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Tireur du 14 juillet - Maxime Brunerie, un militant modèle de l'extrême-droite française

16 juillet 2002  Actualités internationales
Paris — Militant assidu de l'extrême droite radicale, Maxime Brunerie fréquentait le mouvement skinhead et était un supporteur du Paris-Saint-Germain, tendance hooligan. Malgré son jeune âge (25 ans), les policiers de la direction centrale des renseignements généraux (DCRG) lui connaissaient déjà un passé: dès 1997, il semble avoir participé à des manifestations du Parti nationaliste français et européen (PNFE).

Ce groupuscule néonazi entretenait alors des liens étroits avec les skinheads en participant, notamment, à la rédaction de Rebelle blanc, un fanzine relayant régulièrement l'écho des thèses négationnistes.

Le chef de file de ce courant, qui conteste la réalité de l'holocauste des juifs d'Europe par les nazis, Robert Faurisson, s'y exprimait régulièrement.

C'est surtout dans les mouvements de jeunesse proches du monde étudiant que Maxime Brunerie s'est signalé à l'attention des policiers. Membre du Groupe union défense (GUD), puis d'Unité radicale (UR), ce militant modèle y occupe des postes de responsabilité, tout en travaillant dans une société de gardiennage. Selon la DCRG, il aurait dernièrement eu la responsabilité des activités musicales — le suivi des groupes de «rock identitaire», dont les textes véhiculent les thèses de l'extrême droite radicale.

Unité radicale avait organisé le 1er mai 2002, en marge de la manifestation du Front national, un rassemblement à Paris devant la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides. Aux cris d'«Europe, jeunesse, révolution», les militants avaient dénoncé «la fracture ethnique», dont souffre, selon eux, la société française. Le dirigeant du groupe, Guillaume Luyt, s'était longuement exprimé devant les caméras de télévision françaises et étrangères pour expliquer les positions de son mouvement.

Rupture avec Le Pen

Ancien dirigeant du Front national de la jeunesse (FNJ) dans le Val-de-Marne, il avait succédé, il y a quelques mois, à Christian Bouchet à la tête d'Union radicale. Il avait justifié sa rupture avec le parti de Jean-Marie Le Pen et avait résumé à grands traits l'idéologie de son mouvement, «défenseur d'une identité européenne menacée par l'immigration et le capitalisme apatride». Mouvement hétéroclite se revendiquant du néonazisme, Unité radicale rassemble des militants venus de différents courants de l'extrême droite.

Anciens lepénistes ou mégretistes, mais aussi proches de mouvements comme Troisième voie, fondé par Jean-Gilles Malliarakis, ou Terre et peuple, créé par Pierre Vial, un ancien du FN, puis du MNR, ou encore de groupuscules de l'extrême droite bretonne. Comme il l'indique dans son site Internet, Union radicale s'était prononcé en faveur de M. Mégret lors de la scission du FN, en 1999.

«Nous ne concurrençons pas le Mouvement national, mais nous entendons le compléter en créant un espace d'expression pour ceux qui pourraient être insatisfaits par sa nécessaire modération», peut-on lire. Le groupuscule y affirme ne pas avoir voulu être «un parti de masse mais une avant-garde, un aiguillon», précisant: «Nous sommes une structure dure et organisée et cela compense notre nombre.»

Marqués par un antisémitisme permanent, dénonciateurs de la «finance cosmopolite» et promoteurs d'un antiaméricanisme virulent, ses membres ont approuvé les attentats du 11 septembre.

Ils organisent chaque année un rendez-vous annuel à Montségur (Ariège) pour célébrer le solstice d'été.

Le 21 juin, ils y arboraient encore des insignes incluant des croix gammées et rendaient hommage à la division SS Charlemagne.
 
 
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