud Osman, membre kurde du CIG, a confirmé à Reuters que le gouverneur américain Paul Bremer et Brahimi s'étaient réjouis du choix d'Allaoui.

Dans un premier temps, on indiquait de source autorisée américaine à Washington qu'il était encore prématuré de faire état d'un consensus autour du nom d'Allaoui. Puis, le secrétaire d'État Colin Powell a précisé qu'il attendait que Brahimi se prononce.

Exilé en 1990

Le diplomate algérien a confirmé peu après par le truchement de son porte-parole au siège des Nations unies, Ahmed Faouzi, qu'il se félicitait du choix d'Allaoui, un neurologue formé en Grande-Bretagne, ce qui devrait ouvrir la voie à l'approbation officielle américaine. Mais Faouzi a précisé que Brahimi n'avait pas été convié à participer à ce choix.

Plus tard en journée, les États-Unis ont confirmé le choix d'Iyad Allaoui.

«Il sera premier ministre lorsque le gouvernement intérimaire sera formé, dans les deux ou trois prochains jours», a déclaré aux journalistes un haut responsable de l'administration Bush à Bagdad. «Nous pensons qu'il fera un excellent premier ministre [...]. Je pense que cela va marcher», a ajouté ce responsable lors d'une téléconférence.

Allaoui, qui a appartenu au Baas au pouvoir du temps de Saddam Hussein avant de se retourner contre celui-ci et de prendre le chemin de l'exil en 1990, est un parent d'Ahmed Chalabi, qui fut longtemps l'homme des Américains pour diriger l'Irak de l'après-Saddam avant de rompre avec eux cette semaine.

Mais malgré leurs liens de parenté, Chalabi et Allaoui ne courent plus sous le même étendard. Iyad Allaoui est également familialement lié à Ali Allaoui, récemment nommé ministre de la Défense, mais il n'est pas assuré de conserver ce poste au-delà de l'échéance du 30 juin.

Allaoui a contribué à former en exil l'Accord national irakien, un parti d'opposition au régime baasiste qui regroupait d'anciens membres du parti panarabe et bénéficiait du soutien de la CIA et des services secrets britanniques.

Lakhdar Brahimi a passé les dernières semaines à tenter de réunir la future équipe dirigeante irakienne, qui doit comprendre, outre un premier ministre, un président, deux vice-présidents et 26 ministres, chargés de prendre la succession officielle de l'Autorité provisoire d'occupation.

On s'attendait généralement à ce que le futur premier ministre soit issu de la communauté chiite, qui représente 60 % de la population du pays. Le président devrait être choisi parmi la minorité sunnite, qui «tenait le pays» du temps de Saddam Hussein, tandis que les deux vice-présidents seraient chiite et kurde.
 
 
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